Pour avoir su faire comprendre aux gens la philosophie d’entraide qui est à la base du fonctionnement de toute coopérative de crédit, la Mount & Pamplemousses Cooperative Credit Union (MPCCU), dont la fondation remonte à 1974, récolte à présent les fruits de ses efforts. Elle est soutenue par un nombre important de 1 500 adhérents qui y ont souscrit un capital financier de Rs 7 millions.
Misant sur cette conjoncture favorable pour écrire une nouvelle page de son histoire, la MPCCU vient d’acquérir un terrain à Pamplemousses où elle construira bientôt un bâtiment moderne qui abritera son siège social et son centre administratif. « L’ancienne sucrerie Mount a été pendant longtemps un pôle d’attraction pour les habitants de Pamplemousses et, malgré le fait qu’elle soit fermée depuis 1995, elle est appelée à demeurer dans la mémoire collective ne serait-ce que par l’existence de notre coopérative, fondée sur les lieux. C’est aussi la raison pour laquelle le mot “Mount” figure dans notre appellation », explique Georges Legalland, un membre de l’exécutif, en présence de Georgy Armoogum et Naden Armoogum, trésorier.
Selon ces membres de la MPCCU, c’est en 1974 que le regretté Henri Maury, alors chef magasinier au Mount, décide de créer une coopérative de crédit à l’intention des employés de la sucrerie. Il devient alors le principal gestionnaire à titre bénévole. À sa retraite en 1982, il ambitionne de fructifier son oeuvre pour les habitants de Pamplemousses. C’est ainsi que naît la MPCCU qui s’installe temporairement à la paroisse St François d’Assises avant la location d’un petit local – son siège actuel.
C’est à cette époque que Naden Veerasamy, alors 14 ans et élève au collège Merton à Pamplemousses, rencontre Henri Maury. « J’ai été employé par M. Maury comme jardinier sur sa propriété. Très vite, il s’est attaché à moi et m’a montré comment remplir les livres de compte de la coopérative. Je suis ensuite devenu membre de la MPCCU, et ce malgré mon jeune âge. »
Grâce à la coopérative qui lui a prêté Rs 900, Naden Veerasamy a pu payer ses frais d’examens du School Certificate pour sept sujets. Après des études secondaires réussies, il suit des cours de comptabilité par correspondance avec des universités étrangères. Aujourd’hui, âgé d’une quarantaine d’années, il est un expert-comptable travaillant pour le gouvernement.
« Ma vie a été influencée par le contact continuel que j’ai eu avec les rouages de notre coopérative, ce qui explique le fait que j’ai embrassé la profession de comptable. Outre mes fonctions de trésorier à la MPCCU, j’agis comme vérificateur de comptes pour d’autres coopératives à travers l’île », dit Naden Veerasamy.
Au lendemain du décès d’Henri Maury en 1997,
une nouvelle équipe composée de personnes ayant à coeur le mouvement coopératif, – Naden Veerasamy, Georges Legalland et Georgy Armoogum inclus – prend la relève pour assurer la pérennité de la MPCCU. Aujourd’hui, toute personne souhaitant adhérer à cette coopérative doit s’acquitter d’un droit d’entrée de Rs 100 et accepter d’acheter des actions vendues à Rs 100 l’unité. Ce n’est qu’après six mois qu’elle peut demander un prêt équivalent à trois fois la somme totale de ses actions.
« La philosophie d’entraide incluse dans les rouages de toute coopérative de crédit permet de procurer un avancement social », expliquent les membres de l’exécutif de la MPCCU. Pour preuve : plusieurs adhérents, surtout ceux issus d’une classe sociale modeste, y font des prêts pour lancer un commerce, comme un salon de coiffure, une boutique de fleuriste et une pâtisserie.
Soulignons qu’il existe à Maurice environ 150 coopératives de crédit enregistrées auprès du ministère des Coopératives. Environ 70 d’entre elles sont affiliées à la Mauritius Cooperative Savings and Credit League (MOCOSCLE).