Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM, réitère qu’il y aura des « développements politiques importants » avant le lundi 16 avril, date de la reprise des travaux parlementaires. Il annonce qu’il proposera à son parti la convocation d’une Assemblée des délégués du MMM la veille, le dimanche 15 avril. Le leader du MMM qui soutient que le « remake » de l’Alliance MSM/MMM de 2000 est toujours d’actualité « pour de bon » prévoit ce qu’il qualifie « d’effet jamalack » avec, assure-t-il, le gouvernement PTr/PMSD se retrouvant « en minorité » avant le 16 avril. En tout cas, pour lui, il est « clair » que le gouvernement « n’ira pas jusqu’en 2015 » et « ne survivra pas longtemps les développements politiques importants » qu’il prévoit.
M. Bérenger trouve que les développements survenus ces derniers jours, notamment, autour des célébrations pour la fête nationale, démontrent qu’effectivement, le Dr Navin Ramgoolam avait « raconté des histoires » après son entretien du 8 mars dernier avec sir Anerood Jugnauth. Aussi, met-il en garde la population contre, dit-il, ce que va, encore, déclarer le chef du gouvernement « avec le coup de main de la MBC ». « Li for dan pass siro ! « , dit-il du chef du gouvernement.
Paul Bérenger affirme que le projet de « remake » de l’Alliance MSM/MMM de 2000 est d’actualité « pour de bon ». Il soutient qu’il y aura des développements politiques importants « avant la rentrée parlementaire du 16 avril ». Le leader du MMM annonce qu’il proposera à son parti la tenue d’une Assemblée des délégués, vraisemblablement, pour le 15 avril prochain, soit, à la veille de cette reprise du parlement et annonce les préparatifs en vue du meeting duu 1er mai que le MMM tiendra devant l’esplanade de la mairie de Port-Louis.
M. Bérenger soutient que le MMM a pour programme de « sauver et de redresser le pays comme en 1982 et 2000 ». « Nous visons, dit-il, à nettoyer et à démocratiser le pays mais aussi à agir fort du côté de l’économie ». D’autant que, selon Paul Bérenger, c’est au MMM et dans le cadre du remake de 2000 que se trouve l’équipe économique qui convient à cette fin avec « un nouveau gouverneur de la Banque de Maurice ainsi qu’un nouveau Monetary Policy Committee (MPC) « .
Le leader de l’opposition trouve, dans le même ordre d’idées, que le gouvernement PTr/PMSD est, selon lui,  » à bout de souffle, incompétente et manque d’idées nouvelles » en vue de « relancer l’économie ». L’économie qui, trouve-t-il, est « en pilotage économique », alors même que, explique M. Bérenger, une très grave crise menaçant même, d’après lui, la Chine et l’Inde pointe à l’horizon. Au plan économique, toujours, le chef de l’opposition critique, au passage, le Premier ministre pour, dit-il, ne comparer notre performance qu’avec des pays en difficultés tel la Grèce. Il cite, pour sa part, le Mozambique, « un pays de peuplement juste à côté » qui, explique Paul Bérenger, a réalisé, l’an dernier, une croissance de 7.1% contre seulement 4.1% pour Maurice.
« Effet jamalack à prévoir »
Revenant aux « grands développements politiques » qu’il prévoit avant le 16 avril, le leader du MMM soutient que l’on peut même prévoir ce qu’il appelle « un effet jamalack » avec, selon lui, le Premier ministre et le gouvernement PTr/PMSD se retrouvant « en minorité ». « Il est clair que le gouvernement n’ira pas jusqu’en 2015 et ne survivra pas longtemps avec ces développements politiques prévus avant la rentrée parlementaire », soutient Paul Bérenger.
Dans ce contexte, il trouve « assez étonnant » que le Dr Ramgoolam revienne de l’avant avec la Réforme électorale et le projet de IIe République. Le leader de l’opposition ironise, de nouveau, sur ce qu’il trouve être « des experts constitutionnels anonymes perdus dans la brume londonienne » que le Premier ministre dit avoir contacté à ce sujet. « Il est très difficile de le prendre au sérieux », répète-t-il. Pour lui, la Réforme électorale et la IIe République sont « deux choses séparées ».
Dans le cas de la Réforme électorale, M. Bérenger répète que le MMM et le PTr sont « à 100% d’accord » en vue d’une « bonne réforme ». Aussi, l’invite-t-il, encore une fois, à venir de l’avant, formellement, avec un projet de loi y relatif à l’Assemblée nationale. « Le MMM votera pour dans l’intérêt du pays et des femmes ». Mais cela, ajoute-t-il, toutefois, ne changera rien au projet de remake MSM/MMM de 2000 et « il n’y aura rien entre le MMM et le PTr », assure-t-il aussi. Au cas où, explique le leader du MMM, le Dr Ramgoolam « se dérobait sur la réforme, ce sera », répète-t-il, « un véritable crime envers les femmes et il le paiera cher ».
Dans le cas de la IIe République, Paul Bérenger trouve qu’il s’agit, là, d’un « non-starter » dans la mesure où, dit-il, Navin Ramgoolam revient avec son idée de président élu au suffrage universel à la française. Pour lui, il n’en est pas question et cela n’aboutira pas, puisque nécessitant une majorité des trois-quarts à l’Assemblée nationale.
Le leader de l’opposition considère que, dans notre cadre institutionnel, un président élu au suffrage universel constituerait « un recul de la démocratie » dans la mesure où, contrairement au Premier ministre qui répond à des PNQs et autres interpellations, un tel président ne serait redevable à personne. M. Bérenger trouve aussi qu’un tel modèle de IIe République constituerait « une bombe à retardement communale », alors que, dit-il, « l’heure est à la consolidation de l’unité nationale avec une bonne réforme électorale ».
Détérioration du « law & order »
Evoquant, d’autre part, le dossier Air Mauritius, le leader de l’opposition trouve « incroyable » qu’alors même que, dit-il, le « crash » de la compagnie nationale d’aviation s’annonçait « depuis des mois » et qu’Air Mauritius a, durant les neuf derniers mois, fait des pertes de près de Rs 1 milliard, le Premier ministre « n’a toujours rien à dire » et que « c’est business as usual ». « Nous apprenons, maintenant, que l’ancien chairperson ira siéger sur le Monetary Policy Committee (MPC) de la Banque de Maurice (BoM) !  » Il trouve que « l’on joue avec le feu » alors même que, dit-il, « des centaines d’emplois sont menacés ».
L’incident de mardi dernier relatif aux coups de feu tirés, peu après 16h00, sur un haut gradé de la prison à la rue Colonel Maingard, Beau-Bassin fait aussi l’objet de commentaires du leader de l’opposition. Ce dernier voit en cette affaire « tout un symbole » illustrant, selon lui, la détérioration du maintien de l’ordre et de la paix dans le pays.
A l’heure des questions, le leader du MMM devait expliquer que sa proposition pour que l’Assemblée des délégués de son parti se réunisse le dimanche 15 avril prochain s’explique, surtout, par le fait que le week-end précédent est le week-end pascal. Il explique, par ailleurs, que dans la mesure où, selon lui, le gouvernement PTr/MMM « pourrait perdre sa majorité avant la reprise des travaux parlementaires le 16 avril », il est possible qu’il n’ait plus besoin de contempler la présentation, à l’Assemblée nationale, d’une motion de censure contre le gouvernement.
Paul Bérenger trouve que cela lui a fait « beaucoup d’honneur » d’avoir été invité à la table d’honneur pour le déjeuner que le président de la République a offert en l’honneur du « chief guest » aux célébrations de la fête nationale, le président des Seychelles, M. James Michel.
Quant aux implications de la présentation, par le gouvernement, d’un nouveau discours-programme, le leader de l’opposition souligne que parmi les nombreuses annonces faites par les gouvernements nouvellement élus de 2005 et 2010 figurait, par exemple, la réforme électorale qui ne s’est, toutefois, jamais concrétisée. Aussi, il laisse comprendre que ce n’est que si le Premier ministre présente, concrètement, un projet de loi sur la réforme électorale « si, jamais, il a toujours la majorité », qu’il se laissera convaincre du sérieux de Navin Ramgoolam sur la question.   
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TROIS ÉTRANGERS NOMMÉS PAR XLD SUR LE MPC: Une honte pour le pays, a déclaré Bérenger
Paul Bérenger qualifie de « honte pour le pays » la nomination de trois étrangers par le ministre des Finances, Xavier Duval, sur le Monetary Policy Committee (MPC). Il s’en prend en particulier au Français Alain Madelin en rappelant son parcours de militant d’extrême droite française dans le passé ainsi que ses condamnations par le Justice.
S’il trouve que Pierre Dinan est « un économiste respecté » et « un patriote » et que, conséquemment, sa nomination sur le MPC ne saurait être contestée, en revanche, le leader de l’opposition estime que celle de Kamal Tapossea, ancien président du conseil de direction d’Air Mauritius, est « un joke ». « Ce qui me révolte surtout, explique-t-il, c’est la présence de trois étrangers sur ce comité ».
Paul Bérenger s’en prend à cet effet en particulier au « réactionnaire » et « fasciste » qui, dit-il, a pu suggérer la nomination d’Alain Madelin sur le MPC. « Tout cela est une honte pour Maurice et ne va pas finir ainsi ! » prévient-il. Pour M. Bérenger, en effet, l’on ne peut, en 2012, entrevoir la nomination de trois étrangers sur un même comité.
Par rapport à la prochaine réunion du MPC devant se réunir lundi pour déterminer le taux du repo rate, le leader de l’opposition souligne qu’il y a, selon lui, « unanimité » quant à la voie à suivre. Il se réfère à ce propos à une interview de presse de l’économiste Georges Chung Tit Kam, paru hier chez un confrère, dans laquelle ce dernier explique que les ardoises combinées de trois groupes hôteliers s’élèvent à Rs 30 milliards.
Pour lui, le gouverneur de la Banque de Maurice, Manou Bheenick a « fait beaucoup de tort » depuis qu’il est à la tête de cette institution.