L’ONG Ecologial Living in Action coordonne depuis février des « Global Dialogues », un projet international visant à rassembler des individus, des organisations, des réseaux au plan international pour qu’ils dégagent leur vision commune d’un monde meilleur qu’ils confieront à leurs leaders politiques pour être transmis à la Conférence de Stockholm +40 en avril et à la Conférence de Rio +20 en juin.
Selon Anneloes Smitsman, directrice et fondatrice de l’Ecologial Living in Action (ELIA) et coordinatrice des « Global Dialogues » (GD) pour Maurice, les GD font partie d’un plus gros projet international intitulé « One Future… One Planet », initié en novembre 2011 par Telma Gomes et Sanley Nyoni.
Ces GD ont lieu partout à travers le monde en vue de deux importantes conférences internationales sur l’environnement cette année : Stockholm +40 en avril et la Conférence de Rio +20 en juin. Une quinzaine de pays, dont Maurice, se sont déjà joints à cette initiative. Ceux de Maurice ont été lancés le 11 février. ELIA coordonne les GD pour Maurice et pour les diverses régions d’Afrique ainsi que pour la Nouvelle Zélande.
« Pour faire court, les GD rassemblent des individus, des organisations, des réseaux et des pays en un seul élan dans l’intention commune d’envisager et de créer ensemble un avenir ainsi qu’une société équitable et prospère », explique Anneloes Smitsman. Elle indique que ce projet est parrainé par Omnicane.
« L’idée est d’avoir autant de personnes possibles à travers le monde pour ‘dialoguer’sur l’avenir que nous voulons, tout en apportant également nos idées en termes d’actions concrètes pour co-créer le type d’avenir et la société que nous souhaitons », ajoute la coordinatrice. « Le GD est un processus multilatéral profondément participatif pour aboutir à des objectifs nationaux de développement durable et des lois-cadres, tout en fournissant les commentaires aux dirigeants mondiaux sur ce que les gens souhaitent pour leur avenir et celui de nos sociétés », poursuit-elle.
Un rapport international, ajoute notre interlocutrice, combinant tous les rapports des différents pays, sera présenté à la conférence de Rio + 20 en juin. « L’objectif de ces ‘dialogues’ est de faire prendre conscience et de guider les dirigeants mondiaux pour ces conférences et les inciter à prendre des décisions conformément à ce que nous voulons créer ensemble en tant que société », ajoute Anneloes Smitsman.
À Maurice les DG ont deux objectifs, selon la coordinatrice du projet : d’abord permettre à nos dirigeants politiques qui représenteront Maurice à la Conférence de Rio +20 du type de société et d’avenir que le peuple de Maurice voudrait avoir ; puis rendre vivant le processus national du projet Maurice Île Durable (MID), qui jusqu’ici, a été très formel et a pêché par un manque de processus participatif qui inspirerait le peuple à prendre des initiatives à leur niveau local pour bâtir un avenir et une société plus durable et prospère.
À cet effet, ELIA a conçu un processus en cinq étapes pour chacun de la dizaine de dialogues qu’elle s’est proposée de faire dans le pays. Ces étapes sont notamment : « Connect » (Se Connecter), « Envirion » (Élaborer ensemble une vision), « Engage » (S’engager), « Reflect » (Réfléchir) et « Share » (Partager).
Un « dialogue », par exemple, a eu lieu samedi au Lite-Bar Restaurant de Trianon et a réuni une quinzaine de membres de la société civile. Ils ont débattu une journée durant avec enthousiasme, suivant les cinq étapes susmentionnées, sur les enjeux du développement durable et ont proposé des initiatives concrètes pour construire une société meilleure.
Jusqu’à présent, ELIA a organisé deux des tels « dialogues » pour le public et un troisième pour les étudiants et les enseignants à travers le Bureau de l’Éducation Catholique (BEC). Il y a environ sept autres « dialogues » à venir (voir encadré).
« Ce n’est pas tous les jours à Maurice qu’est mis en place un processus profondément participatif et expérimental impliquant tous les secteurs de la société dans le but d’éveiller un désir et une motivation profondes pour créer un avenir et une société où les gens et la nature s’épanouissent », lance Anneloes Smitsman.
En outre, selon la coordinatrice du projet, la plupart des processus sur le développement durable ont jusqu’ici été menés par des experts sur ce qu’ils ont dit aux gens concernant ce qu’il fallait changer ou au gouvernement de ce qu’il fallait faire. « Le processus des GD est totalement différent. Il n’y a pas d’experts contre des non-experts. Les initiatives et les collaborations qui découleront de ces “dialogues” sont basées sur l’expérience personnelle du changement que l’on apporte à soi-même ! Il ne s’agit donc pas d’égrener un chapelets de doléances aux politiciens leur disant ce qu’il leur faut faire. Non ! C’est un processus pour le peuple et par le peuple qui se rencontrent et qui élaborent ensemble cette vision d’un avenir commun qu’ils veulent et qui décident d’agir ensemble pour un avenir et un monde meilleurs », conclut-elle.
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Le calendrier des « Global Dialogues »
Public : les 7 et 28 avril.
Le Mauritius Institute of Directors : *
GLM Foundation : *
Les enfants de 10 à 16 ans : le 24 mars
Women In Networking (WIN) : avril *
Eco-Raise Society : avril*
Les prisonniers : avril*
Secteur public*
Société civile et ONG *
* dates à déterminer