Le Conseil des religions a lancé un livret pour lutter contre la discrimination à l’égard des personnes atteintes du VIH/sida. C’était ce matin, au restaurant La Bonne Marmite, à Port-Louis. Après le lancement, une quarantaine de jeunes leaders de diverses religions ont assisté à une formation sur le VIH/sida, animée par le Dr Farida Oodally, spécialiste en santé publique.
Lutter contre les discriminations envers les personnes atteintes du VIH/sida en se basant sur les divers textes sacrés des grandes religions existantes à Maurice. C’est le travail auquel s’est attelé le Conseil des religions depuis quelques années et qui a débouché entre autres sur la publication de ce livret. Lequel résume de manière pratique et simple les attitudes à développer envers les séropositifs.
« Bien que l’objectif principal du Conseil des religions demeure la promotion du dialogue interreligieux à tous les niveaux pour mieux comprendre l’autre, une occasion unique de travailler ensemble nous a été offerte dans le projet de lutte contre la discrimination de ces personnes », soutient le président du Conseil, le père Philippe Goupille.
Le président du Conseil des religions devait ajouter que quand le Conseil a commencé cette campagne de sensibilisation au sida, avec les Nations unies, il y avait cette pensée qui existait, selon laquelle, le sida est « une punition du bon Dieu ». Le Conseil a ainsi voulu, à travers les textes sacrés, montrer que ces personnes « restent des humains et qu’il ne faut pas les écraser dans leur culpabilité. Nous sommes là pour les accompagner et les aider à guérir parfois psychologiquement et physiquement ». Le père Goupille a souligné que ce n’est pas dans tous les pays que les religions travaillent ensemble pour une cause commune. Il a salué la contribution de Rogers pour son soutien financier et logistique et d’autre part, celle de PILS.
Audrey d’Hotman, de Rogers, a pour sa part confié que la tâche n’a pas été facile dans la conception du livret, du fait de la pluralité des cultures et religions. « Il a fallu remettre en question chaque mot » mais, dit-elle, « c’est la même volonté d’aider les patients du VIH/sida » qui les animait. Si cette épidémie, dit-elle, a pris une courbe descendante, le Conseil des religions y a sa contribution.
Pour rappel, c’est en s’inspirant des idéaux du World Parliament of Religions et de Religions for Peace Africa et animés par les encouragements de l’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, qu’un groupe de volontaires se sont réunis en 2001 autour d’un projet de créer le Conseil des religions à Maurice.
Pour Philippe Goupille, « nous avons pu pendant plusieurs années travailler la main dans la main pour faire comprendre aux religieux que nos croyances nous invitent à ne pas stigmatiser les personnes atteintes de cette maladie mais de leur donner une chance de se réhabiliter dans la société ». Le travail entre les diverses religions aura par ailleurs « permis de renforcer les relations entre les religions d’autres sphères aussi ».