Le feuilleton des « clans familiaux » devient de plus en plus cocasse. Depuis que l’expression est entrée dans le vocabulaire politique, chaque semaine qui passe apporte son lot de dénonciations des étranges ramifications au sein de certaines familles politiques. Des correspondances à cet effet ont été expédiées à la Financial Services Commission, à la Competition Commission, à l’ICAC, la Délégation de l’Union Européenne à Maurice ainsi qu’au Country Representative de la Banque Mondiale.
Ce thème de « clan familial » a rebondi à la faveur du scandale du siècle qu’est MedPoint, soit l’achat d’une clinique privée par l’Etat pour la bagatelle de Rs 144 millions. Affaire qui fait toujours beaucoup de bruit, d’ailleurs.
Il a connu une nouvelle vague avec les nominations effectuées par le PMSD, Richard Duval, célèbre pour avoir demandé et obtenu du bureau du PM un traitement VIP à l’aéroport pour la passeuse de Subutex Cindy Legallant, à la tête de la State Property Development Company, Fifi Henry à la présidence du Tourism Welfare Fund, Penny Hack à la vice-présidence de la Gambling Authority, plus récemment, et qui n’est autre que l’époux de la présidente de l’aile féminine du PMSD, Nicole Hack.
Cette semaine, deux autres familles se disputent la palme.
Jim Seetaram, celui qui a déserté le MSM pour un poste de ministre dans le gouvernement de Navin Ramgoolam, était jusqu’à récemment un directeur de Seven Water Falls, compagnie promotrice du projet de téléférique.
Ce projet a connu une brusque accélération depuis que les Seetaram ont abandonné le Sun Trust pour le Square Guy Rozemont, permis express, pose de la première pierre par le Premier ministre lui-même et, last but not least, enveloppe généreuse de Rs 30 millions de la part de cette State Investment Corporation qui est en train de se débarrasser même des casinos, ces machines à sous que l’on croyait productrices à l’infini.
Le nom du directeur Jim Seetaram était encore sur le site web de Seven Waterfalls aux côtés de Sham Seetaram et de Rookmeenee Seetaram vendredi pendant qu’il participait au délibérations du cabinet en tant que « ministre des Affaires « .
Ce nom a, selon notre confrère du Journal du Samedi, été enlevé après qu’une réaction a été recherchée auprès du principal concerné. « C’est un oubli du web designer », a laissé entendre à notre confrère le frère du ministre Sham Seetaram qui a aussi tenu à préciser que son frère de ministre avait déjà abandonné son poste de directeur au moment où il a obtenu un maroquin.
C’est probablement aussi « un oubli du web designer » qui fait que jusqu’à hier, apparaissait sur le site de Jeetah Consulting, Nirmala Jeetah comme directrice de cette firme avec photo à l’appui. Cette entreprise familiale a pour principal directeur Vikram Jeetah, Quantity Surveyor. Or, Nirmala Jeetah est aussi la Director Planning and Policy du Board of Investment.
Ces deux casquettes sont-elles compatibles? Ne tendent-elles pas à une situation de conflit d’intérêts? C’est là toute la question. Mais le plus cocasse sur le site de Jeetah Consulting, c’est qu’il y a bien un cliché de l’université familiale à Ébène mais le plan met surtout en évidence la cybertour. « L’éléphant blanc » sur les terres « infâmes d’Illovo » se vend décidément très bien…