C’est aujourd’hui et demain qu’auront lieu les étapes reines de cette 32e édition du Tour de Maurice. Samedi, les coureurs iront à l’assaut de la côte des Mariannes, alors que dimanche ils auront droit à la plus longue étape du Tour, avec en prime la double ascension de Chamarel et Plaine Champagne. Mais ce n’est pas tant la distance qu’ils devront redouter…
Samedi matin, le départ sera donné à 11h devant le stade Anjalay à Belle-Vue. Dimanche matin, rendez-vous à 10h à Anglo-Mauritius pour la dernière étape. La caravane partira jusqu’à Grande Rivière Nord Ouest, où sera donné le départ réel. Ces deux étapes seront l’occasion pour les Sud-Africains de la OwnSurance/V-Office d’ébranler la citadelle Lincoln. Certes, il ne part pas avec une avance aussi confortable qu’il le souhaitait, mais il peut, avec ses 0’52, voir venir.
« L’idée avant le chrono était de se refaire une santé par rapport aux 0’26 et prendre le maximum de temps. C’est fait. Maintenant, il faut gérer tout ça. » Comme il le dit lui-même, ce n’est pas « royal », mais les choses auraient pu être pires. « J’aurais pu avoir à fournir de plus gros efforts. Mais grâce à l’équipe, j’ai pu gérer », avance Lincoln.
Ces deux étapes devraient servir de plaque tournante aux Sud-Africains, qui ne se sont jamais avoués battus depuis le début du Tour. En dehors de Lincoln, maillot jaune depuis seulement hier matin, trois d’entre eux ont porté la tunique de leader. Plus affûtés que l’année dernière, les Sud-Africains ont, dans le Top 5, deux coureurs qui représentent les garanties les plus solides. Adolphe Krige est cependant à 0’52, alors qu’Alan Gordon est relégué à 2’22.
« Je n’en ai pas gardé sous la pédale, l’important étant de mettre le maximum d’écart entre eux et moi. C’est fait », dit Lincoln. Mais en même temps, tout le monde s’est économisé sur l’étape de vendredi après-midi. « Je pense que les kilomètres commencent à peser dans les jambes. Tout le monde a donc choisi de conserver des forces pour la suite. »
Il existe cependant un scénario dont personne ne veut en entendre parler : que Lincoln perde son maillot jaune. Dans ce cas de figure, il faudra se refaire une santé. « L’étape de dimanche servira à ça. Et tout sera encore faisable à ce niveau. »
L’étape de samedi, longue de 96 km, sera sans nul doute le premier juge de paix de ce Tour de Maurice. Celui qui aura conquis les bosses de Congomah et les Mariannes sera considéré, à juste titre, comme un prétendant. Mais encore faudra-t-il assurer le lendemain.
Car après l’ascension, il y aura la descente, puis le long retour vers le Plaza. « La bosse est assez loin de l’arrivée. » Mais l’année dernière, on se souvient qu’Alan Gordon avait tenté un baroud d’honneur au cours de l’étape de Chamarel. Ce qui lui avait valu le maillot à pois.
« Si on passe les bosses ensemble, ce sera difficile de les lâcher. Les Sud-Africains se valent les uns les autres », analyse encore Yannick Lincoln. Mais il sait qu’au bout de l’effort il y a un cinquième Tour de Maurice qui l’attend. « L’équipe est soudée et très motivée. Elle tourne bien. » Et il sait qu’il peut compter sur eux…