Les réservoirs du pays sont remplis à 44 % au lieu de 50 % comme cela aurait dû être le cas en cette période de l’année, nous a indiqué ce matin le président de la Central Water Authority (CWA). Prem Saddul observe que cette situation découle d’une pluviosité déficitaire de juin à la mi-décembre. Cependant, poursuit-il, « heureusement que nous sommes toujours en mode orange ». Il en appelle ainsi à la vigilance et à la responsabilité des Mauriciens pour une utilisation judicieuse de l’eau jusqu’aux averses prochaines attendues pour le mois de février.
Le Management Committee travaillant sur le dossier de l’eau s’est réuni hier, à la demande du Premier ministre adjoint et ministre des Services publics Rashid Beebeejaun pour passer en revue la situation de l’eau dans les réservoirs du pays, indique prem Saddul, qui y était aussi présent. « La situation devient très difficile. La pluviosité est déficitaire et c’est ce qui nous amène à ce problème ».
M. Saddul souligne que « la météo avait prévu des grosses pluies à partir du 15 décembre », qui se font toujours attendre. Du 1er au 15 décembre, il y a eu seulement 50 mm de pluie sur l’île, soit « seulement 25 % de la normale pour le mois », alors que les prochaines averses sont attendues pour février 2013, toujours selon la météo.
Le président de la CWA rappelle que 50 % des besoins en eau proviennent des nappes souterraines, 30 % des réservoirs et 20 % des rivières. les rivières ont été mises à contribution pour faire face à la demande grandissante de la population surtout avec les nouveaux morcellements qui voient le jour et les travaux de construction. « Des connexions inter-bassins et entre les réservoirs ont aussi été faites ».
Prem Saddul souligne que le niveau des nappes phréatiques est en constante baisse avec une situation inquiétante dans l’Est et l’Ouest. « Nos réserves en eau dans les nappes souterraines sont plus basses qu’en 2011 et même qu’en 1999 lorsque nous avons connu la grande sécheresse. Heureusement que dans les Plaines-Wilhems et le Sud la situation est meilleure. Nous n’avons pas eu la pluie qu’il faut pour remplir les réservoirs et nappes souterraines, mais elle a été bénéfique pour l’agriculture ».
À ce jour, dit-il, le niveau de l’eau à Mare-aux-Vacoas est de 55 %, La Nicolière 41,2 %, Piton-du-Milieu 30,9 %, Mare-Longue 40,3 %, Midlands Dam 44,7 % et La Ferme 24,7 %. « Au total, nos réservoirs sont remplis à 44 % ».
La CWA, dit notre interlocuteur, fait tout son possible pour donner satisfaction à la population. « Nou pe mobiliz maximum efektif teknik me malerezman dan sertin rezion, sirtou bann ki en oter, nou bizin donn delo enn sel fwa par zour ». La distribution d’eau se fait aussi par des camions citernes de la CWA ; 34 véhicules, dont 18 de la CWA, ont été mis à contribution. Dans la région du Morne et de La Gaulette, souligne-t-il, il y a une distribution d’eau par des tankers. Prem Saddul se rendra à Dilo Pouri vendredi pour parler aux gens de la situation. Des tuyaux de trois à quatre kilomètres de long, dit-il, seront installés de Casela à Tamarin et de Trois Mamelles à Magenta, avec la collaboration de Médine Sugar Estate, pour mieux desservir la région.
M. Saddul souligne que la CWA cherche des solutions comme l’exploitation de nouvelles sources d’eau. « Huit nouvelles ont été mises en opération cette saison dans l’Est, où il y a eu beaucoup de problèmes ». Le Nord, dit-il, est approvisionné en eau entre 10 heures et 24 heures par jour ; l’Est, une fois par jour pendant trois à six heures ; l’Ouest, une fois par jour pendant quatre heures. Dans certaines régions, cependant, on a de l’eau entre 12 heures et 15 heures par jour. Au niveau du plateau central, la situation est plus confortable, la distribution se faisant pendant 12 heures, 18 heures ou même 24 heures dans certains endroits.
Prem Saddul lance un appel à la population pour qu’elle utilise l’eau potable avec modération y compris aux stations de pompe à essence et pour le lavage des véhicules. « Nous n’avons pas encore pris de mesures drastiques. Nous surveillons la situation de près. Si à la fin de janvier, il n’y a pas de changement, il nous faudra prendre les mesures qui s’imposent. Avec le plan de gestion mis en place, nous avons suffisamment d’eau pour jusqu’à fin février ».