Pour protester contre la concurrence déloyale dont ils estiment être les victimes, les opérateurs de taxis qui ont pour bases d’opération les hôtels de l’île projettent une opération escargot dans les rues de la capitale ce jeudi 3 août. Aucune solution acceptable n’a en effet été trouvée lors de la réunion de concertation qui s’est tenue mercredi au ministère du Tourisme en vue de trouver un terrain d’entente entre les parties concernées par ce litige.
Depuis au moins quatre ou cinq ans, les opérateurs de taxis d’hôtels se plaignent d’une “concurrence déloyale” de la part d’autres opérateurs – taxis non accrédités auprès des hôtels, taxis marrons, opérateurs de voitures de location, etc. Pour faire suite à diverses protestations faites à ce propos par la Federation of Taxi Hotels Association, le Conseil des ministres, sous la présidence du Premier ministre d’alors, sir Anerood Jugnauth, devait finalement instituer un comité interministériel sous la présidence de Xavier Duval, alors Premier ministre adjoint et ministre du Tourisme, pour trouver une solution au problème.
C’est ainsi que le Cabinet devait, en fin de compte, prendre la décision de principe de créer au sein de chaque hôtel de l’île un Taxis Information Desk qui devait servir de point de ralliement pour tout touriste désireux de louer les services d’un taxi pour se rendre quelque part. Toutefois, selon la fédération des taxis d’hôtels, à ce jour, un grand nombre d’hôteliers, de concert avec des tours opérateurs, ont refusé de créer de tels comptoirs au sein de leurs établissements. Atma Shanto de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU) et négociateur de la Federation of Taxis Hotels Associations estime que si l’un ou l’autre des opérateurs de taxis d’hôtels n’assure pas un service approprié, il est du devoir des autorités  – National Transport Authority (NTA) ou autorités policières – de sévir.
« L’on ne peut toutefois généraliser et mettre tout le monde dans le même panier », dit-il. Le syndicaliste s’étonne que l’on puisse ainsi passer outre, selon lui, une décision du Conseil des ministres. Pour lui, ceux qui agissent ainsi donnent le sentiment qu’ils seraient les “propriétaires” des vacanciers qui séjournent dans leurs établissements et qu’à ce titre, « ce sont eux qui doivent décider de ce qui convient le mieux pour ces touristes. » Dans la foulée, Atma Shanto s’élève contre une réponse parlementaire faite sur le sujet par le nouveau ministre de tutelle, Anil Gayan.
Il déclare que le ministre s’est rangé dans le camp des hôteliers et tours opérateurs en laissant entendre  que les taxis d’hôtels sont appelés à disparaître. La fédération regrette de même le mutisme du ministre du Transport sur toute cette affaire. D’autant que, rappelle son négociateur, Nando Bhoda a fait partie du comité interministériel qui avait recommandé la création des Taxis Information Desks au sein des établissements hôteliers. La Fédération des associations de taxis d’hôtels fait remarquer qu’avec la présente situation, c’est le gagne-pain de quelque 1400 chefs de famille qui est menacé. D’où la manifestation projetée de jeudi dans les rues de Port-Louis.