Des officiers en ingénierie de Beau-Bassin–Rose-Hill auraient-ils fait preuve de négligences ? C’est en tout cas la question que se posent les conseillers municipaux dans l’affaire d’un auvent de plusieurs tonnes, situé sur la façade gauche du centre polyvalent Sir Gaëtan Duval, à Résidences Les Chebecs, Chebel, et qui s’est détaché la nuit du 16 avril.
« Il faut situer les responsabilités », insiste le conseiller mauve Devesh Buldorun. La charge de l’ingénieur de la ville, Mme Magembe – alors en poste lors de la construction du bâtiment sous le mairat de Norbert Froget –, est remise en question. Des interrogations sont en effet soulevées au sujet de la vérification des différentes étapes de la construction du bâtiment municipal, ce qui a suscité l’étonnement de plusieurs conseillers jeudi lors de la séance du conseil municipal. Le conseiller Devesh Budlorun devait insister à plusieurs reprises afin d’obtenir des réponses pour savoir si des inspections ont été faites par l’ingénieur de la ville et ses officiers. Selon le conseiller, il revenait à l’ingénieur de vérifier si les barres de fer utilisées pour la construction de l’auvent étaient conformes au plan et aux spécifications du bâtiment.
Le maire de Beau-Bassin–Rose-Hill, Toussaint André, devait pour sa part réclamer une enquête en vue de situer les responsabilités et faire la lumière sur d’éventuelles lacunes. Le détachement de l’auvent du complexe municipal SGD le mois dernier a dominé la séance du conseil jeudi, ses membres se posant en effet des questions au sujet de la conformité des travaux entrepris par le contracteur L Mooken Building and Civil Engineering et l’utilisation de matériaux adéquats pour la construction du complexe municipal. La crainte que cette structure cède définitivement et cause des dégâts matériels conséquents, et même mette en danger des citadins, est revenue sur le tapis. Il faut dire que la structure ne tient plus que grâce à un bout de fer et un morceau de béton fragilisé, lequel se détache d’ailleurs davantage à vue d’oeil. La démolition de la structure devrait être chose faite la semaine prochaine. Quant à l’auvent, il devrait être remplacé par des « tôles profilages ».
Le détachement de cette structure a, du coup, soulevé de sérieux doutes de la part des habitants de Résidences Les Chebecs au sujet de la solidité du bâtiment dans son ensemble. Selon des habitants, lorsque la dalle a été « coulée », les coffrages se seraient effondrés. Face à ces témoignages de riverains, le conseiller Rashad Daureeawoo devait réclamer une survey de l’état du bâtiment en vue de déterminer si celui-ci est utilisable. Devant ce doute, le maire Toussaint André a insisté pour qu’une étude d’ingénieurs soit entreprise sur l’état du centre municipal, assuré par ailleurs auprès de la SICOM pour incendie et allied perils. Le détachement de cette structure de plusieurs tonnes avait provoqué des fissures dans les murs du centre, jusque dans la cuisine. Le conseiller Kinsley Lai a, lui, voulu connaître les détails de l’appel d’offres et les noms des autres soumissionnaires pour la construction de ce bâtiment, au coût de Rs 3,9 millions et qui avait été inauguré le 17 août 2012. Des poursuites légales sont également envisagées mais le conseil se heurte au fait que la liability period du contracteur a pris fin en février 2012.
Soulignons qu’à l’origine, le contracteur s’était trompé de portion de terre pour la construction du centre municipal et avait exécuté les travaux sur une parcelle jouxtant le bâtiment actuel, qui était censé accueillir un complexe commercial. Ce terrain appartient à la NHDC.