Les habitants des régions de Bambous et de Rivière Noire assistent impuissants à la recrudescence des drogues synthétiques et ses dégâts dans leurs quartiers. Depuis quelques années déjà, ils voient certains de leurs jeunes se détruire. Ils ont constaté que même des adultes plus âgés se laissent tenter par l’expérience destructrice de ces produits.
À 18h, alors que le soleil a déjà tiré sa révérence, les ruelles de Résidence la Ferme sont encore animées. Un habitant de la région nous avait prévenus : “Le trafic des drogues synthétiques se déroule au vu et au su de tout le monde. Ou trouv tranzaksion la deroule devan ou. Dimounn ki pe vande pa pou ena okenn respe pou ou.” À cette heure, des enfants jouent toujours dans des coins de rue, des résidents rentrent du travail, des jeunes discutent à l’entrée de la cité. En apparence, la vie suit son cours normal. Mais la drogue n’est jamais très loin. Ici, tout le monde le sait : comme plusieurs régions de l’Ouest, Bambous n’a pas été épargné par ces produits dont personne ne connaît la composition. Les dégâts sont très visibles.
Il y a quelques années déjà, des jeunes de Résidence La Ferme étaient impatients de découvrir “enn nouvo zafer pou fime ki apel fourmi rouz”. Cette nouveauté avait d’abord fait son entrée au quartier de La Valette, situé à quelques kilomètres. “Des jeunes de chez nous allaient là-bas pour s’en procurer”, nous explique-t-on. “Nous avons compris que les drogues synthétiques s’étaient infiltrées dans la cité et atteint des jeunes lorsque ces derniers ont commencé à changer de comportement. Certains vomissaient dans la rue. D’autres montraient du doigt ceux qui fumaient, en faisant des blagues”, raconte un habitant de Résidence la Ferme.