Le prochain invité de l’Institut français de Maurice est Jean-Claude Guillebaud qui présentera le jeudi 17 mai à 18 heures son essai Le commencement d’un monde. À Maurice, nous avons eu l’occasion de l’écouter en 2005 lors de conférences au cours desquelles l’auteur avait partagé ses idées sur la laïcité et en 1992 pour une rencontre intitulée « Les journalistes disent-ils la vérité ? ». Il nous invite cette fois à réfléchir sur les bouleversements profonds que connaissent les sociétés et sur une nouvelle conception du monde qui est en train de naître.
Son point de vue et ses réflexions sur ces questions sont nourris notamment par une carrière exemplaire de grand reporter et de correspondant de guerre pour les quotidiens Sud Ouest et Le Monde. Très tôt en 1972, Jean-Claude Guillebaud obtient une des reconnaissances les plus prestigieuses dans le domaine du journalisme, le Prix Albert Londres. Ce métier lui a fait connaître la guerre du Vietnam, les révolutions iranienne ou éthiopienne, la guerre du Kippour et le conflit libanais et de l’ex-Yougoslavie. Il a longuement voyagé en Asie, en Afrique, au Proche-Orient, dans le Pacifique et dans les pays de l’ex-URSS.
Jean-Claude Guillebaud a d’ailleurs co-fondé l’association Reporter sans frontières qu’il a dirigée pendant de nombreuses années et animé des magazines télévisuels sur l’actualité. Directeur littéraire aux éditions du Seuil de 1982 à 2010, il tient une chronique au Nouvel Observateur et un bloc-notes dans l’hebdomadaire La Vie. Il appartient également au Conseil de Surveillance du groupe Bayard.
Jean-Claude Guillebaud a publié une trentaine d’ouvrages, dont huit essais sur le désarroi du monde contemporain. Certains de ses essais politiques et philosophiques ont particulièrement marqué la vie intellectuelle en France. La tyrannie du plaisir a reçu le prix Renaudot-essai en 1998 et Le principe d’humanité, le grand prix européen de l’essai en 2002. Son roman, Le voyage à Keren, lui a valu le prix Roger Nimier en 1988. En 2003, l’auteur a publié Le goût de l’avenir, puis La Force de conviction en 2005, Comment je suis redevenu chrétien en 2007, et dernièrement : La vie vivante.
Avec Le commencement d’un monde paru en 2008, la réflexion que développe l’auteur s’appuie sur ce point de vue : « Le monde nouveau qui naît sous nos yeux est sans doute porteur de menaces mais plus encore de promesses. Il correspond à l’émergence d’une modernité radicalement autre. Elle ne se confond plus avec l’Occident comme ce fût le cas pendant quatre siècles. Une longue séquence historique s’achève et la stricte hégémonie occidentale prend fin. Nous sommes en marche vers une modernité métisse. »