Maurice a gagné six places dans le classement du rapport global sur la compétitivité pour 2014-15 publié en début de semaine par le World Economic Forum (WEF). Maurice est passée de la 45e position en 2013-14 (sur 148 pays) à la 39e pour le présent exercice (144 pays au total), consolidant par ailleurs sa place de leader du groupe de pays d’Afrique subsaharienne, devançant largement l’Afrique du Sud (56e).
Le WEF attribue un score de 4,52 points (sur un maximum de 7 points) à Maurice dans son nouveau classement. La Suisse et Singapour ont préservé leurs deux premières places, précédant les États-Unis, qui ont progressé de deux rangs, ainsi que la Finlande et l’Allemagne, qui ont toutes deux perdu une place. Outre le groupe de pays d’Afrique subsaharienne, Maurice a dévancé, dans le classement 2014-15, des pays tels le Koweït, la Pologne, la Turquie, l’Italie, la Russie, le Brésil et l’Inde.
« Mauritius continues its steady upward trend this year, moving up six positions to 39th place and consolidating its lead in the region », souligne d’emblée le WEF dans sa revue des performances des pays et des régions. Les auteurs du rapport soulignent que l’amélioration du classement de Maurice repose sur des progrès graduels réalisés sous 7 des 12 indicateurs pris en compte. En général, note le WEF, le pays a bénéficié de notes favorables sous les  indicateurs suivants : institutions publiques relativement fortes et transparentes (36e), droits de propriété intellectuelle clairs, forte indépendance du judiciaire et gouvernement efficace (26e). Le WEF estime que les institutions privées mauriciennes sont  « highly accountable (14e), que les normes comptables sont élevées et que la protection des investisseurs est d’un niveau très appréciable (12e) ».
Le rapport fait également ressortir que l’infrastructure du transport à Maurice est bien développée (42e) en tenant compte du niveau régional. Maurice a en outre apporté des améliorations à son réseau électrique et téléphonique (44e). « Furthermore, the country’s wide-ranging structural reforms that have taken place since 2006 are bearing fruit, as evidenced by its continuous improvements in the areas of market efficiency: financial markets are comparatively deep (26e), its efficient goods market (25e) is characterized by enabling conditions for both domestic and foreign competition, and its labor market efficiency (52e) has been improving thanks to increased flexibility (18e) », observe le WEF.
À l’avenir, ajoute le rapport, avec l’augmentation des revenus par tête d’habitant et la progression du pays dans la chaîne des valeurs, il faudra faire plus d’efforts pour développer le capital humain. Tout en disant sa satisfaction devant la hausse de l’admission dans les institutions scolaires, en particulier dans le secteur tertiaire, et une amélioration du score concernant la qualité de l’enseignement, le WEF fait remarquer que les autres pays « are moving even faster ». Pour cette instance mondiale, l’amélioration de la compétitivité de Maurice nécessitera des efforts accrus pour relever le niveau de l’éducation tertiaire et la formation, indice sous lequel Maurice a occupé la 54e place. De plus, le pays aura à faire des efforts pour mobiliser plus efficacement les talents locaux et créer les conditions pour une participation féminine plus importante dans la main-d’oeuvre locale.  
Le rapport global sur la compétitivité 2014-15  juge « insuffisante » la progression de l’adoption et de la mise en oeuvre des réformes structurelles nécessaires à une croissance économique durable. Les auteurs mettent en exergue l’innovation et la gestion des talents comme deux domaines dans lesquels les leaders des secteurs public et privé doivent mieux collaborer pour réussir un développement économique durable et inclusif. « Les économies qui occupent les premières places du classement ont toutes en commun d’excellents résultats en matière de formation, rétention et attraction des talents, ainsi qu’une politique d’investissements encourageant l’innovation. Ces investissements dits “intelligents” et ciblés sont possibles grâce à une approche coordonnée reposant sur une collaboration étroite entre les secteurs public et privé », rapporte le WEF.
Passant en revue la performance générale de l’Afrique subsaharienne, le rapport 2014-15 relève que la région  continue d’enregistrer des taux de croissance impressionnants (proches de 5%) et que pour conserver cet élan, elle devra développer des activités plus productives et répondre aux défis permanents de la compétitivité. Seules trois économies subsahariennes – Maurice (39e), l’Afrique du Sud (56e) et le Rwanda (62e) – se placent dans la première moitié du classement. De manière plus générale, conclut le WEF sous ce chapitre, les défis les plus importants que doit relever la région concernent l’éducation, l’infrastructure et la connectivité, lesquels continuent d’entraver sa capacité de développement, et s’engager dans des activités à plus forte valeur ajoutée.