Le ministre de l’Agro-industrie Satish Faugoo a réclamé hier après-midi une réflexion sur le secteur sucre car la production continue de baisser malgré les mesures prises ces dernières années pour l’augmenter et réduire les coûts. C’était lors de l’assemblée générale annuelle de la Mauritius Cooperative Agricultural Federation au Rajiv Gandhi Science Centre à Bell-Village. En outre, M. Faugoo a souhaité la mise en place d’une équipe spécialisée pour étudier des mesures novatrices en faveur de cette industrie.
« Si nous voulons faire progresser le secteur sucre, nous devons changer notre façon de travailler et de persévérer », a lancé Satish Faugoo aux nombreux agriculteurs présents en insistant pour que les assemblées générales annuelles ne deviennent pas un exercice de routine. Le ministre de l’Agro-industrie a ainsi indiqué que la production de sucre a baissé en 2012 pour atteindre 409 200 tonnes contre 435 309 tonnes en 2011 et 456 662 tonnes en 2010. « Malgré les mesures prises par le gouvernement et la réforme de l’industrie sucrière, les chiffres de la production de sucre de 2010 à 2011 parlent d’eux-mêmes. Quelle est la marche à suivre et comment faire pour renverser la vapeur ? » s’est-il interrogé.
Selon Satish Faugoo, cette industrie est confrontée à de nouveaux défis que sont la baisse de 36 % du prix du sucre sur le marché européen, le manque de main-d’oeuvre, la crise dans la zone euro, la crise alimentaire, les changements climatiques et l’imposition d’un éventuel quota qui se profile à l’horizon, entre autres. « Si nous continuons dans la même voie, nous n’irons pas loin… La crise en Europe a eu des répercussions à Maurice. Il nous faut un road map pour tracer la voie à suivre », a-t-il dit.
Selon le ministre, la canne à sucre a encore son importance à Maurice en citant les nombreuses mesures prises pour dynamiser le secteur. Parmi : la réduction de 50 % des primes du Sugar Insurance Fund Board (SIFB), l’avance de 80 % sur les revenus, la subvention de Rs 40 millions sur le compost et le programme d’épierrage des terres (FORIP). Il a, par ailleurs, demandé aux sociétés coopératives d’innover, autrement « vous risquez de disparaître ».
De son côté, le ministre des Coopératives Jim Seetaram a insisté sur la fusion des sociétés coopératives. « Nous sommes conscients de votre attitude conservatrice et des habitudes qui subsistent depuis des années mais il faut innover », a-t-il déclaré. Citant l’exemple de la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA) qui résulte de la fusion des six service providers, il a suggéré celle de la Mauritius Cooperative Agricultural Federation (MCAF) avec la Livestock Co-operative Federation en vue d’offrir de meilleurs services aux agriculteurs. Il a également signifié son intention d’informatiser toutes les sociétés coopératives.
Quant au président de la MCAF Ram Appanah, il a rappelé que son organisation a encouragé la mise en place d’une société coopérative pour s’occuper des terres abandonnées. La MCAF regroupe 156 sociétés coopératives agricoles à Maurice.