Dans la famille Lagane, on prendra Christopher, le benjamin. Après le père, Jean-Philippe, le fils aîné, Grégory, c’est lui qui fait le plus parler de lui et de son club, le FFSC-KFC. Et pourtant, il y a des choses à dire au sujet de ce garçon de 17 ans qui affole les chronos depuis un an maintenant.
Demandez-lui son secret et il vous dira qu’il n’en sait rien. « Je ne pense pas qu’il y en ait. C’est seulement la motivation et le travail », lâche-t-il. Un travail qui consiste, en fait, en une moyenne de 15 heures de vélo par semaine, soit entre deux heures et demi et trois heures chaque jour. « La motivation », dit-il.
Pourtant, qui l’aurait vu, lui, l’adolescent, s’imposer dans une épreuve aussi particulière que le contre-la-montre individuel ? Pas lui, même si les suiveurs lui avaient déjà prédit un bel avenir dans la discipline. « J’avais fait une bonne performance lorsque Mike Chong Chin avait battu le record (ndlr : en 2014). C’est de là que m’est venue la motivation. » Il n’est alors que cadet.
Une motivation qui le fera prendre la deuxième place dans quasiment le même temps que Yannick Lincoln, spécialiste jusqu’ici indétrônable de la discipline, mais aussi l’archifavori du contre-la-montre de Beau-Plan.
Tout s’enchaîne. Il fait rapidement ses preuves, jusqu’aux championnats nationaux de contre-la-montre individuel. Une course qu’il remporte haut la main devant son ancien coéquipier, Yannick Lincoln, là encore favori de l’épreuve.
Mais la consécration viendra début 2016, lorsqu’il sera double médaillé d’argent aux championnats d’Afrique juniors, au contre-la-montre individuel et à la course en ligne. Une petite défaite, de quelques secondes à chaque fois, qui le confortera certes dans ce statut de nouveau grand. Mais lui veut garder les pieds sur terre. « Je ne pense pas que je sois aussi fort que ça. Je garde bien la tête sur les épaules. Il y a toujours du travail à faire pour s’améliorer. »
Considéré comme l’un des juniors les plus prometteurs de sa génération, il commence pourtant à s’intéresser au vélo en regardant, comme beaucoup de cyclistes, le Tour de France à la télé. « Ensuite, Grégory s’y est mis lui aussi. On a commencé à le suivre pour ses entraînements et en course. » Tout s’enchaîne. Il passe les différents caps jusqu’à devenir l’une des pierres angulaires du FFSC-KFC. « En fait, derrière mon succès, il y a tout un encadrement. Ce sont ces gens qui nous aident. »
Il vient encore de prouver son talent en remportant, avec une marge confortable, la Colin Mayer Classic. « Il faut voir dans cette victoire tout le travail d’équipe. Ils ont contrôlé la course de bout en bout », explique le jeune coureur, le plus jeune à être monté sur la plus haute marche du podium, après son frère Grégory l’année dernière.
Pour l’instant, il se concentre sur son futur déplacement à Aigle, en Suisse, pour six mois. « J’irai au Centre mondial de cyclisme avec l’idée de faire de mon mieux. » Mais il a surtout coché sur son calendrier une date en octobre : les Mondiaux sur route, à Doha, au Qatar. « Mon passage à Aigle me servira de préparation pour les championnats du monde. Ce sera l’occasion de me tester face à des coureurs autrement plus aguerris que moi », lance-t-il.
Le défi, s’il est de taille, ne lui fait pas peur. « Au contraire, ça me motive à montrer mon potentiel lorsque je serai en Suisse. » Il y écrira, peut-être, une nouvelle page de son histoire…