La Criminal Investigation Division (CID) de Goodlands a procédé à l’arrestation de 24 personnes en juin et 20 autres en juillet, culminant 44 arrestations en deux mois dont 13 adolescents. Quelque 90% de cas sont liés au vol à la tire. Les suspects, une dizaine parmi âgés de 14 à 18 ans, habitent Cité-Sainte-Claire, Goodlands. Selon nos informations, un jeune de 15 ans, arrêté la semaine dernière, a avoué avoir participé lui seul à une dizaine de vols dans la région. Son cousin ayant le même âge aurait agi comme son complice et aurait commis quatre vols. Leurs cibles sont les personnes âgées, les étudiants et les piétons. Ils opèrent sur la gare routière de Goodlands et au Domaine du Moulin à Sainte-Antoine où les étudiants se rencontrent en nombre après les heures de classe.
Les suspects ont comparu devant le tribunal de Mapou. Les proches de certains d’entre eux n’avaient pas les moyens de payer leur caution et les jeunes ont été envoyés au Correctional Youth Centre (CYC). Durant la même semaine, quatre jeunes domicilés à Petit-Raffray, impliqués dans un vol, ont été arrêtés. Des Mauriciens établis à l’étranger et en vacances dans l’île ont été leur cible. Découragés, ils ont écourté leur séjour à Maurice et sont repartis dans leur pays d’adoption.
D’autre part, la semaine dernière, une dame âgée de 77 ans, qui attendait l’autobus à la gare routière de Goodlands, a été attaquée par deux individus. Ils ont  arraché sa chaîne en or avant de prendre la fuite.  « Il y a définitivement une recrudescence de vol à la tire où un nombre impressionnant de mineurs de 15 à 17 ans sont impliqués. C’est très inquiétant, alarmant, surtout dans le Nord ces derniers temps. Ces jeunes viennent d’une zone spécifique à Goodlands où les inégalités sociales sont perçues comme aiguës. C’est triste, ils n’ont même pas eu le temps de commencer à vivre leur jeunesse qu’ils se trouvent devant une Cour de justice pour vol et autres délits. Les autorités doivent en toute urgence trouver les moyens pour mettre un frein à cette situation qui pourrait devenir difficile à gérer », alerte une source proche de ce dossier.
La situation n’est pas moins alarmante dans la périphérie de la capitale. Selon nos sources, de janvier à juin, la police de la région d’Abercrombie et de Baie-du-Tombeau a enregistré 1,000 cas de vol. Les cibles sont des employées de bureau et des personnes âgées. Les malfrats opèrent surtout à l’heure du déjeuner et font main basse sur les portables, bijoux et porte-monnaie. « Dans la plupart des cas, les suspects ne s’intéressent pas aux gros objets comme des meubles, par exemple, mais des objets qu’ils peuvent facilement écouler sur le marché sans grand risque. Et une fois qu’ils les auront vendus, ils trouveront facilement de la drogue pou zot kapav kass enn yen », explique une source. « 40% des jeunes suspects qu’on arrête sont des drogués. Ils ne tardent pas à l’avouer », confie la source, qui précise que les voleurs arrêtés ne sont pas des voleurs inoffensifs, étant agressifs lorsqu’ils passent à l’action. Elle cite en exemple ce vol à la tire dont a été victime, lundi après-midi, une employée de la Mauritius Revenue Authority (MRA) à la rue Eugène Laurent à Port-Louis. Le passager d’une motocyclette lui a arraché sa chaîne, estimée à Rs 15,000. Elle a porté plainte mardi à la police de Pope-Hennessy. Les deux malfrats sont toujours recherchés.  
Un policier attaché à la Criminal Investigation Division (CID) Port-Louis (Sud) nous révèle qu’en moyenne sept à huit arrestations sont effectuées par semaine. « Certains sont connus des services de police, d’autres non. Nous accentuons la pression et gardons l’oeil ouvert. »
Siva Coothen, inspector in charge du Police Press Office (PPO), reconnaît, lui aussi, qu’il y une recrudescence des vols dans la région du Nord. « On ne peut le nier », confirme-t-il. « Les jeunes sont livrés à eux-mêmes. Leurs parents n’arrivent plus à les contrôler. Dans certains cas, les jeunes sont influencés par des récidivistes notoires. Mais avec le Daily Monitoring Meeting que nous avons mis en place pour passer en revue ce qui s’est déroulé durant 24 heures à travers l’île, cela nous permet de passer en revue les différents cas. Tout récemment, nous avons mis en oeuvre une stratégie pour qu’il y ait des opérations à travers le pays, avec des éléments de la CID, de l’ADSU, la force policière qui, régulièrement et à n’importe quel moment, peut monter des opérations. Cette stratégie commence à porter ses fruits. »