« Le miroir de la décadence », écrivions-nous à pareille époque au dépôt des bilans l’année dernière. Depuis, qu’est-ce qui a changé dans le monde sportif local ? Pas besoin de grande réflexion pour trouver une réponse. Car, à l’image d’une République de Maurice profondément empêtrée dans ses maux politico-sociaux, notre sport, durant toute l’année 2017, a gravité autour d’une société sinon en manque de repères, du moins à court d’inspirations.

L’orientation brouillonne de la politique sportive a apporté davantage de fractures à cette communauté, marquée par la facilité et l’absence de leaders depuis l’avènement Buckland-Milazar-Julie. Avec un Stephan Toussaint — 11e ministre des Sports de l’histoire du pays — visiblement encore à la recherche d’un équilibre dans un circuit qui demande de la maîtrise, avec un Comité olympique mauricien, organisme appelé à gérer le sport dans le pays (comme le font ses pairs dans le monde entier), réduit trop souvent à sa simple expression, l’égarement de la majorité des sportifs s’est prolongé dans un monde exigeant qui sanctionne toute forme de relâchement.

L’inertie contagieuse, devenue une habitude, de la plupart des fédérations sportives, l’échec pour la énième fois de la relance du football, où on a brûlé les étapes en voulant passer obstinément à une professionnalisation sans planification, et l’étiolement de la politique de formation des jeunes ont noirci un peu plus un tableau sportif déjà appauvri de performances.

À 586 jours des 10es Jeux des îles de l’océan Indien, que Maurice aura l’insigne honneur d’abriter pour la troisième fois (après 1985 et 2003), force est de constater que la chasse aux médailles sera (encore) difficile sur nos terres. Peu importe la couleur du métal. Face à cette adversité légendaire que caractérise ce rendez-vous indiaocéanique, qui fêtera en 2019 ses 40 années d’existence, il n’y aura pas de place à la demi-mesure durant ces neuf jours d’hostilités (du 19 au 28 juillet 2019).

En attendant, place aujourd’hui à ces quelques (rares) coups d’éclat 2017 que nous tenons à mettre en lumière. Place à nos traditionnels sportifs de l’année. Au déballage, Budapest a pesé dans la balance avec une deuxième médaille d’or mondiale (après 2013) que Fabrice Bauluck est allé chercher à la veille de ses 30 ans. Pour la sportive de l’année, il n’y a pas photo. La cycliste Aurélie Halbwachs, 28 ans, a tout écrasé avec un règne sans partage dans sa discipline cette saison. Les deux meilleurs espoirs 2017, Christopher Lagane et Ketty Lent, portent eux la nouvelle vague du cyclisme et de l’haltérophilie pour un nouvel horizon mauricien.