Paul Bérenger, leader historique du MMM, trouve que la responsabilité du Premier ministre, Navin Ramgoolam, est engagée dans ce qu’il trouve être la « choquante persécution » dont serait victime la psychologue Pascale Bodet dans l’affaire alléguée de relations sexuelles avec mineure au Mauritius Institute for Training and Development (MITD). Il trouve qu’avec cette affaire, l’accident de la route ayant impliqué le week-end dernier l’Attorney General a tout autant « indigné » la population. Il doute que, dans ce cas encore, le Premier ministre, « qui ne contrôle plus rien », ait le « courage » de demander à Yatin Varma de partir.
Paul Bérenger trouve que dès que les allégations de relations sexuelles avec mineure ont surgi au MITD, toute l’affaire aurait dû avoir été rapportée à la police. Il explique que le ministre de tutelle, Vasant Bunwaree, a plutôt choisi d’être « infecte » dans ses réponses à sa Private Notice Question (PNQ) à l’Assemblée nationale. Le leader historique du MMM juge « choquante » ce qu’il trouve être la « persécution » dont est victime, selon lui, la psychologue professionnelle Pascale Boudet qui, dans le cadre de ses fonctions, a été à l’écoute de la jeune étudiante concernée puis a déposé devant le Fact Finding Committee (FFC) institué pour faire toute la lumière sur cette affaire.
« Le but derrière est de terroriser les professionnels. La responsabilité de Navin Ramgoolam en sa qualité de ministre responsable de la police est engagée dans cette affaire », trouve-t-il. Pour ce qui est des FFC et autres commissions d’enquête, en général, Paul Bérenger rappelle que le MMM a toujours été contre la nomination de juges et autres magistrats en fonction comme présidents de tels comités d’enquête afin d’éviter, dit-il, que ces juges et magistrats en fonction ne se retrouvent mêlés à des polémiques. Soulignant le fait qu’à ce jour seul le ministre de tutelle a consulté le rapport de la magistrate enquêtrice, il demande que ledit rapport d’enquête soit rendu public.
Le leader historique du MMM ajoute à cette affaire de relations sexuelles alléguées avec mineure l’autre affaire qui vient tout juste de surgir et qui, selon lui, a tout autant « indigné » la population, à savoir l’accident de la route dans lequel l’Attorney General, Yatin Varma, a été impliqué le week-end dernier. Alors que, dit-il, ce dernier, « qui n’est même pas un élu » a, « un devoir de réserve », Paul Bérenger trouve que l’Attorney General a eu, depuis sa nomination, un comportement de « politicien de bas étage ».
« Après avoir à l’époque manqué du respect à un président de la République en fonction, voilà qu’après le tollé soulevé à la suite de son accident sa première réaction a été d’accuser l’opposition d’être derrière tout cela ! » s’insurge Paul Bérenger. Il explique que, maintenant que les parents du jeune homme qui accuse l’Attorney General de l’avoir agressé ont écrit au Premier ministre pour se plaindre que des pressions seraient exercées sur des témoins, il dit attendre voir ce que fera Navin Ramgoolam.
Accident de Varma : « Boxer’s Fracture… »
Alors que, assure-t-il, comme dans l’affaire MITD, celle de l’accident de l’Attorney General fait que la population est « révoltée », Paul Bérenger doute que le chef du gouvernement ait le « courage » de demander à Yatin Varma de partir. Il allègue aussi, avec une pointe d’ironie, que, selon ses informations, la blessure pour laquelle Yatin Varma a reçu des soins à l’hôpital Victoria après son accident serait une … « Boxer’s Fracture », terme qui, assure-t-il, désigne dans le jargon médical une fracture du pouce.
Pour sa part, le leader de l’opposition, Alan Ganoo, explique que c’est de son propre chef en tant que « professionnelle qui se respecte » que la psychologue, Pascale Bodet a tenu à déposer devant le FFC, une instance qui, selon la loi, n’a aucun pouvoir de contraindre quiconque à témoigner. « Voilà que, s’insurge le leader de l’opposition, la police la convoque pour un statement under warning, elle est arrêtée sous deux chefs d’accusation et qu’elle passe toute une journée en détention comme une vulgaire criminelle ! »
Pour Alan Ganoo, tout cela est « sans précédent, extrêmement grave, perturbant pour la population et traumatisant pour la psychologue ». D’autant que, dit-il, cette professionnelle est issue d’une famille de fonctionnaires « très respectés ». Le leader de l’opposition trouve que tout cela est « inacceptable » pour tous les professionnels qui font leur travail « honnêtement ». Il juge que, là encore, le gouvernement fait montre de ses pulsions « antidémocratiques ». Pour le leader de l’opposition, ce cas de « victimisation arbitraire » ne peut que « décourager » l’ensemble des professionnels à dénoncer les abus et autres entorses.
Alan Ganoo situe le cas de Mme Bodet dans la lignée d’une « série noire » de brimades ayant, dit-il, successivement frappé le chef inspecteur de police Hector Tuyau, le syndicaliste du MITD Hemant Madhow et l’instructrice licenciée de cet institut Sudha Singh. Rappelant aussi les précédentes « malveillances » à l’encontre des journalistes et autres syndicalistes en général. Tout cela fait que le leader de l’opposition appelle l’ensemble de l’opinion publique à être solidaire des « victimes » du MITD et à dénoncer le « dominère » de Vasant Bunwaree.
« Bachoo directement responsable »
Revenant par ailleurs au terrible accident de la route du vendredi 3 mai dernier sur l’autoroute à Sorèze, Alan Ganoo estime que les Mauriciens, en général, ont depuis réalisé l’état de délabrement des choses à la Corporation nationale de transport (CNT), « corps parapublic le plus mal géré », selon lui. Il rend pour cela le ministre de tutelle, Anil Bachoo, directement responsable d’une telle « incompétence et mauvaise gestion ». « La CNT mérite un grand coup de balai », estime le leader de l’opposition, qui rappelle que, depuis 2000, des autobus de cette compagnie de transport à capitaux publics ont été impliqués dans 7 909 accidents dont 45 qui ont connu des suites fatales.
Réitérant la mise en garde de son parti contre toute tentative d’entraver l’enquête en cours, Alan Ganoo insiste pour que les enquêteurs de la police aient accès à l’ensemble des pièces à conviction à la CNT. Il demande parallèlement que le rapport des deux experts indiens ayant enquêté sur les raisons ayant conduit à cet accident soit rendu public maintenant qu’ils sont déjà partis. « Les proches des victimes sont dans l’attente de connaître la vérité », dit-il à ce propos. Demande aussi pour que tous les autobus de la marque Ashok Leyland de la CNT achetés en 2007 comme celui accidenté soient retirés de la route. Le leader de l’opposition demande de même que l’autoroute soit dotée, comme à l’étranger, de zones tampon, au moins à des endroits réputés dangereux, comme au point d’impact de l’accident du vendredi 3.
Alan Ganoo exprime d’autre part la solidarité du MMM avec les syndicats de la fonction publique dans leur demande pour que le rapport du commissaire salarial Dev Manraj soit publié et appliqué. Il avance que, comme prévu, le rapport a été soumis au gouvernement depuis la fin de mars mais que le ministère des Finances serait intervenu en vue de « corriger » les recommandations faites. Il avance de même que, selon ses informations, le gouvernement se proposerait ultimement d’appliquer les recommandations à compter du 1er juillet plutôt qu’à partir du 1er janvier. « Au MMM, déclare Alan Ganoo, nous sommes pour la publication du rapport sans qu’il ne soit trituré et pour que ses recommandations répondent à l’attente des fonctionnaires, particulièrement, ceux au bas de l’échelle comme les General Workers ou les Clerical Officers ».