Un audit financier et structurel sera enclenché afin de mener une enquête sur les allégations de mauvaise gestion à la Mauritius Society for the Prevention of Cruelty to Animals (MSPCA), surtout concernant l’organisation des dog shows et des cas de conflits d’intérêt. Cette démarche intervient après que le Conseil des ministres a entériné la décision vendredi dernier d’instituer un comité de gestion intérimaire pour gérer cet organisme. Et ce, dans le cadre d’un nouveau projet de loi, le Mauritius Society for the Prevention of Cruelty to Animals (Temporary Provisions) Bill 2013, qui sera présenté bientôt à l’Assemblée nationale.
C’est le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire Satish Faugoo qui a formulé une demande à l’Office of Public Sector Governance (OPSG) du Bureau du Premier ministre en vue de mener un audit financier et organisationnel à la MSPCA dans le but d’améliorer sa gestion. Dans ce contexte, un comité de gestion intérimaire sera institué pour diriger cet organisme en attendant les conclusions de l’enquête du OPSG.
Ce comité sera aussi chargé de revoir les activités de la MSPCA. Satish Faugoo propose aussi que le poste de secrétaire de l’organisme soit aboli et remplacé par celui de directeur en vue d’assurer sa gestion globale.
L’objectif de la MSPCA est de capturer 30 000 chiens par an, soit 2 500 par mois. Mais à fin décembre 2012, l’organisme en avait capturé que 17 162, soit une moyenne de 1 430 par mois. Un montant de Rs 3,5 millions est alloué par l’Agro-industrie à la MSPCA sous forme de subventions pour mener à bien ses activités, incluant la capture de chiens errants. Une dotation budgétaire supplémentaire de Rs 10 millions a été allouée en 2012 pour intensifier la campagne pour le contrôle de la population des chiens errants. Cet argent a été décaissé sur une base mensuelle moyennant Rs 400 pour chaque chien supplémentaire, capturé et euthanasié au-delà des 600 animaux normalement capturés par la MSPCA avec la subvention annuelle de Rs 3,5 millions.
En décembre 2012, Rs 6,1 millions ont été versés à la MSPCA, en fonction du nombre de chiens errants capturés au courant de l’année. Le ministère a ainsi décidé de fixer l’allocation budgétaire supplémentaire à Rs 6,1 millions pour 2013. L’organisme a par la suite formulé des demandes pour le décaissement entier du budget de Rs 10 millions supplémentaire, mais celles-ci ont été refusés vu que l’allocation budgétaire supplémentaire de Rs 6,1 millions a déjà été votée pour la capture de chiens.
La MSPCA utilise un seul fourgon pour capturer des chiens errants depuis le début de cette année. Elle a aussi proposé le licenciement de 17 employés de la Dog Catching Unit et la fermeture de la fourrière de Port-Louis. Le nombre de chiens errants pour les deux premiers mois de l’année est 676, contre 1 857, à la même période l’année dernière.
Dog shows
Le fait que de nombreux membres du conseil de la MSPCA soient des éleveurs de chiens, suscitent par ailleurs l’attention des autorités gouvernementales, donnant lieu à des conflits d’intérêts, en particulier pour l’organisation des dog shows. Le ministère veut ainsi mettre de l’ordre dans cette situation. L’octroi d’un certificat Pedigree – certificat qui permet de reconnaître que le chien est d’une race pure – constitue également une autre source de préoccupation. À ce jour, il n’existe aucune législation pour guider l’octroi de ces certificats. Plusieurs plaintes ont ainsi été déposées auprès du ministère de l’Agro-industrie, ciblant la Fédération Canine Centrale (FCC) qui se serait autoproclamée comme l’institution ayant l’habilité à délivrer des certificats généalogiques. Or, indique le ministère, elle n’est pas reconnue par lui. Le conflit d’intérêts perdure avec le fait que certains membres de cette fédération sont également membres du Conseil de la MSPCA. Des doléances ont été exprimées à l’encontre des dog shows, notamment au sujet des frais de participation, jugés exorbitants, imposés aux participants et « l’obligation » d’être affiliés à la FCC afin de pouvoir participer à cet événement.
Dans ce contexte, un nouveau projet de loi, l’Animal Welfare Bill est en préparation et sera soumis prochainement au State Law Office pour être avalisé. Le ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire revoit actuellement les législations existantes concernant les animaux et l’élevage. L’Animal Welfare Bill prendra soin du bien-être des animaux, assurera le contrôle des chiens, le dog show, entre autres, explique-t-on.
Au conseil des ministres vendredi, le gouvernement a aussi donné son aval pour la mise en oeuvre du programme de stérilisation en masse de chiens afin de réduire le nombre de chiens errants. Un relevé de la population canine sera effectué afin d’en déterminer la densité, la répartition/concentration par localité/région ainsi que les maladies courantes.