Opera Mauritius a choisi, en marge de la Traviata — événement majeur du Festival Opera Mauritius 2012 — qui se qui se déroule pour cette au coeur des années 20, de mettre en lumière la mode de ces années folles. C’est à cette époque où le mot «mode» prend tout son sens et qu’apparaissent les grands couturiers. Un défilé de mode ayant pour thème « Les années 20 à Paris » a présenté, jeudi soir au MGI à Moka, les créations des étudiants en stylisme. L’occasion aussi de récompenser les jeunes talents.
Le tandem Anne-Lise Wong et Heidi Mucktoom ont remporté le premier prix, un chèque de Rs 30 000 offert par Opera Mauritius grâce à leur collection intitulée « Un air perpétuel ». De plus, une page leur est offerte sur le site www.shes-wear.com pour la vente de leur collection. Une collection à l’image de ces femmes de l’époque qui commencent à s’émanciper et qui ont soif de liberté, telle Adrienne Bolland, une pionnière de l’aviation, qu’elles ont fait revivre sous les yeux émerveillés du public. Chacune des pièces évoque l’aventure, le voyage. Le marron, le gris, la couleur nude s’impriment sur des pantalons près du corps, combi, robes, tenues d’aviateur et dessinent des silhouettes longilignes. « Un air perpétuel » rappelle ce souffle de féminité, le voyage d’une femme libérée qui brille par sa force et sa grâce aérienne.
« Reminescence » est l’une des collections les plus appréciées de la soirée. Elle a d’ailleurs remporté le deuxième prix, un chèque de Rs 10 000. Le groupe, constitué de Zubair Oozeeraully, Kavita Hurreba, Anooradha Buleeram et Divish Sicharam, s’est inspiré du jazz, né dans les années 20. Dans leur collection, « formes, matières et sonorités s’entremêlent pour ce clin d’oeil aux années folles ». Les jeunes stylistes ne se sont pas égarés dans des détails superflus mais offrent des couleurs et un choix d’accessoires très réussis pour agrémenter la collection. Les motifs d’instruments de musique sont présents pour rappeler l’inspiration première. Des filaments dorés accompagnent les créations. Ils sont enroulés autour de la taille ou retenus sur le haut du corps. Un univers où la créativité est le seul mot d’ordre.
Sur le podium, les propositions sont multiples. Chaque groupe a présenté à tour de rôle leur collection devant un jury composé de professionnels de la mode. Pour ce défilé, les participants — répartis en six groupes — se sont inspirés de ces fameuses années folles en l’adaptant à un look actuel. Ainsi, des robes bordées de sequins ou de franges sont assorties avec une paire de chaussures plus actuelles comme des compensées ou de hauts escarpins. Côté accessoires, pas de chapeau cloche, mais de longs colliers, les incontournables sautoirs et serre-têtes. L’objectif de ce défilé de mode est de valoriser les jeunes créateurs mauriciens et faire découvrir au public jeune l’univers de l’opéra.
L’architecture est un thème largement abordé dans la collection de Joanne Ernest, Deborah Dussoye et Béatrice Merne. Leur source d’inspiration: l’art déco et la Tour Eiffel. Pour rendre hommage à la beauté architecturale, ils ont stylisé leurs créations par des formes, lignes et motifs géométriques, aux côtés d’une alliance blanc et noir. De petites robes avec des effets de franges et accessoirisées de colliers épousent les formes.
Après cette visite architecturale dans les rues de Paris, avec un tableau déferlant de blanc et noir, « Dame de fer » , titre de la collection de Hemraz Lawkush et Distee Maureaye, propose du sobre et de l’élégant. En toile de fond, des teintes de sable et couleurs nude, car «les années 20 ne s’éloignent pas des tendances de 2012». La tendance vintage, version 2012, c’est aussi les sequins, robes taille basse, mais aussi les accessoires pour cheveux. La collection « Dame de Fer » est inspirée de la Tour Eiffel, de ses formes ainsi que ses couleurs Metal Rust. Des jupes, robe taille basse, et des hauts sont découpés dans des matières fluides et souples. Des handbands décorent l’ensemble de la collection.
Le rouge et le vieux rose sont omniprésents dans la collection Insheera Ramjan, intitulée « Théâtrale ». L’inspiration de la collection provient des clichés des célébrités féminines extravagantes qui démontrent la liberté, la sensualité et la connaissance théâtrale à la Charleston. Le tout dans le but d’exprimer leur indépendance face à la société. Adieu corset et cheveux longs. La femme affiche sa rebellion à travers la mode.
Davissen Seeneevassen, Yashna Kissoon, Muntasir Edoo, Vashish Horril, Tashvi Beenessreesingh et Iswaren ont présenté une collection de six pièces inspirée des tendances parisiennes des années 20 comme les robes clapets. Les stylistes en herbe ont choisi des teintes douces pour rappeler cette époque où les femmes « sortaient à peine de leurs cocons comme des papillons ». Une image qui se reflète aussi dans les impressions sur les robes bordées de franges. L’objectif principal est d’exprimer la sensualité et la prodigalité d’une femme à travers ces vêtements.
Durant cette soirée, chaque tableau a été accompagné par le Entheos Jazz Experience, mené par le pianiste Dean Nookadu. Les chanteuses Katrin Caine et Diane Hardy ont ponctué de leur voix cette soirée avec neuf morceaux dont « Puttin’ on the Ritz », « Money makes the world go round ».
Par ailleurs, le jury était composé de Mario Guillot, directeur et créateur de la marque IV Play, Lida O’Reilly, styliste et créatrice de la marque Lida O’Reilly, Emilien Jubeau, styliste et créateur de Emizibo et membre organisateur de l’événement, Danielle Wong, directrice de MEXA (Mauritius Export Association), Amélie Audibert, du groupe Ciel et Anielle Marion, rédactrice mode du magazine Essentielle.