« Le Remake est on, bien on et reste on », a déclaré ce matin le leader du MMM Paul Bérenger, en réaction à des remarques faites samedi par le président du Parti travailliste, Patrick Assirvaden.
Le leader du MMM, qui s’est remis d’une indisposition passagère, l’ayant empêché de participer à la conférence de presse du Remake et à un dîner de mariage auquel le Premier ministre était présent, estime que les remarques du président du Ptr est indicatif d’un « appel au secours » et d’un « cri de panique ». Il a estimé que le pays continue de couler et que c’est pour cela que le Remake a été créé afin de sauver le pays et relancer l’économie. Il a reconnu que le meeting de Bar Chacha n’était pas excellent étant donné que d’habitude les meetings ont lieu vendredi et que celui-là était initialement prévu pour lundi avant d’être reporté à mardi. Toutefois, le meeting de Chemin-Grenier était, dit-il excellent.
Revenant sur la déclaration de Cassam Uteem avec qui il s’est entretenu pas plus tard que ce matin, Paul Bérenger a rappelé que s’il y a une bonne réforme électorale, il est en faveur que chaque parti aille séparément au prochaines élections. « J’ai plein d’amitié et un profond respect pour Cassam Uteem. Ce qu’il a dit ne reflète que son opinion pas celle du MMM », a déclaré Paul Bérenger. Le MMM et le MSM sont en faveur d’une bonne réforme électorale, soutient-il. Cependant, une bonne réforme électorale n’a rien à faire avec le Remake. « Nous au MMM, nous souhaitons que les élections générales se tiennent le plus tôt possible. nous sommes pour une victoire du Remake encore plus que nous souhaitons une bonne réforme électorale. Cependant, le fait est qu’une bonne réforme électorale est à portée de main. L’histoire et les femmes en particulier ne pardonneront pas Navin Ramgoolam s’il laisse passer cette occasion », a déclaré Paul Bérenger.
Le leader du MMM a profité de l’occasion pour demander au gouvernement de ne pas engager la jeunesse de ce pays pour les cinquante prochaines années notamment en ce qui concerne le métro léger et la toll tax de Bachoo. Il a aussi parlé de la production d’énergie électrique et d’Air Mauritius.
S’agissant de l’électricité, il a estimé que si le gouvernement ne décide pas rapidement de construire une centrale de 50 ou de 100 MW, nous allons nous acheminé vers la catastrophe. Il a observé que l’accord avec CT power a été conclu sans appel d’offres. « Ni nous ni l’Union européenne n’est d’accord que CT Power a toutes ses chances. Nous sommes contre que le gouvernement et le CEB finalisent l’accord avec CT power. Pour nous, la solution, sans perdre plus de temps, réside dans de nouveaux appels d’offres pour une centrale de 50 ou 100 mégawatts. CT Power sera autorisé à y prendre part et il aura d’ailleurs une avance sur les autres soumissionnaires. Si nous signons avec CT power pour 100 MW, nous serons obligés au cours des cinq ou dix ans à venir signer des accords pour des centrales à charbon de 100 MW ou de 200 MW. L’île Maurice durable entrera dans un engrenage », a dit Paul Bérenger. Il a proposé que des appels d’offres soit lancés pour n’importe quelle technologie que ce soit charbon/bagasse, l’huile lourde, ou LNG gas qui sera bien produit au Mozambique et en Tanzanie. Une décision sera prise en conséquence. « Je n’ai rien contre CT Power mais nous parlons des cinquante années à venir, il nous faut faire le meilleur choix possible » a dit Paul Bérenger.
Concernant Air Mauritius, Paul Bérenger a fait mention de la possibilité qu’un partenariat stratégique soit signé avec un partenaire étranger, qui risque, dit-il, d’avaler la compagnie nationale, mettant en péril son indépendance opérationnelle. Il a rappelé qu’Air Mauritius n’est pas juste une entité commerciale mais a joué un rôle clé dans l’économie en général et en particulier en ce qui concerne l’industrie touristique mais aussi le textile et les affaires. « Si un partenaire stratégique prend le contrôle d’Air Mauritius c’est purement la logique commerciale qui risque de prévaloir avec pour principal souci non pas l’industrie touristique mais le profit. Nous risquons de nous engager à long terme ».
Paul Bérenger a rappelé que la situation financière d’Air Mauritius est toujours précaire et qu’elle continue à supporter les Rs 6 milliards de pertes liées au hedging « par la faute de nominés politiques ». Paul Bérenger préfère que cette question soit réglée par le prochain gouvernement. Il est possible qu’Air Mauritius relève la tête sans un partenariat stratégique, observe-t-il.
Interrogé au sujet de la réforme électorale, il a estimé que le projet est arrivé très loin. « A moins que Ramgoolam recule ou lie une réforme électorale avec une alliance MMM/Parti travailliste, ce qui est hors de question, il est facile de régler les quelques problèmes qui subsistent en matière de réforme électorale », dit-il.