La situation qui sévit actuellment au sein de la Fédération mauricienne de cyclisme (FMC) était calculée. C’est ce que déclare Mathieu Calypso, un des cinq derniers membres restants de la Fédération, hier, lors d’un point de presse qui a vu la présence de Hervé Flore, Jean-Lou Desjardins et Hans Brasse.
Une situation, explique Mathieu Calypso, qui a commencé à peine quelques instants après l’élection du nouveau comité directeur, en février 2013. « Le jour des élections, alors que nous n’avions même pas commencé à travailler, André Le Blanc a soumis sa démission, utilisant la non-élection de son épouse Caroline pour se retirer de la FMC. Sommes nous fautifs ? », s’interroge Mathieu Calypso.
Ce dernier va même plus loin, citant le cas du couple Froget. Selon lui, ils auraient menacé de démissionner. Et il va lever le voile sur un des épisodes les plus noirs du cyclisme local : la non-sélection de Steward Pharmasse pour les Jeux du Commonwealth, l’année dernière, à Glasgow. « Le comité avait décidé que les coureurs qui n’avaient pas fait le stage à La Réunion n’étaient pas éligibles pour une sélection. Mais nous avons revu cette décision. Cependant, les Froget ont mis le couteau sous la gorge du président, menaçant de démissionner si le comité maintenait sa décision », avance Mathieu Calypso, qui soutient qu’il était l’homme à abattre avant les élections.
D’ailleurs, il dit être au courant de réunions secrètes tenues avant les élections, où le mot d’ordre aurait été de le faire chuter. « Il y a eu des campagnes contre moi. Mais ça n’a pas fonctionné, et je me suis retrouvé au sein du comité démocratiquement élu. Pour ceux qui faisaient campagne contre moi, il ne leur restait plus qu’à s’en aller. »
Il soutient aussi que les raisons qui ont poussé les détracteurs à faire campagne contre lui sont obscures. « Tout ça parce que j’ai osé écarter Yannick Lincoln du contre-la-montre par équipes pour les JIOI 2011, aux Seychelles, et que Matthieu Le Blanc n’avait pas été retenu pour les JIOI. »
Mathieu Calypso déclare par ailleurs ne pas être boulonné au siège de la FMC. « Je fais partie du giron cycliste depuis 40 ans, et je pense que c’est une façon pour moi de retourner l’ascenceur, après avoir tant reçu du cyclisme », explique le membre du comité directeur.
Cependant, la question de la légitimité des cinq membres restants est toujours posée. La FMC, soutient Mathieu Calypso, a pris contact avec le Registrar of Associations (RoA) pour décidé de la marche à suivre. « Nous avons donc convoqué une assemblée générale spéciale pour le 29 mai prochain. »
Selon Mathieu Calypso, la démission des membres ne place pas le comité dans l’illégalité, même s’il ne reste que cinq membres. « Selon le Sports Act, le minimum de membres est de sept et le maximum est de 11. Mais il n’est nullement mentionné que le comité doit être dissous si le nombre de membres descend en dessous de sept. Quant à nos statuts, ils préconisent le remplacement des membres démissionnaires. »
Valeur du jour, la FMC a déjà envoyé les invitations à l’AG Spéciale du 29 mai. « Nous avons déjà reçu deux réponses favorables. Mais au cas où la démarche n’aboutit pas, nous ne verrons pas d’autre solution que de dissoudre le comité directeur. »
Hans Brasse, secrétaire de la Fédération, a dressé un bilan de l’actuel comité directeur, dont des stages pour la sélection nationale, ainsi que pour les entraîneurs. De plus, il a également souligné que la FMC attend toujours la réponse du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) concernant l’embauche d’un entraîneur étranger, recommandé par Jean-Pierre Van Zyl, directeur du Centre continental de l’UCI, en Afrique du Sud, pour la sélection nationale.