La rencontre entre le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et son homologue britannique, David Cameron, qui a duré une trentaine de minutes, vendredi au 10, Downing Street, a été l’occasion pour Maurice de proposer une formule de consultations officielles au niveau ministériel sur le dossier de l’archipel des Chagos. C’est ce qu’a appris vendredi après-midi Week-End auprès des sources concordantes à Londres en attendant confirmation des détails avec la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Paul Bérenger, annoncée pour mardi prochain à l’assemblée nationale. Jusqu’ici, la partie britannique ne se montre nullement bavarde sur cet aspect de la rencontre privilégiant la signature du Memorandum of Understanding sur le transfert des pirates somaliens à Maurice.
Au sein de la délégation mauricienne à Londres, le sentiment qui prévaut après la réunion au 10, Downing Street, est que Maurice a signifié son intention d’être partie prenante des consultations à partir de 2014 au sujet du renouvellement du bail sur l’archipel des Chagos, y compris la base nucléaire des Américains pour la défense des intérêts occidentaux. Cette position rejoint la déclaration du Premier ministre au quotidien britannique The Guardian dans son édition d’hier.
Lors des échanges au chapitre des Chagos, la proposition de Maurice s’articule autour de la mise en place d’un processus de consultations bilatérales concertées au niveau ministériel au lieu de la formule Ad Hoc, comme en marge des sommets du chef de gouvernement du Commonwealth ou autres réunions internationales, pour aborder la question de la souveraineté de Maurice.
Avec l’échéance de 2016 pour le renouvellement du bail des Chagos et les discussions qui doivent être entamées à partir de 2014, Maurice veut être partie prenante de ces consultations jusqu’ici réservées exclusivement aux Américains et aux Britanniques. Maurice a pris le soin de souligner qu’il n’y a aucune objection formelle à la présence militaire des Américains sur la base de Diego-Garcie.
Pour preuve, les différents gouvernements successifs ont reconnu que cette présence américaine sur Diego-Garcia est une garantie pour la sécurité dans la région, a-t-il été expliqué au Premier ministre britannique. Néanmoins, la partie mauricienne a souligné que les consultations doivent se dérouler au niveau ministériel et non des officiels, comme il a été le cas jusqu’ici avec presque aucun progrès constaté dans les discussions.
Dans ses premiers commentaires au Guardian, Navin Ramgoolam a soutenu qu’en prévision des consultations anglo-américaines intervenant d’ici à décembre 2014 sur le renouvellement du bail des Chagos, « Mauritius wants to be an equal partner in talks between the United States and the United Kingdom. The objective of 2014 is to reassert sovereignty ». Il a qualifié la rencontre avec David Cameron de « very cordial », en réitérant qu’il n’y a aucune objection contre la base militaire de Diego-Garcia.
Dans cette perspective, le Premier ministre a annoncé son intention de se rendre à Washington prochainement en vue de rassurer les Américains quant aux véritables intentions de Maurice avec la base de Diego-Garcia et la souveraineté de Maurice sur les Chagos. Très peu d’indications officielles ont transpiré quant à l’accueil réservé par les Britanniques aux propositions mauriciennes sur les Chagos.
Officiellement, les Britanniques se refusent de faire des commentaires sur le dossier des Chagos lors de la rencontre Ramgoolam-Cameron. Le site web du Foreign and Commonwealth Office comporte un item traitant de la signature du MoU sur le transfert à Maurice des pirates somaliens appréhendés par les forces militaires britanniques dans cette partie de l’océan Indien.
Dans une déclaration rapportée sur le site, David Cameron se félicite de la signataire de l’accord sur les pirates somaliens. « I was delighted to meet with Prime Minister Ramgoolam this morning to sign an agreement which will allow the Royal Navy to transfer suspected pirates to Mauritius for prosecution », déclare-t-il en ajoutant que « this is an important step forward following the London and Istanbul Conferences on Somalia this year and another sign that countries in the Indian Ocean region are stepping up their efforts against piracy. Piracy is a violent crime and pirates should be in no doubt that they will be arrested at sea, prosecuted in regional states and imprisoned. »
Toujours au sujet de cette rencontre, le Foreign and Commonwealth Office note que « the Prime Minister (David Cameron) joined a meeting between Foreign and Commonwealth Minister Henry Bellingham and Mauritian Prime Minister, Dr Navin Ramgoolam in Downing Street to sign an agreement which will allow the Royal Navy to transfer suspected pirates to Mauritius for prosecution. »
Au cours de la semaine, Navin Ramgoolam a participé en compagnie d’autres chefs de gouvernements du Commonweakth aux manifestations organisées pour marquer le Diamond Jubilee de la reine Elizabeth II à Londres.