Pritviraj Deepchund, un Mauricien habitant à Madagascar, avait été jugé coupable en Cour d’assises d’avoir importé 619 g d’héroïne de la Grande Île à Maurice. Il avait écopé de 38 ans de prison avant de faire appel de la décision du juge. L’appel a été pris sur le fond en Cour suprême cette semaine et les conclusions du full bench composé du SPJ Eddy Balancy, du juge Asraf Caunhye et de la juge Shaheeda Peeroo seront rendues à une date ultérieure.
Condamné à 38 ans de prison pour trafic de drogue entre Madagascar et Maurice, Pritviraj Deepchund avait décidé d’interjeter appel. Défendu par Me Coomara Payendee, Deepchund avait avancé cinq raisons d’appel, mais devait en retirer une lors de la tenue du procès. Dans sa plaidoirie, son homme de loi estime que le juge « misunderstood, misinterpreted, overlook certain facts in the present matter ». Selon Me Coomara Payendee, la police n’a pas fait le nécessaire pour vérifier l’alibi de son client. De plus, les témoins nommés par l’appelant n’étaient pas venus témoigner en cour. D’après la défense, cela aurait induit en erreur le juge de la cour de première instance et suite à ces manquements, la présomption d’innocence devrait prévaloir.
Représentant la poursuite, Me Audrey Stephen-Sungeelee du ministère public a quant à elle déclaré que le juge de la cour de première instance « made a faithful reproduction of evidence ». La police, selon elle, n’a laissé aucune zone d’ombre dans cette enquête : « What police did was enough. » Elle s’est appuyée sur le fait que les forces de l’ordre avaient mené une enquête à Madagascar et avaient pris connaissance de l’alibi de la femme de l’appelant, qui avait été arrêtée en même temps que lui. Il s’est avéré que la femme avait donné une autre version que celle de Pritviraj Deepchund. Toutefois, elle n’avait pas été appelée comme témoin. Me Audrey Stephen-Sungeelee en a conclu qu’il n’y a aucune ambiguïté dans cette affaire et a demandé que la cour rejette l’appel.
Le SPJ Eddy Balancy, après avoir écouté les deux parties, a annoncé qu’il rendra son jugement ultérieurement.
Pour rappel, Rijanirina José Alain Andriamanga, un passeur malgache, avait été appréhendé par l’ADSU avec 62 boulettes d’héroïne en juin 2010. Il avait identifié Pritviraj Deepchund en Cour comme étant le commanditaire de ce trafic de drogue. Il se faisait appeler « le patron ». Cet ancien habitant d’Hermitage, propriétaire de magasin, avait été trouvé coupable et condamné le 24 mars 2013 à 38 ans de servitude pénale et à une amende de Rs 200 000. Le passeur malgache avait été présenté comme témoin oculaire dans l’affaire. Il avait ajouté avoir fait la mule après avoir été approché par des dénommées Nirina et Sandrine qui, selon lui, travaillaient pour Pritviraj Deepchund. Leur rencontre remontait au 21 juin 2010 dans un hôtel à Madagascar. Andriamanga avait accepté de faire le travail contre des billets d’avion pour Maurice et 500 euros.
Lors de sa déposition en Cour, un inspecteur de police avait affirmé que la drogue saisie sur Rijanirina José Alain Andriamanga pesait 619 g et valait Rs 9,6 millions. Le juge avait expliqué que sa présence sur les lieux au Glacier Hotel à Madagascar lors de la rencontre constituait un acte préparatoire. Andriamanga avait dû ingurgiter 62 boulettes dans la Grande Île et faire le voyage pour Maurice.