En prélude au Ruling de la Permanent Court of Arbitration sous la United Nations Convention n the Law of the Sea (UNCLOS) dans le litige au sujet de la Marine Protected Area, décrétée unilatéralement, Londres a essuyé un sérieux revers sur le plan scientifique avec une récente étude de la Wildlife Conservation Society, dont les conclusions ont été publiées récemment dans une édition de Science Daily. Les données de cette étude remettent en cause la pertinence des Marine Protected Areas dans la protection et la conservation de la faune et de la flore marines. Ces derniers détails viennent soutenir la thèse défendue par Maurice devant cette instance des Nations unies à l’effet que ce projet de Marine Protected Area autour de l’archipel des Chagos, en excluant la base nucléaire et militaire des Américains, n’est qu’un « eye-wash » et un subterfuge pour bloquer tout retour des Chagossiens dans leurs îles natales.
Faisant état des conclusions de la Wildlife Conservation Society sous le titre de Marine Protected Areas inadequate for protecting fish and ocean ecology, la publication Science Daily soutient que « This study uncovers a significant problem. The world’s most ecologically valuable fish communities are currently vulnerable and are being missed by the world’s current network of marine protected areas ». Commentant les conclusions de cette étude, qui comprend une banque de données de quelque 169 endroits à travers le monde, avec accent sur des espèces dans une profondeur de l’océan d’un maximum de 50 mètres, Tim McClanahan, WCS Senior Conservation, tire la sonnette d’alarme par rapport aux Marine Protected Areas.
« If you lose species with key functions, then you undermine the ability of the ocean to provide food and ecological services, which is a wake up call to protect these vulnerable species and locations », fait-il comprendre en ajoutant que « what the study found that any areas with threatened but functionally important fish were found outside of existing Marine Protected Areas ».
Dans les milieux autorisés à l’hôtel du gouvernement, les conclusions de cette étude de la Conservation Wildlife Society sont étudiées car dans le cadre des arguments développés devant la Permanent Court of Arbitration, Maurice a mis l’accent sur les lacunes majeures dans le projet de Marine Protected Area aux Chagos décidé par les Anglais. « The United Kingdom’s conduct is not entirely consistent with the purpose of protecting the environment », peut-on lire au paragraphe 7.92 à la page 152 du Mauritius Memorial soumis au panel d’arbitres internationaux.
Plus loin à la page 187 du même document légal explicitant la contestation de Maurice par à la démarche des Britanniques aux Chagos, mention est faite que « not only was the Marine Protected Area contrary to long standing legal advice and common acceptance of Mauritian rights, but it is now plain that there is no scientific or environmental justification to support the creation of the MPA as announced ».
La partie mauricienne s’appuie sur des findings du Marine Research Advisory Group (MRAG) Ltd, les consultants de la Grande-Bretagne en matière de gestion des stocks de poissons dans l’archipel. L’une des principales conclusions de ces experts britanniques est « the MPA would be likely to be of limited applicability to highly migratory species such as tuna, which in the Indian Ocean follow annual migration around the ocean and are in abundance in the BIOT FCMZ in period November to February ».
Dans cette même perspective, le Marine Research Advisory Group (MRAG) Ltd met en garde à l’effet que la Marine Protected Area aux Chagos pourrait générer des conséquences contraires aux résultats de conservation escomptés. « The MPA could increase illegal fishing, stating that the closure of the BIOT FCMZ is likely to lead to an increased risk of illegal, unregulated and unreported fishing activity, and therefore the cost of controlling this area are likely to be significantly greated than at present ». Cet argument est avancé par Maurice pour soutenir que « the UK’s suggestion that the MPA is based on a scientific evaluation simply cannot be reconciled with the views of the UK’s own fisheries advisers ».
Auparavant, Maurice n’a pas manqué de souligner que plus de deux ans après avoir signifié son intention de décréter la Marine Protected Area aux Chagos, la Grande-Bretagne n’a pas encore promulgué les règlements corollaires pour assurer la bonne gestion écologique réaffirmant que les intérêts britanniques sont autres que la protection de l’environnement. « However, at the time of the submission of this Memorial – more than two years after the proclamation of the MPA – Mauritius is not aware of any such legislation and regulations having been enacted. The lack of implementing regulations for the MPA stands in marked contrast to other MPAs of comparable scale and purpose », soutient Maurice.
Le Mauritius Memorial devant la Permanent Court of Arbitration fait également état de l’exclusion de Diego Garcia de la Marine Protected Area. « There is a substantial area carved out from the MPA. The MPA is itself subject to an MPA exclusion zone covering Diego Garcia and its territorial waters. In this large exclusion area, pelagic and demersal recreational fisheries are permitted, including the catching of tuna and tuna-like species ».
Avec l’énumération de ces manquements, Maurice réitère la thèse que « these facts raise doubts as to the effectiveness of the MPA with regard to its purported objectives, and therefore as to the objectives themselves » et rejoignant du même coup les conclusions de la Wildlife Conservation Society alors que le Ruling de la Permanent Court of Arbitration a mis ses décisions en délibéré.