Vanessa Curpen, une mère d’une trentaine d’années, fait face à un deuxième procès pour la mort de son nouveau-né en 2007. Le procès a repris hier devant la Cour intermédiaire.
Vanessa Curpen répond d’une charge de « wounds and blows causing death without intention to kill ». Selon sa version des faits, elle aurait accouché de l’enfant quand elle a fait une chute. Appelé à la barre des témoins hier, le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a écarté la thèse d’une chute. Le médecin légiste a soutenu que la mort du nouveau-né aurait pu avoir été causée par des coups violents infligés à la tête ou par une projection sur une surface dure.
Le Dr Gungadin, qui avait pratiqué l’autopsie de l’enfant, indique que ce dernier est mort 24 heures après sa naissance, d’une fracture du crâne.
Deux autres témoins ont été entendus. Le sergent Doorga, qui s’était rendu sur les lieux le 26 septembre 2007, a déclaré que la mère n’était pas là à ce moment-là et que l’enfant était au sol dans la chambre de cette dernière. Le père lui avait déclaré ne pas être au courant de ce qui s’était passé. Un officier de police qui avait pris des photos a aussi été entendu hier. Le procès a été ajourné au 28 août.
Le Directeur des poursuites publiques (DPP) avait logé des poursuites contre Vanessa Curpen et son époux Indiren Curpen pour la mort d’un autre bébé en 2009. Elle avait tenté de brûler le nouveau-né avant de l’enterrer dans sa cour. Elle est défendue par Me Neelkanth Dulloo. Si dans un premier temps l’affaire avait été déférée aux Assises, après l’enquête préliminaire en cour de Mapou, le bureau du DPP a finalement décidé de les poursuivre « for a lesser charge » en Cour intermédiaire. Lors d’une audience précédente, la production des Diary Book Entries de la police a été contestée par la défense, Me Dulloo estimant que sa cliente n’aura pas droit à un procès équitable. Le magistrat Neerooa, qui préside le procès, a alors fait comprendre à l’avocat de la défense que la Cour ne pourra déterminer la crédibilité de ce document s’il n’est pas en sa possession.
Indiren Curpen a soutenu qu’il était à son lieu de travail quand sa femme l’aurait appelé pour l’informer que son bébé était mort. Une fois chez lui, sa femme lui aurait expliqué qu’elle avait fait une chute et que l’enfant serait « sorti depi so lekor ». Vanessa Curpen avait été examinée par un médecin légiste qui avait confirmé que la femme venait effectivement d’accoucher. Selon l’époux, l’enfant était déjà mort à sa naissance.
Pour le second cas, dont le procès est toujours en cours, les faits remontent à mars 2009. Vanessa Curpen devait accoucher d’un petit garçon dans sa salle de bains. Sa belle-mère avait déclaré qu’elle avait vu Vanessa Curpen entrer dans la salle de bains avec un gros ventre et en ressortir sans signe visible de grossesse. La mère d’Indiren Curpen avait aussi avancé que son fils n’était pas à la maison quand cela s’était produit. Quant à Vanessa Curpen, elle a affirmé n’avoir parlé de cela à personne dans un premier temps car elle avait peur de la réaction de sa belle-mère, vu qu’elle s’est retrouvée dans la même situation deux ans avant. Elle avait expliqué qu’elle avait commencé à avoir des vertiges et que son bébé est tombé dans un seau d’eau. Elle devait prendre le nouveau-né et l’envelopper dans une serviette. Le soir venu, cette employée d’usine avait expliqué à son mari que le décès de l’enfant est dû au fait qu’elle soulève des « balo ».