Les travaux dans l’enquête judiciaire instituée pour faire la lumière sur les circonstances entourant la mort d’Iqbal Toofany dans la nuit du 1er au 2 mars, alors qu’il était sous surveillance policière, se sont poursuivis en Cour de Bambous hier. Alors que le chef inspecteur (CI) Roshan Kokil a expliqué pourquoi la “casualty card” du défunt avait été sécurisée par un officier de police à l’hôpital Victoria, à Candos, l’officier Salim Jauforally, mandé pour présenter les enregistrements des caméras de surveillance à la jonction de Cascavelle, devait indiquer pour sa part que deux caméras, soit celles pointant en direction de Bambous et de Flic-en-Flac, ne fonctionnaient pas cette nuit-là.
Affecté à la Police Information and Operations Room (PIOR) aux Casernes centrales, l’officier Salim Jauforally devait présenter les enregistrements des quatre caméras de surveillance à la jonction de Cascavelle dans la nuit du 1er au 2 mars afin d’identifier les mouvements du véhicule d’Iqbal Toofany et de celui des officiers qui l’ont interpellé. Il a toutefois fait part à la Cour que deux caméras, soit celles pointant vers Bambous et vers Flic-en-Flac, n’étaient pas opérationnelles dans la nuit du 1er au 2 mars, et ce en raison des orages et des pluies diluviennes qui avaient endommagé la ligne téléphonique servant à retransmettre les images vers les Casernes centrales et le poste de police de Flic-en-Flac, comme l’en avaient informé les techniciens de la police.
Rappelé à la barre des témoins, le CI Roshan Kokil a déclaré que, dans le cadre de l’enquête de police en cours, il n’avait pas encore introduit la requête pour obtenir les enregistrements vidéos à la jonction de Cascavelle. Il a de plus confirmé qu’il n’avait pu visionner les enregistrements des caméras de surveillance à l’hôpital Victoria lorsque son équipe s’y était rendue le 11 mars puisque, suivant la procédure, les données sont effacées après cinq jours. Le CI a ajouté que la caméra de vidéosurveillance se situant à l’entrée de l’hôpital était par ailleurs en panne depuis 3 mois. Questionné sur les raisons ayant poussé un officier à sécuriser la “casualty card” d’Iqbal Toofany, le CI Kokil a répondu que, dans tout cas d’autopsie, la “casualty card” est temporairement remise à un officier de police afin que le médecin légiste puisse auparavant avoir une idée de l’identité du défunt. Indiquant que la “casualty card” se trouvait désormais en sa possession à des fins d’enquête, il a toutefois tenu à préciser que l’heure à laquelle le patient avait été admis à l’hôpital avait été altérée, de sorte que l’heure initiale, soit 10h25, apparaisse comme 10h35. Après les auditions des témoins, le magistrat Daniel Dangeot a ajourné les travaux au 25 mars.