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Coco Le Bob est une entreprise locale, sise à Bambous et spécialisée dans le service de chauffeur privé. Si vous avez pris un verre de trop, ce dernier vous rejoint à l’endroit où vous vous trouvez pour vous déposer, dans votre voiture, chez vous en toute sécurité. La directrice de l’entreprise, Jessy Dowluttea, soutient que ce concept, très prisé à l’international, permet de « réduire le nombre d’accidents de la route », surtout après les soirées un peu trop arrosées.

Le concept de Coco Le Bob est assez nouveau à Maurice mais très tendance à l’étranger. Il permet à des propriétaires de véhicules de louer les services d’un chauffeur privé quand ils ne sont pas en mesure de conduire. « Ce concept est idéal pour toute la population. Vous possédez un véhicule mais vous êtes trop vieux pour conduire ? Vous êtes trop fatigué pour prendre le volant ? Vous avez abusé de l’alcool pendant une fête ? Coco Le Bob vous apporte la solution. Notre compagnie n’offre pas de véhicule mais seulement les services d’un chauffeur, qui vient vous rejoindre à l’endroit que vous souhaitez et à n’importe quelle heure, pour ensuite vous déposer à votre domicile en toute sécurité dans votre propre véhicule », explique Jessy.

Ancienne coiffeuse et esthéticienne convertie en femme entrepreneure, elle a eu l’idée de lancer le concept de Coco Le Bob, alors qu’elle était établie pendant six ans à Madagascar. Revenant sur son parcours, Jessy explique avoir étudié jusqu’à la Form V au collège N. Saddal, à Vacoas. Après avoir abandonné ses études, elle s’est mariée. Dans un premier temps, elle avait pris de l’emploi comme esthéticienne dans un salon de coiffure. « À l’époque, je rêvais de faire carrière dans le domaine de la coiffure et de l’esthétique. J’avais d’ailleurs suivi une formation dans le domaine. J’ai travaillé pendant un bon bout de temps dans ce salon de coiffure. Puis, j’ai décroché un emploi au Tamarina Golf Club, où j’ai travaillé pendant trois ans. Ensuite, je me suis dit qu’il était temps que je me lance à mon propre compte. J’ai donc ouvert mon propre salon de coiffure et d’esthétique à La Gaulette. Une nouvelle expérience qui n’a pas duré plus de cinq ans », relate Jessy.

En effet, cette femme entrepreneure se voit forcée de fermer son salon pour accompagner son époux à Madagascar. « Mon époux avait décroché un emploi à Madagascar et nous avons pris la décision de nous y établir. Nous y sommes restés pendant six années », dit-elle. Mais le couple avait toujours en tête le projet d’ouvrir leur propre entreprise. « Alors que nous étions en quête d’une idée pour lancer une entreprise, nous avons entendu parler de la campagne “zéro tolérance” lancée à Maurice l’année dernière. Le nombre accru d’accidents de la route nous a interpellés. Dans ce contexte, nous nous sommes dit pourquoi ne pas lancer un commerce pour promouvoir cette campagne, notamment pour réduire le nombre d’accidents sur nos routes. Le concept de louer les services d’un chauffeur est très commun et prisé à l’étranger mais il n’était pas disponible à Maurice », souligne Jessy.

« L’idée vient du concept Uber »

Alors que le couple Dowluttea était toujours à Madagascar, il avait pris toutes les dispositions pour monter leur entreprise à Maurice. « L’idée de notre entreprise a été conçue à Madagascar. Nous avons entamé toutes les démarches de là-bas. Évidemment, mon époux a dû faire plusieurs va-et-vient à Maurice pour réaliser le concept de Coco Le Bob. L’idée vient du concept Uber mais ce n’est pas le même. Uber est un service de taxi alors que, nous, nous n’offrons que les services d’un chauffeur. En montant le projet, il fallait s’assurer de ne pas affecter le métier des taximen », précise notre entrepreneure.

Jessy Dowluttea, directrice de la compagnie Coco Le Bob à Bambous

En novembre 2018, le couple est de retour au bercail pour le lancement de leur entreprise. Coco Le Bob voit ainsi le jour. « Mon époux est affectueusement appelé Coco par ses proches. Puis nous avons voulu ajouter Bob, qui est le chauffeur et c’est ainsi que nous avons baptisé la compagnie Coco Le Bob. Notre compagnie est située à Bambous. Nous y avons un bureau et centre d’appel, entre autres. Le centre d’appel sert à communiquer avec nos clients, qui appellent pour les réservations. Nous sommes constamment en contact avec nos chauffeurs. Quand nous avons lancé cette entreprise, nous avons dans un premier temps recruté des personnes que nous connaissons autour de nous. Aujourd’hui, Coco Le Bob compte une vingtaine d’employés, y compris les personnes dans le centre d’appel et les chauffeurs », avance Jessy.

Comment fonctionne Coco Le Bob ? Jessy explique que le client peut appeler quelques jours avant pour réserver les services d’un chauffeur à une date spécifique. « En téléphonant au centre d’appel, le client fournira toutes les informations nécessaires, comme l’endroit où le récupérer, la date et l’heure, entre autres. Ensuite, il doit effectuer son paiement en avance, par le biais de Juice ou MyT Money. En recevant le paiement, nous lui envoyons un message pour l’informer de la réception du paiement. Nous déposons notre chauffeur à l’endroit mentionné 15 minutes avant. À l’heure précisée, si le client ne sort pas, le chauffeur attendra gratuitement pendant 15 minutes. Mais, plus il tarde, notre compagnie le chargera pour toutes les 15 minutes de retard. Ensuite, le chauffeur se met à bord du véhicule de notre client pour le déposer à son domicile. Mission accomplie, nous envoyons un transport récupérer notre chauffeur au domicile du client », explique Jessy.

Par ailleurs, elle explique que les chauffeurs de Coco Le Bob sont choisis à partir de certains critères établis. Jessy souligne que c’est un service de « haute qualité » et qu’il est « important » que les chauffeurs puissent offrir ce service. « Même si le service est destiné à toute la population mauricienne, à ce stade, nous ne recevons que des personnes de la haute société qui retiennent nos services. Donc, il est important que nos chauffeurs aient un bon comportement envers eux », précise-t-elle.

En ce qui concerne leur projet d’avenir, Jessy indique qu’il n’y a que deux entreprises qui offrent ce concept à Maurice. Par conséquent, le couple Dowluttea compte exploiter ce commerce davantage. « Nous n’avons pas encore fait face à des compétitions féroces mais nous voulons quand même agrandir notre business. De plus, nous souhaitons avoir une flotte de voitures pour déposer et récupérer nos chauffeurs. Nous avons des clients à travers tout le pays et nos chauffeurs doivent donc être récupérés à différents endroits. Pour leur sécurité, nous ne pouvons les faire attendre pendant des heures à un endroit, surtout pendant la nuit, en attendant que notre véhicule fasse le tour de l’île pour venir enfin les récupérer. Nous travaillons actuellement sur la possibilité d’avoir une flotte de petits véhicules qui pourront être utilisés pour récupérer nos chauffeurs », fait-elle ressortir.