Jean-François Salomon de la Congrégation du Saint-Esprit a été ordonné prêtre hier à Fuel. Après dix ans de formation, le jeune Spiritain commencera son ministère au Tamil Nadu en Inde en vue d’aider l’Église catholique universelle. Les prêtres spiritains sont appelés aux quatre coins du monde afin de prêcher l’Évangile comme l’avait fait le père Laval au 19e siècle.
« Misioner azordi kouma per Laval yer. » C’est le thème qu’a retenu Jean-François Salomon pour son ordination presbytérienne hier à Fuel. Le nouveau prêtre de la Congrégation du Saint-Esprit a été accueilli par l’évêque Mgr Maurice Piat, les prêtres du diocèse de Port-Louis et l’Église catholique.
Mgr Maurice Piat a axé son homélie sur le « oui » qu’allait un peu plus tard prononcer Jean-François Salomon. « Ce oui nous rappelle le oui de Jésus… C’est un oui joyeux, très profond, source de courage et de force pour résister à la tentation afin de rester libre là où nous envoie Jésus qui a dit oui jusqu’au bout, jusqu’à sa mort sur la croix », a soutenu l’évêque de Port-Louis. C’est ce « oui », a-t-il ajouté, qui a changé la vie des chrétiens.
L’évêque de Port-Louis n’a pas manqué de faire l’analogie avec le « oui » du père Laval qui était prêtre spiritain français en mission à Maurice dans les années 1800. « Per Laval inn kontan nou bann gran dimoun, bann esclav, ziskobou par sa wi ki li finn dir so superyer Per Libermann », a dit Mgr Maurice Piat. Ce dernier a insisté que c’est ce « oui » qui fait que le prêtre devienne « une semence pour pouvoir porter du fruit ». « Être prêtre, c’est offrir sa vie comme Jésus. Le père Laval a été une offrande vivante pendant toute sa vie », a-t-il déclaré.
Les Spiritains font promesse de chasteté, d’obéissance et de pauvreté. Pour vivre la chasteté, le prêtre doit rester pur pendant son ministère. Il devra obéissance à son évêque et à son supérieur spiritain et devra vivre avec le strict minimum en se débarrassant du superflu.
Le Père Maillot accueillant son petit protégé qui est maintenant prêtre spiritain comme luiLes Spiritains sont des prêtres missionnaires qui se laissent guider par l’Esprit Saint. C’est la raison pour laquelle ils sont appelés à porter l’Évangile aux quatre coins du monde, et plus spécifiquement dans les milieux difficiles et, dans les pays qui n’ont jamais ou peu entendu parler de Jésus-Christ. Ils peuvent également être envoyés en mission pour soutenir des diocèses qui trouvent difficilement des ouvriers apostoliques.
Expliquant aux fidèles pourquoi Jean-François Salomon quittera prochainement Maurice pour la Grande péninsule, Mgr Maurice Piat a fait état du rôle des prêtres spiritains, dont il fait lui-même partie. « Ces prêtres spiritains, qui viennent de plusieurs pays, nous les avons reçus gratuitement. Ce que nous obtenons gratuitement, il faut savoir aussi le donner gratuitement », a soutenu l’évêque.
Après le « oui » de Jean-François Salomon, les prêtres ont, un à un, imposé leurs mains sur lui en signe d’affection et d’amitié. Le père Maillot, qui a cheminé avec le nouveau prêtre, lui a ensuite remis une chasuble rouge avec une colombe, signe du Saint-Esprit. Il a aussi été accueilli par Mgr Maurice Piat et le père Henri Arthé, supérieur des Spiritains à Maurice. Ce dernier, qui a annoncé au jeune prêtre qu’il devra se rendre en mission en Inde, plus exactement au Tamil Nadu, a donné sa bénédiction en hindi. Une langue qu’il maîtrise parfaitement.
« Avant la consécration, le prêtre prie l’Esprit Saint pour que le pain et le vin deviennent le corps et le sang de Jésus », a par ailleurs expliqué Mgr Maurice Piat. Et d’ajouter : « L’esprit est le seul à pouvoir le faire… Le prêtre est là pour annoncer la Bonne nouvelle. Il ne doit pas répéter ce qu’il y a dans la bible. Un ordinateur peut le faire… Son rôle est de devenir une parole vivante. »