Le Salon international du livre Confluences, qui ouvre ses portes demain à 12 h 30 au Swami Vivekananda Centre, Pailles, va notamment permettre de rencontrer et d’écouter des écrivains à l’occasion des séances de dédicaces, des conférences, tables rondes et autres forums prévus dans la programmation. Plus de trente écrivains mauriciens et étrangers, des personnalités et des espoirs participeront à certains de ces rendez-vous. Quelques repères biographiques pour Maurice et la région.
Commençons par nos voisins de Madagascar et de La Réunion. Dramaturge et écrivain, Michèle Rakotoson fait partie des grands noms de la littérature malgache. Emblématiques de la culture malgache, ses pièces de théâtre sont jouées en Europe, en Afrique et en Amérique. Ses récits, ses nouvelles et romans louvoient entre mythes et traditions sans pour autant oublier les réalités contemporaines de son île natale. Née à Antananarivo d’un père journaliste et d’une mère bibliothécaire, sa passion pour la littérature s’est vite révélée. Fuyant le régime de Didier Ratsiraka en 1983, elle s’installera à Maurice et deviendra journaliste culturelle à RFI. En 2008, elle s’est engagée dans le projet « Opération Bokiko » qui vise à relancer et à promouvoir l’édition et la lecture à Madagascar.
Son compatriote, Johanary Ravaloson, se définit comme un auteur dégagé et un plastiker de parole…, créateur du mouvement Dodo pour une esthétique du marronnage, il publie des nouvelles et articles ainsi que récemment des textes pour les jeunes lecteurs. Son carnet de voyage, Zafimaniry intime, a reçu en 2009 le prix Regard poétique du Salon du livre insulaire d’Ouessant et le Prix Beau Livre de La Réunion, une organisation réunionnaise qui rassemble les médiathécaires.
Docteur ès Lettres, Jean François Samlong est membre de l’Académie de La Réunion et il préside la maison d’édition l’Union pour la défense de l’identité réunionnaise (UDIR). Son ouvrage La nuit cyclone, lui a valu le prix littéraire Charles Brisset en 1992. L’UDIR défend la culture réunionnaise principalement dans le domaine de l’édition, de l’animation littéraire et de la formation des conteurs.
Né en 1931 à l’île Maurice, Edouard Maunick a publié ses premiers poèmes et articles dans la presse locale dès 1958. Il sera le doyen des hommes de lettres mauriciens dans ce salon. En 2003, l’Académie française lui a décerné le Grand Prix de la Francophonie pour l’ensemble de son oeuvre, ajoutant une nouvelle distinction à son palmarès. Poète de l’exil, édité dans les maisons d’édition françaises, Edouard Maunick a aussi été auteur et producteur d’émissions radiophoniques culturelles, animateur d’une émission télévisée et rédacteur en chef de revues culturelles.
Originaire du village de Trois-Boutiques, Ananda Devi vit en France depuis 1989 sur la frontière suisse. Elle n’a cessé depuis de publier des romans, des nouvelles et de la poésie, dans lesquels elle fait le plus souvent référence à Maurice. Publiée chez Gallimard depuis 2001, elle a reçu en 2006 plusieurs prix pour son roman Eve de ses décombres (Prix des Cinq continents de la francophonie, prix RFO du livre, etc). Après Indian tango, Le sari vert, Les hommes qui me parlent, elle publie ces jours-ci un roman situé à Londres : Les jours vivants.
Installée en France depuis 1998, Nathacha Appanah représente la nouvelle génération et a particulièrement marqué le public ces dernières années avec Le dernier frère, publié aux Éditions de l’Olivier en 2007. Ce texte, qui raconte la force des liens d’amitié unissant un jeune garçon mauricien et un jeune juif qui s’est retrouvé enfermé avec ses parents à la prison de Beau-Bassin pendant la seconde guerre mondiale. Récompensé par plusieurs prix littéraires, ce roman a été traduit dans plus de quinze langues. Il faut également citer pour cette auteure Les rochers de Poudre d’Or en 2003, BLue Bay Palace et La noce d’Anna, tous trois publiés chez Gallimard.
Le premier roman d’Amal Sewtohul, Histoire d’Ashok et d’autres personnages de moindre importance, a obtenu le prix Jean Fanchette en 1999, une distinction qui allait mener à la publication de ce texte chez Gallimard en 2001. Avec Les voyages et aventures de Sanjay, explorateur mauricien des Anciens Mondes, ce conteur intarissable qui aime croiser les destins et défier la géographie, emmenait ses personnages en Allemagne. Publié l’an dernier, son dernier roman Made in Mauritius situe ses personnages mauriciens à Maurice et en Australie,
Shenaz Patel vit à Maurice d’où elle explore différentes facettes de l’écriture. À côté des romans Le silence des Chagos, Sensitive, Le Portrait Chamarel (etc), elle s’est adonnée ces dernières années à l’écriture pour le théâtre, pour les enfants, ainsi qu’à la traduction en créole notamment d’albums de Tintin, ainsi qu’En attendant Godot de Samuel Beckett. Journaliste, ancien homme politique et ministre, ancien directeur au groupe de presse La Sentinelle, Jean-Claude de L’Estrac occupe depuis juillet 2012 le poste de secrétaire général de la Commission de l’océan Indien. Il a publié plusieurs ouvrages sur l’histoire de l’île Maurice tels que Mauriciens enfants de mille races, Mauriciens enfants de mille combats ou plus récemment L’an prochain à Diego Garcia.
Dev Virahsawmy a été un des premiers grands défenseurs de la langue créole. Il a beaucoup écrit sur le créole mauricien et c’est dans cette langue qu’il a développé sa littérature qu’il s’agisse de poésie, de prose ou de théâtre. Il a traduit plusieurs pièces de Shakespeare en Morisien, ainsi que Tartuffe de Molière et Le petit prince de Saint-Exupéry.