La Small Traders Association, regroupant une poignée de marchands ambulants opérant dans la région de Port-Louis, a réuni la presse ce matin pour faire part de leurs propositions quant aux problèmes auxquels ils font face. Estimant que ces marchands ont le droit de travailler tous les jours et non pas sur un système de rotation comme l’avait proposé la municipalité de Port-Louis pour remédier au problème de places, le porte-parole de l’association Salim Muthy demande à ce que les autorités laissent les marchands ambulants opérer comme à l’accoutumée jusqu’au 31 décembre. « Na pa penaliz sa bann dimounn-la, les zot travay apre lotorite va deside », a demandé Salim Muthy.
Le porte-parole de la Small Traders Association est d’avis que si jusqu’à présent, les autorités n’ont pu trouver une solution aux problèmes des marchands ambulants de Port-Louis, c’est en raison de la politisation de ce dossier. « Plus il y aura de marchands ambulants, davantage il y aura de division car chaque conseiller et député aura sous son aile son groupe de marchands protégés. Kan enn pou propoze, lot pou opoze ek zame pou trouv solisyon », a déclaré Salim Muthy. Ce dernier remarque aussi que la capitale est la seule région qui connaît toujours des problèmes de marchands ambulants alors que dans d’autres endroits, des solutions ont été trouvées très vite. « Il a suffi de quelques marchands de légumes sur la route à Triolet pour que les autorités construisent un grand marché pour eux », a soutenu le porte-parole. Salim Muthy a aussi critiqué la liste des marchands ambulants dressée par la municipalité de Port-Louis, indiquant que plusieurs d’entre eux sont des « marsan froder ». Évoquant les nombreux problèmes auxquels font face les marchands ambulants et surtout durant la période festive qui approche, Salim Muthy estime que les autorités ne peuvent demander à ces derniers de travailler sur un système de rotation, soit trois ou quatre jours par semaine. « Kifer minis ek depite pa travay zis 15 zour dan enn mwa ? », a-t-il lancé. Pour remédier à ce problème dans l’immédiat, le porte-parole de la Small Traders Association a lancé un appel aux autorités de laisser les marchands ambulants opérer sans crainte jusqu’au 31 décembre. « Les zot travay kouma tou dimounn dan sa pei-la ziska 31 desam, apre lotorite va deside ki pou fer, pena drwa penaliz sa bann dimounn-la », a proposé Salim Muthy.
Pour ce qui est du manque de places, un problème qui, dit-il, perdure depuis des années, Salim Muthy a suggéré de faire d’aggrandir le bâtiment abritant le marché de viande en face du marché central et d’y aménager des étages pour reloger les marchands ambulants. De même, la Small Traders Association demande à ce qu’une ruelle dans le centre de Port-Louis soit accordée aux colporteurs pour leurs activités. Pour éviter qu’il y ait des « froder », Salim Muthy suggère qu’une insigne soit remis à chaque marchand, dont le nom figure sur la liste officielle de la municipalité. « Nous demandons à la municipalité de suspendre temporairement toutes les procédures pour reloger les marchands ambulants sur un système de rotation et proposons une table ronde avec ceux concernés afin de voir comment ne pas pénaliser ces marchands durant cette période de fin d’année », a de son côté proposé le président de l’association Feroz Beegum. Ce dernier a aussi rappelé que pour être marchand ambulant, il faut détenir un permis octroyé par la police. « Nous ne travaillons pas illégalement, ce sont les autorités elles-mêmes qui nous ont délivré ce permis. Aujourd’hui, elles ne peuvent nous l’arracher », a-t-il soutenu.