Après Koméraz dan Villaz, en 2009, Yann Maingard revient à l’imagination créatrice pour divertir. Il prévient les lecteurs dans sa post-face que Kozé Soular Dan tar, dan nwar, dan bwar n’est pas un roman à l’eau de rose. « Dan sa ti liv-la, ena enn ta kozé ninportt, lakoz souvandefoi, kozé soular nek enn kozé ninportt mem. Mé parfoi ena sirpriz, bann-la kozé kouma profett… » déclare l’auteur. Dès le début de son petit livre, Yann Maingard donne le ton : « Si ou tann enn madam déklaré li anvi vinn promié minis, védir so zoké ena krapross dan so kravass. Lakoz samem madam-la inn oblizé sanz pozision pou tiombo guidon avek so lamin goss… »
Yann Maingard instaure un jeu perpétuel avec les limites. Ses nombreux emprunts et allusions aux réalités sociales et politiques de notre pays relève d’un défi en projetant l’intérieur des plis de cette société. Yann a cette faculté de créer librement et de faire de ses textes une originalité amusante. Histoires grivoises, transgression des interdits, évasion par l’imagination : les procédés sont efficaces pour créer un décor amusant. Outre une structure narrative folklorique, Yann pratique l’écriture oblique, le détournement. Tant pis pour les âmes sensibles, l’auteur nous invite à parcourir le champ sans bornes de son imagination. Le ton est libre et cocasse. L’invention, le calembour et les petites phrases recueillies sont les ressources d’un esprit fantasque. Par ailleurs, le registre de l’allégorie ne consiste en rien une gêne quant il s’agit de peindre la réalité sociale. Il faut reconnaître à Yann Maingard une tendance expérimentale dans ses combinaisons de textes. Mais une tendance à nourrir ses textes de ses fantasmes, ses obsessions, ses inquiétudes. Divertissement, détournement : c’est un riche processus de composition et d’écriture. De ses écrits imaginaires, il faut savoir détecter la vérité dans le quotidien.