Elles sont une petite vingtaine chaque semaine à faire le déplacement à Cité La Cure avec plein de rêves et d’idées créatives dans la tête. Si ces femmes venues de toute la région ont toutes la passion du patchwork, leurs objectifs ne sont toutefois pas toujours les mêmes.
Les petits carrés de couleurs s’alignent, se juxtaposent, s’entremêlent. Individuellement, ils ne sont rien d’autre que de petits bouts de tissus sans importance. Mais une fois cousus, assemblés les uns aux autres, ils forment un “tout” cohérent, donnant enfin un sens à l’ensemble, se sublimant dans un ouvrage parfait. Une belle leçon de vie, finalement, que donne le patchwork.
Chaque semaine, depuis plusieurs années déjà, des femmes se réunissent dans un “centre atelier” de Cité La Cure, où sont dispensés différents cours pour adultes. “On y fait de la peinture, de la couture. On y apprend aussi à lire et à écrire”, explique Marie Jocelyne Etiennette. Cette sexagénaire de Beau Bassin y enseigne cette année le patchwork à 17 élèves. “Mo ti kapav gagn pli boukou fam me mo deside pa fer li. Sinon zot pa ase konsantre. E bizin swiv zot, li pa fasil”, poursuit-elle. Mais qu’est-ce qui l’a amenée à enseigner si loin de chez elle ? À en croire cette dernière, pas l’argent en tout cas, mais plutôt l’envie de perpétuer son art, tout en aidant “dimounn mizer”.
De leur côté, ses élèves ne tarissent pas d’éloges à son sujet. “Miss Jocelyne est bien gentille”, lance l’une d’elles. “Li ena boukou pasians”, rétorque aussitôt une autre. Une persévérance qui aura cependant payé, car si les membres de sa “classe” n’ont pas le même niveau, toutes présentent la même qualité : l’assiduité. Certaines femmes viennent de Cité La Cure, d’autres des régions avoisinantes, comme Ste-Croix ou Roche Bois. Quelques-unes viennent “tuer le temps”, d’autres y apprendre les techniques pour créer des objets du quotidien. Mais certaines avec une “petite idée” derrière la tête : créer leur propre business. “Ena fam inpe mizer. Mo anvi ed zot. Selma ena, zot pena masinn. Me zot motive. Sa ki inportan”, reprend Jocelyne, rappelant que le patchwork intéresse toutes les générations. “Ena tou laz. Sakenn ed so kamarad. Pli vie aprann bann zenn itiliz ti-zegwi.”