« Nous pouvons faire de notre région un carrefour stratégique entre l’Asie et l’Afrique », a déclaré le Premier ministre Navin Ramgoolam lors d’un cocktail organisé hier dans le cadre des 30 ans de la Commission de l’océan Indien. Il a aussi annoncé que le gouvernement mauricien accordera une enveloppe d’aide de 500 000 dollars pour soutenir le processus de paix à Madagascar. Cette rencontre était précédée d’un symposium auquel ont assisté les anciens secrétaires généraux de la COI et d’une exposition de photos.
Le Premier ministre a observé hier que « la COI est devenue en quelques années une organisation régionale incontournable ». Navin Ramgoolam a exprimé sa gratitude à tous ceux ayant participé à la création de cette organisation régionale. « Je pense aux pères fondateurs, à l’esprit de fraternité et de solidarité qu’ils ont insufflé et qui imprègne encore aujourd’hui toutes ses actions. »
Navin Ramgoolam a eu une pensée pour l’ancien ministre seychellois Maxime Ferrari, l’un des fondateurs de la COI, présent à la réception organisée hier soir. Il a aussi rendu hommage aux secrétaires généraux qui ont marqué la commission de leur empreinte et leur vision et aux officiers permanents de liaison.
Le chef du gouvernement a observé que la nomination de Jean Claude de l’Estrac à la tête de la COI est un joli clin d’oeil à l’histoire. Il a rappelé que l’accord de siège signé en 1989 n’avait pas prévu l’élection d’un secrétaire général mauricien à la tête de la commission. Selon lui, il serait bon de revoir ce point, la COI d’aujourd’hui n’étant plus celle de 1989.
« Je découvre un autre clin d’oeil fait à l’histoire avec Kailash Ruhee, mon chef de cabinet en commanditaire de la première étude sur la création de celle qu’on appelait alors la Communauté de l’océan Indien », a poursuivi le PM. Et d’ajouter : « Nous pouvons faire de notre région un carrefour stratégique entre l’Asie et l’Afrique, un tremplin pour réaliser nos ambitions économiques et commerciales. En utilisant l’Indianocéanie, cet espace commun, à la fois géographique, économique, social, culturel et politique, comme ciment, vecteur et accélérateur d’intégration régionale. »
Navin Ramgoolam a aussi fait état de la situation à Madagascar. « Il est capital, non seulement pour le peuple malgache mais aussi pour l’avenir de notre région, que la Grande île mette rapidement fin à la crise et réintègre le concert des Nations », a-t-il dit. « Nous attendons beaucoup de Madagascar. Son poids, sa place, ses potentialités sont une chance pour notre région. Elle peut devenir le pilier de notre sécurité alimentaire. Madagascar remise sur les rails, c’est toute notre région qui s’en trouvera revitalisée. »
C’est dans ce contexte qu’il a annoncé « une contribution financière de 500 000 dollars du gouvernement mauricien à la COI pour soutenir le processus de sortie de crise à Madagascar ». « Cette somme viendra s’ajouter aux contributions déjà faites à la commission par la France et l’Australie, pour aider l’île à retourner à l’ordre constitutionnel. »
Jean-Claude de l’Estrac a pour sa part indiqué que c’est Kailash Ruhee qui en juillet 1982 avait commandité auprès du Dr Pierre Yin, un rapport préliminaire sur la coopération régionale entre Maurice, Madagascar, les Comores, La Réunion et les Seychelles. « C’est fort de cette étude que prirent l’initiative de réunir à Port-Louis quelques mois plus tard les ministres des Affaires étrangères de Madagascar et des Seychelles respectivement Christian Rémi Richard et Maxime Ferrari pour jeter les bases de ce qui deviendra la COI », a-t-il expliqué.
« Deux ans plus tard, en janvier 1984, à Victoria, aux Seychelles sera signé l’Accord qui institutionnalise la COI. Le ministre Anil Gayan signe pour Maurice, Maxime Ferrari pour les Seychelles et feu Jean Bemananjara pour Madagascar. La France/La Réunion et l’Union des Comores adhèrent à l’organisation en 1986 », a-t-il rappelé.
C’est Beergoonath Ghurburrun, vice-Premier ministre et ministre du Plan et du Développement économique, qui sera le parapheur de l’Accord de siège entre la COI et le gouvernement de Maurice signé, toujours à Victoria aux Seychelles le 14 avril 1989. Jacques Hodoul, ministre du Développement national, avait signé pour la République des Seychelles.
La COI a en 30 ans exécuté 40 projets, dont ceux qui sont en cours. Elle a bénéficié de financements totalisant plus de 200 millions d’euros grâce à de nombreux partenaires aux premiers rangs desquels l’Union européenne pour la plus large part, la France à travers notamment l’Agence de coopération, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, le Système des Nations unies, la Chine et l’Australie.
Le président de la COI Jean Paul Adam et le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell étaient également présents hier.