Intervenant hier lors de l’inauguration d’une conférence de l’Organisation africaine-asiatique pour le développement rural (AARDO) à l’hôtel Le Méridien, à Pointe-aux-Piments, en présence de quelque 125 participants étrangers, dont 17 ministres, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a évoqué la nécessité d’une croissance inclusive. Selon lui, le développement durable ainsi que la croissance économique et sociale sont des conditions essentielles pour améliorer le sort de la population. « Autonomiser les individus et bâtir des sociétés justes devrait être la priorité des priorités de tous les gouvernements et décideurs politiques », a-t-il déclaré.
Malgré les progrès réalisés dans différents domaines, il existe encore un niveau inacceptable d’exclusion, selon le Premier ministre. « Nous ne pouvons rester des témoins passifs de la pauvreté pénétrante, du chômage systémique, des inégalités inhumaines, de la malnutrition et des privations subies par de millions de nos frères et soeurs, particulièrement en Afrique et en Asie. Nous devons agir, coopérer et progresser avec détermination. Pour résoudre ces problèmes qui affectent différents pays et relever les nombreux défis pour mieux satisfaire les besoins humains et la nécessité de transformation économique, il est impératif de proposer de nouvelles idées et des actions concrètes afin d’attirer les États qui ne sont pas encore joints à l’ARRDO. » Il a invité les pays non-membres de l’ARRDO à rejoindre cette organisation dans son engagement pour l’éradication de la pauvreté, l’autonomie des communautés rurales et le rapprochement des villes et villages.
« L’île Maurice est souvent citée en exemple comme une économie qui a réussi comparée aux autres pays en Afrique subsaharienne. Cependant, nous avons aussi des défis sérieux à relever tels les crises économiques, financières, énergétiques et alimentaires », a-t-il fait ressortir. Sir Anerood Jugnauth a d’autre part souligné que le changement climatique, les catastrophes naturelles et la perte de la biodiversité ont des conséquences sur l’économie mauricienne. « Nous travaillons dur pour renforcer notre économie. Nous nous sommes engagés à assurer l’autonomisation économique et à résoudre le problème du chômage. Nous voulons réduire le fossé entre les riches et les pauvres. Nous prônons la justice sociale et l’unité nationale, et protéger ceux qui sont les plus vulnérables », a-t-il ajouté.
Établie en 1962, l’AARDO est une organisation intergouvernementale autonome comprenant les gouvernements des pays d’Afrique et d’Asie. Regroupant aujourd’hui 29 pays, elle est l’un des premiers exemples de coopération Sud-Sud dans le développement de la région Afrique-Asie. Ainsi, l’AARDO agit comme un catalyseur pour une coopération participative entre ses membres pour promouvoir le développement socio-économique dans les zones rurales. Elle a comme objectif principal d’encourager l’agriculture durable et le développement rural tout en tenant compte du scénario socio-économique.