Les États membres de la Commission de l’océan Indien ont adopté la stratégie régionale d’adaptation au changement climatique le 18 janvier lors du 28e Conseil des ministres de la COI aux Seychelles. Cette mesure intervient dans le cadre du projet Acclimate achevé
le 31 décembre dernier.
Consciente des dangers du changement climatique sur les états insulaires – hausse des températures, montée du niveau de la mer, événements météorologiques extrêmes plus fréquents, entre autres –, la COI a lancé en 2008 le projet Acclimate. Pour ce faire, elle a bénéficié d’un 1,7 million d’euros du Fonds français pour l’Environnement Mondial, du ministère des Affaires étrangères de la France, de l’Agence française de Développement et de la Région Réunion. Ce projet a renforcé durablement la coopération entre les pays de l’Indianocéanie pour mieux anticiper et faire face aux effets négatifs du changement climatique. Ces phénomènes peuvent avoir de conséquences lourdes sur la sécurité des personnes et des biens, l’économie et l’environnement. C’est dans ce contexte que la COI a misé sur un leadership politique sans précédent et insisté sur des actions urgentes, aussi bien aux niveau mondial que national et local. Même si les îles de la COI ne sont responsables que d’une part infime des émissions mondiales de gaz à effet de serre, elles sont parmis celles les plus affectées et leur insularité, accentue de plus leur vulnérabilité.
Le projet Acclimate a permis d’améliorer la connaissance du climat régional et de ses impacts, et a contribué au renforcement des capacités des services météorologiques des États membres de la COI. Diverses études, conduites à partir de 2009, ont dressé le profil climatique de la région et son évolution depuis 40 ans. Elles ont aussi identifié les tendances à venir et analysé les vulnérabilités d’une douzaine de secteurs prioritaires à l’échelle nationale et régionale.
À partir des résultats de ces études, un document cadre de stratégie régionale d’adaptation a été rédigé, avec la participation active de représentants des États membres de la COI. Il a ensuite été validé techniquement en juillet 2012, avant d’être adopté le 18 janvier aux Seychelles par le 28e Conseil des ministres de la COI. Cette décision doit aider la région à devenir plus résiliente, à structurer davantage son action dans ce domaine et à se doter d’outils et de moyens à la hauteur des enjeux climatiques. Cette stratégie régionale accompagnera les actions de coopération de la COI dans ce domaine jusqu’en 2020.
Quatre secteurs d’activités, jugés les plus prioritaires pour la région, ont été identifiés : la sécurité alimentaire, l’eau, la santé et l’environnement. D’autres secteurs, tout aussi importants, seront traités dans un deuxième temps, dont les infrastructures, les transports, l’énergie et tourisme.
Parmis les diverses recommandations formulées par cette stratégie, mention est faite de la nécessité de créer un observatoire régional du climat et de services climatologiques fournissant des données climatiques qui seront exploitées par différents utilisateurs. Parmi : des décideurs politiques, chercheurs, agriculteurs ou services en charge de l’environnement, la santé publique, l’eau, l’énergie, la gestion des risques naturels et l’aménagement du territoire.