Le volet du Mauritius Systematic Country Diagnostic de la Banque Mondiale consacré à la gestion des State Owned Enterprises (SOEs) est très critique quant au poids de la Political Patronage and Loyalty qui y prévaut. Les corps parapublics absorbent en moyenne des ressources financières de l’ordre de 3% du Produit intérieur Brut (PIB) annuellement. « SOEs absorb too many resources, pose fiscal risks, and are too costly in their provision of public Services »,  note le rapport. En tout cas, l’installation de Lalyans Lepep à la tête de l’Hôtel du gouvernement au lendemain des élections générales du 10 décembre de l’année avec son cortège de nominations politiques à tous les niveaux ne fait nullement exception à la règle. D’autre part, sur le plan macro-économique, la Banque Mondiale met l’accent sur l’importance et l’urgence de la mise en application des Policy Decisions en vue d’éviter le risque d’un New Mediocrity Scenario pour le pays avec un taux de croissance ne dépassant nullement la moyenne des 3,4% de ces dernières années. La détérioration se traduira par une hausse du chômage, d’autant plus qu’avec les problèmes rencontrés par Star Knitwear, de graves menaces pèsent sur quelque 1 400 emplois. Dans la conjoncture, la question qui est posée est si l’Expression of Interest parviendrait à sauver quelque 1 400 emplois et une unité capable de produire 15 millions de pièces de textile annuellement.
L’analyse de la Banque mondiale sur l’importance et l’efficience des corps para-étatiques aurait dû être un Eye-Opener pour les nouveaux dirigeants du pays. Mark Lundell, Country Director pour Maurice, ne va pas de main morte pour décrire les grands maux de ces SOEs et met l’accent sur la nécessité que « accelerating the pace of SOE governance reforms would play a critical role in raising SOE accountability ». A ce chapitre, le document, qui devra servir de base au Country Partnership Framework entre la Banque mondiale et Maurice pour les cinq à sept ans à venir, fait un véritable plaidoyer pour un Rethinking du processus des nominations à des postes stratégiques au sein de ces corps parapublics.
« Senior managerial positions, including the nomination of decision makers and many board members in SOEs, are strongly linked to political patronage and loyalty rather than the business experience, capability, and integrity », souligne la Banque Mondiale, qui met l’accent sur le fait que la formule de nomination politique constitue de « serious barriers to the intended objective of inclusive and sustainable growth ».
La Banque mondiale ne passe pas par quatre chemins pour réclamer que « efficiency can be enhanced by putting in place measures to empower SOE boards of directors by nominating the most qualified and appropriate individuals as directors. »  Elle regrette également que les dispositions de la loi permettent au « supervising minister to appoint the chair and other directors, which often results in political appointees with inadequate skills and creates conflicting roles for both monitoring and decision making roles ».
La restructuration des corps parapublics passe également par la mise en place de « corporate objectives anchored in laws, regulations, or cabinet decisions or through performance contracts disclosed to the public ». Un renforcement de la supervision de ces SOEs s’inscrit dans cette même logique car « oversight capacity, currently spread between OPSG, MoFED and sector ministries, needs to be strengthened technically and politically to effectively supervise and monitor SOE performance in order to help promote accountability, transparency and fiscal discipline as well as assist in determining areas for operational and/or financial restructuring ».
Quatre risques majeurs
La réforme des corps parapublics est une nécessité en raison du fait que « financial risks emanating from SOEs may negatively impact government finances ». Quatre risques majeurs sont identifiés, dont l’incapacité de ces unités de couvrir leurs frais opérationnels en raison de la « policy for fee and price setting of goods and services », les Projects Cost Overruns, qui avaient atteint 6,4% du PIB en 2013, le grave problème du Servicing des dettes contractées par les SOEs, ou encore les arriérés dans le sillage de « hidden subsidy schemes, unexpected changes in foreign currency debt, potential impact of adverse changes in interest rates, risky hedging strategies against some of these risks, or political economy constraints » et la garantie de l’Etat sur les emprunts contractés.
Dans la conjoncture, l’adoption de Major Policy Decisions sur le plan macroécomique constitue une préoccupation. L’ambition déclarée de Maurice est d’assurer un décollage de la croissance des 3,4% de 2014 à 4% en 2018. « However, these projections are highly dependent on policy decisions to unlock supply-side constraints, accelerate productivity gains, and sustain income growth. In many instances in the recent past, this has not been the case », concède la Banque mondiale, qui brandit le spectre d’un New Mediocrity Secnario si le programme de réformes n’est pas mis en chantier.
« If policy decisions are further postponed it may result in a ‘new mediocrity’ scenario, where private consumption is 2 percent points below current projections and unable to support annual economic growth beyond the current 3.4 percent », prévient la Banque mondiale s’appesantissant sur l’accélération de « key reforms to improve education and skills and boost productivity in the long run ».
D’ici 2017, une augmentation des investissements publics d’un pour cent du PIB annuellement pour débloquer les Bottlenecks dans les secteurs de l’eau et de l’électricité est une option envisageable. « Further acceleration of infrastructure development will be difficult to sustain within the existing public sector capacity and available fiscal space to meet the 2018 debt threshold », reconnaît la Banque mondiale.
Toujours au chapitre de la dette publique, des appréhensions sont exprimées par rapport à la possibilité de descendre à hauteur de 50% du PIB en 2018. Jusqu’ici, cette progression a évolué en dents de scie en raison da la crise avec les Stimulus Packages de 2009 et de 2010. Dans un premier temps, soit de juin 2005 à 2008, le taux d’endettement a été réduit de 69% à 52%.
Mais, depuis, les perspectives ne sont guère brillantes avec le taux remontant à 60% en 2009 et des coupes budgétaires nécessaires pour se remettre sur les rails. « In view of the low tax strategy of the country, reductions in overall spending relative to GDP are needed to achieve a 50 percent to GDP public debt reduction by 2018. This will require the acceleration of fiscal consolidation efforts after the limited progress achieved recently », recommande de manière catégorique la Banque mondiale.