Le professeur Paul Racey et Anthony Michael Hutson de l’International Union of Conservation of Nature (IUCN), tous deux experts au contrôle des chauves-souris, seront à Maurice ce mois-ci pour évaluer la population de l’espèce locale, le Pteropus Niger. Endémique des Mascareignes et figurant sur la liste rouge de l’IUCN, elle est devenue une nuisance pour la production des fruits de saison, les pertes se situant entre 40 % et 100 % dans certaines régions de l’île.
Si dans les années 80, la population de la chauve-souris frugivore mauricienne était estimée à 10 000, durant les deux dernières décennies, ce nombre a crû, pour atteindre 56 000 en 2010, selon les National Parks and Conservation Services (NPCS). Vu la nuisance pour la production des fruits de saison à la fin de 2011, le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire a demandé à l’International Union of Conservation of Nature (IUCN) de revoir sa classification. C’est dans ce contexte que les deux experts, le professeur Paul Racey et Anthony Michael Hutson, seront dépêchés à Maurice au courant de ce mois. Lors de leur visite, après une évaluation visuelle de la population, ils feront des recommandations par rapport à la révision demandée par le gouvernement mauricien.
Le ministère de tutelle annonce aussi l’amendement de la Wildlife and National Parks Act en vue de permettre « l’abattage de toute espèce de la faune sur une période déterminée au cas où elle atteint le niveau ravageur ». Dans ce cadre, un comité technique composé de scientifiques de haut niveau se penchera sur le dossier et fera ses recommandations.
Autre mesure proposée par le ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire : la stérilisation des chauves-souris femelles par la Division des Services Vétérinaires sur une base pilote. Le ministère affirme que jusqu’ici, elle a été couronnée de succès et que « d’autres essais seront entrepris ».
Le ministère annonce aussi une étude en vue de déterminer « si les chauves-souris à l’île Maurice sont exemptes de maladies ». Intitulée Research on the phylogeography of Pteropus Niger and their potential role as a disease reservoir, le projet sera mené conjointement par le NPCS, le Field Museum of Natural History à Chicago (États-Unis), l’Association Vahatra (Madagascar) et le Centre de Recherches et de Veille sur les maladies émergentes dans l’océan Indien (La Réunion). Le ministre ajoute que des tests ADN seront effectués à l’Université de Duke au Royaume-Uni et les études épidémiologiques au Centre de Recherche et de Veille sur les maladies émergentes dans l’océan Indien.
Selon le ministère de l’Agriculture, les dommages causés aux letchis sont d’environ 50 % et ont atteint les 100 % dans certaines régions. Une perte d’environ 40 % de la production de mangues aurait été enregistrée en 2011.
Pour soutenir les producteurs et tenter de prévenir de plus amples dégâts, le ministère a prolongé son programme de subventions à l’achat de moustiquaires pour la protection de fruits en décembre. Le plan faisait provision pour le remboursement à hauteur de 75 % du prix du filet protecteur. Le ministère note que 179 demandes ont été reçues par l’Agricultural Research Extension Unit pour un remboursement d’environ Rs 1,92 M. Ce département du ministère organise aussi des campagnes de sensibilisation sur la taille des arbres fruitiers pour faciliter l’installation des filets protecteurs contre les oiseaux et autres espèces nuisibles.