Le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, avait demandé à être entendu devant la commission d’enquête sur Britam afin de pouvoir y apporter des éclaircissements en sa capacité de ministre des Finances lorsque les négociations pour la vente des actions de Britam Holdings étaient en cours. Ce dernier s’est dit « choqué » par la tournure des événements car un montant de Rs 4,3 milliards avait été avalisé pour le rachat des actions de Britam Kenya du temps où il était ministre des Finances, alors que l’achat s’est fait pour un montant de Rs 2,6 milliards. Il soutient qu’« il faut savoir qui porte le chapeau pour ces pertes encourues » et soutient que l’homme d’affaires Peter Munga « est la pièce maîtresse » de cette transaction, étant le représentant des acheteurs de Britam Kenya.
Vishnu Lutchmeenaraidoo, retraçant la chronologie des événements, a indiqué que le groupe sud-africain MMI Holdings s’était positionné pour racheter 22,92 % des actions de Britam pour Rs 4,2 milliards. Le conseil d’administration de la Financial Services Commission (FSC) avait été tenu au courant de cette unique proposition. Toutefois, il soutient que « les affaires ont pris une différente tournure » lorsque le ministre des Finances du Kenya lui a fait comprendre qu’il n’était pas favorable à l’implication de la firme sud-africaine pour le rachat des actions au sein de Britam Holdings. C’est alors que le secrétaire permanent au ministère des Finances a été envoyé au Kenya pour rencontrer les potentiels acquéreurs, représentés par Peter Munga, Chairman de l’Equity Bank. Les acquéreurs kényans avaient lors de cette rencontre décidé de racheter les actions de Britam pour Rs 4,3 milliards.
Vishnu Lutchmeenaraidoo s’est appesanti sur le rôle de Peter Munga, qui pour lui est « the center-point element in all this transaction ». Il a indiqué que l’homme d’affaires s’est déplacé pour Maurice à plusieurs reprises alors que l’accord avait déjà été conclu. Vishnu Lutchmeenaraidoo précise qu’il ne connaît pas les raisons de ces déplacements vu que l’homme d’affaires n’était pas venu pour le rencontrer et encore moins le secrétaire permanent, à qui avait été assigné ce dossier.
Vishnu Lutchmeenaraidoo évalue les pertes à entre Rs 1,2 milliard et 1,8 milliard. « We are in a situation today where government opened a lign of credit of Rs 3,5 billion fot payment of super Cash Back Gold. Rs 6,5 billion was borrowed to repay for indemnity losses. In total, an amount of Rs 10 billion in public funds which government has to cover as cost for our commitments ».
L’ex-juge Bushan Domah devait toutefois demander au ministre la raison pour laquelle il a d’un coup « disappeared from the scene ». Vishnu Lutchmeenaraidoo lui a répondu que le ministère des Finances n’était plus impliqué une fois que le Permanent Secretary était retourné au pays en novembre 2015 et qu’un accord avait été trouvé. Il devait aussi soutenir qu’après son retour d’une mission à Washington, il avait été hospitalisé à plusieurs reprises entre février et mars 2016 et avait été remplacé au portefeuille des Finances le 14 mars 2016. « Technically I was not operational when I returned back to the mission and was replaced ». Il a par ailleurs indiqué que le conseil des ministres n’aurait pas été informé de la proposition des Kényans pour le rachat des actions de Britam.
D’autre part, l’ex-Acting Chief Executive de la FSC, Padassery Kuriachen, a été entendu à nouveau par la commission Britam. Ce dernier avait fourni une série de correspondances en relation avec la vente des actions de Britam Kenya. Il devait soutenir par ailleurs que la FSC n’était plus impliquée une fois que les actions ont été transférées à la National Property Fund Ltd en novembre 2015. Il a rappelé que c’est le Special Administrator qui avait la charge de transférer ces actions à la NPFL.