Après Rashid Beebeejaun, qui s’était retiré comme leader adjoint du PTr en décembre dernier et qui a démissionné du PTr en début de semaine, c’est au tour de Sheila Bappoo, de se retirer définitivement du PTr et de la politique. C’est l’annonce faite par Nita Deerpalsing lors d’une conférence de presse de l’aile féminine du PTr hier. Une occasion pour la responsable de l’aile féminine des Rouges, de revenir sur l’affidavit juré par Simo Carevic et Michel Galet, impliquant les ministres Roshi Bhadain, Ravi Yerrigadoo et Pravind Jugnauth.
Plus de 40 ans après ses premiers pas en politique, Sheila Bappoo, qui a fait ses début au MMM, puis a rejoint le MSM et créé en 1995 le Rassemblement pour la République avec Rama Sithanen, avant de se joindre au PTr, quitte l’arène. Pour des raisons de santé, elle a décidé de prendre sa retraite de la politique et de quitter par la même occasion le PTr. C’est Nita Deerpalsing qui l’a annoncé hier, lors d’une conférence de presse, où il a aussi été question de la fameuse rencontre des trois VVIP MSM Roshi Bhadain, Ravi Yerrigadoo et Pravind Jugnauth à Kensington Palms, Quatre-Bornes, avec les deux hauts cadres de Dufry Michel Galet et Simo Carevic.
Tenant compte que les trois VVIP rejettent catégoriquement certains faits relatifs au déroulement de cette rencontre et des propos qui, selon l’affidavit juré par Simo Carevic et Michel Galet, auraient été tenus, dont ceux par Pravind Jugnauth à l’égard des femmes, Nita Deerpalsing estime qu' »une solution simple s’offre aux trois ministres ». Elle les invite ainsi « à jurer un affidavit à leur tour pour rassurer la population qu’ils n’ont pas tenu les propos que leur imputent les deux cadres de Dufry ». Nita Deerpalsing dit de même « faire confiance à ces ministres qui, elle pense, « ne mentiraient pas en jurant un affidavit ».
Abordant le discours du Premier ministre à l’occasion de la fête nationale, Nita Deerpalsing dit noter l’importance que SAJ accorde « au nettoyage du pays ». Elle dit cependant s’interroger sur les récentes nominations, sans appels d’offres, dont celle de Vijaya Sumputh au Cardiac Centre, de Chand Bhadain, père du ministre de la Bonne Gouvernance, à la BDM, ou encore de Prakash Maunthrooa en tant que Senior Advisor au Bureau du Premier ministre, entre autres, et se demande en quoi ces nominations approuvées par le Conseil des ministres démontrent le grand nettoyage enclenché par le gouvernement.
Nita Deerpalsing est aussi revenue sur la visite du Premier ministre indien à Maurice à l’occasion des célébrations de la fête nationale. Remerciant Narendra Modi pour avoir fait part de la « contribution » de sir Seewoosagur Ramgoolam dans l’avancement du pays, elle déplore le fait qu’aucune visite au samadhi de SSR ne figurait au programme. Pour la responsable de l’aile féminine du PTr, ce sont des raisons bassement politiques qui ont motivé le gouvernement pour changer le programme habituel des chefs d’État à Maurice.
Chapitre également évoqué par les membres du PTr Arvin Boolell, Patrick Assirvaden, Shakeel Mohamed et Anil Bachoo lors de leur rencontre jeudi après-midi avec le PM indien. Cette rencontre a cependant été l’occasion pour les membres du PTr d’évoquer la situation dans le pays et également l’importance des institutions démocratiques, avec le souhait qu’il n’y ait aucun délit à l’encontre des institutions, selon Arvin Boolell, qui a tenu à rappeler que Maurice est citée comme un exemple de démocratie dans le monde. Parmi d’autres sujets que les membres du PTr ont abordés avec le PM indien, celui des relations bilatérales entre les deux pays, dont dans le secteur des services, avec le traité de double taxation, entre autres.
Importance de la Journée internationale de la femme
La conférence de presse au Square Guy Rozemont, hier, a aussi été l’occasion pour Nita Deerpalsing de revenir sur les célébrations marquant la Journée internationale de la femme. Faisant ressortir que le PTr a procédé à un dépôt de gerbes auprès de la statue d’Anjalay Coopen à la Cour suprême, la responsable de l’aile féminine du PTr déplore que les autorités n’ont procédé à aucun geste du genre, ni colloque ou autre cérémonie pour rendre hommage à la femme. Elle a profité de l’occasion pour interpeller la population sur l’importance de cette fête, « qui n’est pas un anniversaire ou une fête banale. Bien au contraire ».
Chaque année, c’est une occasion, selon elle, de se rappeler de la lutte qui continue d’être menée pour reconnaître les droits des femmes. « Il existe un manque de conscience de la part de la ministre actuelle, mais aussi de celle d’avant et également de nombreuses personnes dans la population concernant cette journée que nous avons tendance à considérer comme une journée comme une autre », a-t-elle dit, appelant au « ressaisissement de la population et des autorités pour que cette Journée internationale de la femme soit reconnue et commémorée comme il se doit ».
Dans le même sillage, elle a profité de l’occasion pour que le prochain budget fasse « réellement la place au gender mainstreaming ». « Il ne faut pas que le mot femme ne soit qu’un token dans le budget. La femme doit être partie prenante et intégrante du budget », a-t-elle demandé, estimant qu’il est temps d’avoir par exemple un programme étoffé concernant le financial literacy de la femme.