L’enquête du Central CID sur les commissions de Rs 100 millions versées par la société Dufry, Suisse, à Frydu, incorporée par Nandanee Soornack en Suisse, prend une nouvelle dimension. Sur la base d’échanges d’emails à partir de la Corporate Address de l’ancien Chief Executive Officer (CEO) d’Airports of Mauritius Ltd (AML), Serge Petit, ce dernier fait l’objet d’une Notice on Arrest on Arrival logée auprès du Passport and Immigration Office (PIO). La raison est que suite à des recherches sur le terrain par des limiers du Central CID au cours de la semaine écoulée en vue de son arrestation pour interrogatoire Under Warning, il a été confirmé que Serge Petit, qui est également  détenteur d’un double passeport, avait déjà quitté le pays depuis le 15 juin dernier à destination du Canada initialement. En parallèle, après sa comparution devant le Tribunal d’appel de Bologne, vendredi, pour la demande d’extradition, Nandanee Soornack devra bénéficier d’un nouveau répit jusqu’au 27 avril prochain, soit le temps de permettre à l’Etat mauricien de retenir les services de conseils légaux en Italie et la traduction en italien des Submissions de l’Attorney General, Ravin Yerrigadoo. De leur côté, des enquêteurs britanniques de la National Crime Agency, intéressés par les placements de l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, en Grande-Bretagne, ne comptent nullement lâcher prise sur ce dossier en ce début d’année.
Le rôle allégué de Serge Petit en tant que coordonnateur allégué des Deals au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport en faveur de Nandanee Soornack et Rakesh Gooljaury, que ce soit pour le volet de la restauration avec le contrat d’Airway Coffee ou encore les commissions de 4%, représentant une somme de Rs 100 millions, avec les contrats de la Mauritius Duty Free Paradise Ltd, est sur le point d’être explicité. En effet, sur la base d’un Judge’s Order, selon des informations disponibles, des limiers du Central CID en collaboration avec des spécialistes de la Cyber Crime Unit ont passé au crible les mails échangés à partir de la Corporate Address de l’ancien CEO d’AML.
Ainsi, des fichiers informatiques examinés au cours de ces derniers temps ont révélé leurs secrets, dont des échanges avec Rakesh Gooljaury, principalement au sujet de tractations en 2013 menant à la signature en octobre de la même année du nouveau contrat de la Mauritius Duty Free Paradise Ltd avec la société Dufry, Suisse, pour l’approvisionnement des boutiques hors-taxes en produits de luxe, ou encore le Management Contract. La police voudrait savoir en quelle capacité des e-mails sur ce contrat ont été transmis à la paire Gooljaury/Soornack, sur instructions de qui et à quelles fins.
Ces e-mails, qui sont en possession du Central CID, donnent un aperçu du Direct Involvement présumé de Serge Petit dans ce qui fut la galaxie Ramgoolam/Soornack/Gooljaury au chapitre du contrôle des opérations commerciales lucratives au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport. Rappelons que c’est à partir d’octobre 2013 avec le contrat signé in extremis dans l’enceinte de l’aéroport, au moment où la délégation de Dufry, venue négocier, allait repartir que les  commissions de 4% sur le chiffre d’affaires de la Mauritius Duty Free Paradise Ltd ont été structurées. A partir de cette même époque, la société Frydu, avec une participation paritaire de Rakesh Gooljaury et de Nandanee Soornack, incorporée pour encaisser les commissions, fut remplacée par Wigan Holding, basée à Malte, avec pour principaux partenaires l’Irlandais Frank Gleeson et le Français Laurent Obadia, proches collaborateurs de Navin Ramgoolam.
En principe, jeudi, l’ancien CEO d’AML devait être interrogé Under Warning et confronté à ces preuves accablantes, même si de nombreux autres e-mails, considérés comme étant compromettants, auraient été déjà « deleted ». Mais le principal concerné avait déjà quitté le pays pour son nouveau pays d’adoption, le Canada, depuis le 15 juin de l’année dernière. L’un des recours possibles est d’émettre une Notice of Arrest on Arrival contre Serge Petit au cas où il décide de retourner à Maurice. En même temps, les enquêteurs du Central CID envisagent d’approfondir cet aspect de l’enquête pour constituer un dossier en vue d’émettre un mandat d’arrêt international et éventuellement une requête d’extradition sous la Legal Mutual Assistance au cas où il se confirme qu’il est parti s’installer au Canada comme ce fut le cas après les élections du 21 septembre 2000.
Cette affaire de commissions de 4% de la Mauritius Duty Free Paradise Ltd n’est pas l’unique controverse impliquant le duo Soornack/Gooljaury où Serge Petit est mêlé. Suite à des révélations en primeur de Week-End en janvier 2013 au sujet des faveurs accordées lors de l’allocation du contrat de restauration à Airway Coffee, l’ancien CEO d’AMI s’était évertué à accréditer la thèse que Nandanee Soornack n’était pas partie prenante de cette entité, ou encore avait des intérêts dans un quelconque business à l’aéroport. C’était lors d’un point de presse pour soi-disant rétablir les faits que l’allocation de ce contrat avait suivi les procédures. Mais en moins d’une journée, Serge Petit a dû se battre en retraite et se rétracter pour dire que Nandanee Soornack est une actionnaire d’Airway Coffee, pour ne pas dire la principale actionnaire.