L’Assemblée Parlementaire de la Francophonie et l’Organisation internationale de la Francophonie, avec la collaboration du parlement mauricien, organisent un séminaire sur l’environnement et le développement durable pour les parlementaires chargés des questions environnementales de la région océan Indien. Ouvert hier à l’hôtel Victoria, il vise à renforcer les connaissances en environnement et développement durable des parlementaires et ainsi, à faciliter le rôle de ces derniers dans l’analyse des politiques et programmes de développement.
Une trentaine de personnes dont des parlementaires des Comores, de Maurice, de La Réunion, des Seychelles, du Sénégal et de la République démocratique du Congo ainsi que des représentants des ministères mauriciens, de la COI, des institutions onusiennes et de la Francophonie participent à ce séminaire.
Inaugurant le séminaire hier, le ministre de l’Environnement et du Développement durable Deva Virahsawmy a souligné le destin commun des îles du sud-ouest de l’océan Indien en matière d’environnement et de développement durable « dans la mesure où nos îles sont soumises aux mêmes aléas climatiques ».
Cette rencontre devrait selon lui permettre d’identifier les problèmes et les contraintes auxquels sont confrontés les pays respectifs et d’essayer de trouver ensemble des solutions pérennes, car certains de ces problèmes sont parfois exacerbés par des facteurs externes, tel le changement climatique.
Le ministre a expliqué que les petits États insulaires en développement partagent un certain nombre de contraintes du fait de l’exiguïté de leurs territoires : l’accès très limité aux ressources naturelles, une dépendance accrue par rapport aux échanges extérieurs et, enfin, une forte densité démographique qui accentue les pressions exercées sur des milieux naturels.
« Nos pays sont particulièrement vulnérables au changement climatique, à la variabilité du climat et à l’élévation du niveau de la mer. L’érosion des plages qui en découle risque d’être fatale pour le tourisme, secteur économique porteur pour nos îles. Le changement climatique accélérera également la dégradation des récifs coralliens, perturbera la répartition des zones de remontée d’eaux froides océaniques et affectera, par voie de conséquence, le secteur de la pêche. De plus, ce phénomène perturbera les écosystèmes terrestres, tandis que la gestion des ressources en eau douce risque d’être mise à mal par une salinisation accrue des sols près des littoraux », dit-il.
Deva Virahsawmy a rappelé que toutes ces questions ont été évoquées lors de Rio + 20. « Nous payons un lourd tribut alors que nos pays sont les moins pollueurs de la planète. C’est pourquoi il est impérieux que les pays membres de l’Association des Petits États Insulaires en Développement se serrent davantage les coudes afin que l’aide au développement, décidée par les agences internationales de financement, ne soit plus calculée à partir du Produit Intérieur Brut de nos îles mais plutôt en fonction de leur vulnérabilité face aux effets du changement climatique ».
Face à la complexité de tels sujets, il souhaite que les parlementaires des pays concernés puissent mettre à jour leurs connaissances sur les enjeux mondiaux et régionaux en matière d’environnement, de développement durable et d’économie verte.
Le ministre a aussi fait mention de Maurice Île Durable dont la finalité est de transformer en profondeur le paysage environnemental, économique et social du pays avec l’aide de partenaires mauriciens et étrangers. Ce projet bénéficie de l’appui technique de partenaires tels l’Agence Française de Développement, la Commission Européenne et le Programme des Nations Unies pour le Développement.
Le secrétaire de la Commission de l’océan Indien, Jean Claude de l’Estrac a, dans son message lu par Gina Bonne de la COI, souligné que depuis sa création il y a 30 ans, la commission intervient à travers un large éventail d’actions dans le domaine du développement durable et de l’intégration régionale. « Le développement durable étant au coeur de nos deux organisations, nous devons collaborer », a-t-il dit. L’engagement de la COI part d’un constat : les ressources de la planète s’épuisent, elles sont gaspillées par l’effet de politiques économiques et commerciales à court terme, peu respectueuses de l’intérêt à long terme des populations. Selon lui, ce n’est pas la croissance économique qui induit la surexploitation des ressources disponibles, c’est la pauvreté et le sous-développement qui poussent des populations démunies à des pratiques peu soucieuses d’une gestion durable des ressources. « La situation s’aggrave à un rythme rapide dans plusieurs régions du monde, y compris dans notre propre région où, à Madagascar par exemple, la dégradation et la perte de biodiversité sont une préoccupation majeure. Nous devons réagir rapidement », insiste le secrétaire général de la COI.
Évoquant le projet Maurice Île Durable, il a rappelé que l’objectif de ce concept est d’atteindre une autonomie énergétique qui est vitale à la survie de nos pays. « L’échéance d’une quasi autosuffisance énergétique en 2028, c’est demain… Réagissons et voyons enfin la préservation de notre environnement comme le moteur d’une croissance durable », dit-il.
Le séminaire prend fin aujourd’hui.