À Maurice, dans le cadre de l’Africa Day, les musiciens de la Durban School of Music ont eu cette semaine des échanges avec plusieurs groupes locaux. Mercredi dernier, ils étaient au collège Père Laval, à Sainte-Croix, pour un moment de partage avec les étudiants. Une rencontre riche en découverte. Jeunes et adultes n’ont pas hésité à sortir leur portable pour mémoriser ce moment.
La venue à Maurice du jazz-band de la Durban School of Music est une initiative du Centre Nelson Mandela pour la Culture Africaine (CNMCA), en collaboration avec la haute commission sud-africaine. Outre la célébration de l’Africa Day, observée le 25 mai, cet échange musical marque la troisième activité de la décennie des personnes d’ascendance africaine organisée par le centre. « C’est une manière pour nous de valoriser cette musique, qui est un mélange de jazz et de sons africains et, en même temps, de favoriser des échanges entre les personnes d’ascendance africaine », explique  Jimmy Harmon, directeur du CNMCA.
Les musiciens sud-africains ont ainsi eu des rencontres avec des chorales, des habitants de Richelieu et des musiciens du Police Band, entre autres. Mercredi dernier, ils étaient au collège Père Laval, à Sainte-Croix, dans une ambiance survoltée. Passant notamment de Final Countdown à Patapata, la section cuivre du “band” a livré une belle prestation devant les jeunes et leurs enseignants, tous en admiration. Certains n’ont d’ailleurs pas hésité à sortir leurs portables pour filmer ce moment précieux. Un des moments forts du spectacle a été l’instant où les musiciens ont délaissé leurs instruments pour esquisser quelques pas de danse africaine. Des filles du Collège Notre Dame, se trouvant au premier rang, ont été invitées à se joindre à eux, à leur grande surprise. En effet, outre les garçons du collège Père Laval, ceux de Saint Esprit Rivière Noire et les filles de Notre Dame et du BPS étaient aussi de la fête.
Kim Matthews, directrice de la Durban School of Music, confiera toute sa joie d’être à Maurice pour cet événement. Cette dernière, qui a vécu pendant de nombreuses années chez nous, avait même des projets de collaboration avec l’Atelier Mo’Zar avant le décès prématuré de José Thérèse. Mais elle souhaite que le projet puisse se concrétiser tout de même.
Il faut savoir que cette école sud-africaine a des similarités avec celle fondée par feu José Thérèse. En effet, sur les 500 places à la Durban School of Music, « nous nous assurons que 350 reviennent à des enfants dans des situations difficiles ». Et d’ajouter : « Nous accueillons des orphelins, des enfants séropositifs et beaucoup d’autres problèmes. En leur apprenant la musique, nous voulons les aider à développer un talent qui les aidera pour la vie. À travers la musique, ils apprennent aussi la discipline Les jeunes hommes, qui constituent d’ailleurs le jazz-band, sont chez nous depuis qu’ils étaient enfant. Aujourd’hui, ils sont profs de musique à l’école. »
Ces enfants nécessiteux ont ainsi droit à un instrument de musique, à des cours gratuits ainsi qu’à un accompagnement pour leur développement. « Ils prennent part aux examens de la  Royal School of Music. Donc, ils ont aussi un objectif à atteindre. » Cette année, l’école présentera également un enfant aveugle à ces mêmes examens. Kim Matthews souhaite voir plus d’échanges culturels entre Maurice et l’Afrique du Sud afin de pouvoir partager cette expérience avec les Mauriciens. Mais pour la présente expérience, le CNMCA a dû se débrouiller avec les moyens du bord pour accueillir un tel événement. Jimmy Harmon se dit toutefois « satisfait d’avoir atteint nos objectifs, avec nos moyens ».