Artiste avant-gardiste, puriste de la techno minimaliste et producteur le plus fédérateur de la scène rave mondiale, DJ Popof atterrit bientôt dans nos contrées. Ancien membre du légendaire collectif underground Heretiks, il parcourt aujourd’hui le globe en mode solo et lancera sa bombe techno live au Z Club (ex-Zanzibar), le 25 mai.
Ce son épuré avec une structure répétitive et des basses qui s’étirent, entrecoupées de sonorités aiguës, c’est ce qu’on appelle la techno minimale. Une variante de la techno, mais réduite au strict essentiel. Popof, Alexandre Paounov de son vrai nom, est un des artistes les plus populaires dans le milieu. Ses morceaux sont reconnus dans le monde entier, à un point tel que chaque nouveau titre le propulse dans le top 5 des listes de téléchargement.
Popof appartient au nouveau gratin de la techno mondiale, jouée par les plus grands, avec des commandes de remix ne désemplissant pas : Depeche Mode, Moby, Tiga et compagnie.
Star des free parties dans les années 90 en tant que membre émérite des Heretiks, le collectif le plus actif des raves au siècle dernier, le DJ démarre sa carrière avec un son électronique bien plus lourd que celui d’aujourd’hui. Le groupe, alors composé d’une vingtaine de membres, DJ’s et vidéo jockeys, techniciens son et lumière, graphistes et artistes de rue, se spécialise dans l’organisation de raves clandestines sur le modèle des free parties à l’anglaise. Le collectif ne se réduit pas cependant au phénomène des raves. Plusieurs de ses membres s’occupent de labels alternatifs. C’est ainsi que Popof prend son envol au milieu des années 2000 pour s’occuper de sa carrière.
Tournant.
Les années 2000 introduisent l’improbable mariage d’une structure house avec des sons lourds et expérimentaux, partis des clubs underground d’outre-Atlantique via la vague electro house du début de la décennie pour progressivement envahir les plus grosses boîtes de nuits du monde entier.
Le monde était enfin prêt pour accueillir les nouvelles créations de Popof. Lorsqu’il sort en 2007 l’énorme album Alcoolic, c’est le succès instantané. Un hit dans les clubs du globe, dont les tubes sont relayés par les plus grands des DJs.
C’est aussi en 2007 que Popof change complètement de style et s’oriente vers la techno minimale, en produisant une musique sophistiquée et très glamour. On le retrouve brièvement sur la scène hardcore sur Kameezol 01 et Bogus, en partenariat avec Noisebuilder (DJ des Heretiks), mais la touche minimale sur Hypnotical et Hologram de son album Alcoolic attire plus l’attention. Il se fait vite repérer par des labels aussi illustres que Thomas P. Heckmann, A.F.U et CR2. Cette incursion dans la scène minimale marque un tournant décisif dans sa carrière.
Remixes.
On ne peut passer à côté de son travail. Il est fréquemment sollicité pour ses remixes, parmi lesquels on retrouve des hauts noms de la musique électronique. En 2008, il s’occupe du morceau No Trace du groupe Solaris Heights et d’un énorme remix du morceau 1000 Lords de Butch, puis d’un autre très bon remix, celui pour Steve Angello et Sebastian Ingrosso sur leur morceau 555. Il enchaîne par un remix pour Delon et Dalcan sur le titre Who. Ensuite, il remixe Mr Moby et son titre I love To Move In Here, qui fera également un carton. Autre succès : celui du titre de Tocadisco, Morumbi.
Sur son succès, il continue à remixer les morceaux qui cartonnent avec le Sunglasses At Night de Tiga & Zyntherius, en version minimale évidemment. La liste continue au fil des années avec Depeche Mode, Chemical Brothers et surtout le One 2.3 Four de Martin Solveig, dans une sauce minimaliste propre à lui. Sa popularité explose lorsqu’il figure sur les playlists des DJs comme Tiësto, Benny Benassi, Richie Hawtin, Sven Väth… Popof est à présent la référence incontournable de la techno minimale.
Form Records.
Voulant avoir plus de liberté artistique, Popof monte en 2009 son propre label discographique, Form Records, qui présente en quasi-exclusivité ses projets, ainsi que ceux de jeunes découvertes, soutenues par des apparitions ou remixes d’artistes établis (Lützenkirchen et d’autres pointures d’un spectre élargi à toute la musique électronique). Il s’agit néanmoins d’un label orienté vers le dancefloor; on est assez loin de la pop et du grand public. Aujourd’hui, avec plus de 50 maxis à son actif, Popof sillonne les quatre coins de la planète, d’un événement à l’autre.
Le Z-Club vous propose une soirée avec l’un des artistes underground français les plus recherchés de la scène musicale électronique. Popof balancera son set le 25 mai à partir de 23h en compagnie d’autres DJs : Sirius D (Australie), Giovanni Paul, Dub Joy, Clarel L, K.A.N, Bernard Desmarais, Tahir Aubdool, Rain et Mathias Duval. Les billets sont disponibles à Rs 250 (tel : 766-6667).