Au sein de l’écurie Merven, on continue d’y croire. La réussite de Liquid Motion, son nouveau crack de circonstance, dans l’épreuve phare samedi dernier, qui constituait sa troisième victoire de Groupe, permet à cet établisssement de garder contact avec le leader sur lequel il ne compte qu’un peu plus de Rs 675 000 de retard. Malchanceux dans les trois premières épreuves classiques, Patrick Merven espère conjurer le mauvais sort dans la Coupe d’Or et soulever son premier trophée consacrant la meilleure écurie de l’année.
Patrick Merven, en remportant sa troisième course de Groupe et une cinquième victoire sur notre turf, votre protégé Liquid Motion confirme qu’il demeure une bonne acquisition …
Liquid Motion n’est plus considéré une bonne acquisition, mais comme une excellente acquisition. Au départ, ce n’est pas un coursier avec lequel on s’attendait à remporter cinq victoires et encore moins la Princess Margaret Cup et la Colonel Draper Cup. Aujourd’hui il a gagné chez l’élite et prouve être un excellent achat.
Quelles chances lui accordiez-vous dans cette épreuve où il portait le top weight de 61kg ?
On y croyait, mais on était inquiet surtout par rapport à sa ligne extérieure. Personnellement, j’ai toujours cru en ses chances, que ce soit samedi dernier ou dans la Princess Margaret Cup, car c’est un coursier que j’aime beaucoup. Il n’est pas difficile à entraîner ou à monter en course, et donne toujours le meilleur de lui-même. Cependant, il n’était pas une première chance face à ses adversaires du jour. Du reste, il n’était pas le favori de la course comme en témoignait sa cote.
Comment expliquez-vous le choix de Cédric Ségeon qui est le jockey attitré de l’écurie pour Meadow Magic au détriment de Liquid Motion ?
Sur papier, Meadow Magic est un meilleur cheval. Il nous est venu avec un palmarès plus étoffé. Du reste, il a débuté directement à ce niveau, tandis que Liquid Motion a remporté sa première victoire sur notre hippodrome en C4. Samedi dernier, Meadow Magic avait hérité d’une meilleure ligne et c’est un peu dans ce sens là que Cédric l’a choisi. Maintenant, Meadow Magic avait manqué d’une course. Il avait probablement besoin de compétition. Le choix de Cédric était difficile, mais à un moment, il devait prendre une décision. Je tiens à faire ressortir que son cheval boitait bas en rentrant. Peut-être que s’il n’avait pas ressenti de gêne, il aurait pu terminer plus près.
Lequel de ces deux chevaux est le meilleur à votre avis ?
Difficile à dire qui est le meilleur des deux actuellement. Liquid Motion a réussi un joli parcours pour aujourd’hui évoluer chez l’élite. Meadow Magic ne nous a pas vraiment déçu samedi vu qu’il est rentré boitant bas. Donc, on se sait jusqu’où il est capable d’aller réellement. Avec une course dans les jambes, il devrait nous montrer un meilleur visage.
Avec 34 gagnants après 31 journées, êtes-vous satisfait de votre bilan ?
Oui, évidemment. Mais 2012 a aussi été une très bonne saison. On y avait enregistré trente-quatre victoires, soit le même nombre qu’aujourd’hui après trente-et-une journées. Donc, on peut avancer que cette année on a fait encore mieux. Cette année, on n’a pas eu beaucoup de périodes creuses comme cela a été le cas dans le passé. Cela vient surtout du fait qu’on a plus de chevaux. Donc, cela nous donne la possibilité de faire la rotation de notre effectif. On est quand même resté deux semaines sans succès avant la victoire de Liquid Motion. Maintenant, cela dépend comment on va finir, car il nous reste encore sept journées. Si la belle série continue, il ne fait pas de doute que 2013 sera notre meilleure saison de tous les temps.
Un effectif de 51 chevaux, ce n’est pas difficile à gérer ?
Il faut avoir une bonne organisation lorsque vous avez autant de chevaux à entraîner. J’ai la chance d’avoir une bonne équipe où chacun sait ce qu’il a à faire. Il y a un bon suivi du travail quotidiennement et cela me facilite la tâche. Pour ma part, je trouve qu’il vaut mieux avoir une grosse écurie que posséder trop peu de chevaux et de n’avoir qu’un seul partant par semaine. J’en ai déjà fait l’expérience et je sais de quoi je parle.
Comptez-vous maintenir votre effectif au même niveau la saison prochaine ?
Logiquement, on devrait garder le même effectif en terme de quantité, soit 48 à 50 coursiers. Mais tout dépendra des nouvelles écuries et comment cela se passera au niveau de leurs effectifs. A ce moment-là, on avisera.
Justement, comment accueillez-vous l’éventuelle création de nouvelles écuries ?
Personellement, je n’ai pas d’état d’âme à ce sujet. Maintenant, il faut voir dans quel contexte l’implantation de ces nouveaux établissements va se faire. Il y a des détails importants qu’il faut éclaircir comme par exemple l’allocation des box. Il ne faut pas que les écuries existantes soient pénalisées, car nous avons déjà un nombre limité de box à notre disposition. Si la création de nouvelles écuries ne nous pénalise pas, cela ne posera pas de problème. Au contraire, cela pourrait rendre la compétition plus attrayante.
Les plus avisés vous diront que le titre se joue souvent dans les grandes courses. Or, vous n’avez pas eu beaucoup de chances à ce niveau, surtout dans les classiques…
Il faut avoir de la chance et les chevaux pour, surtout dans les grandes courses, si on veut prétendre au titre. C’est probablement une de nos faiblesses. Heureusement, Liquid Motion nous a tiré d’affaires avec ses trois victoires de Groupe. Nous n’avons pas été chanceux dans la Duchesse et nous n’avons pas eu de représentant dans les deux autres classiques du calendrier. Cela a certainement joué contre nous pour le championnat. On espère se réhabiliter dans la Coupe d’Or où on aura en principe deux partants, en l’occurrence, Meadow Magic et Liquid Motion.
Aurez-vous plus de partants classiques la saison prochaine ?
Vous savez, ce n’est pas la volonté des propriétaires qui est mise en cause. Ils ont tout fait ces dernières années en investissant dans des chevaux de classe, mais on n’a pas été chanceux. Je vous citerai Sharks Bay, Super Storm qui n’ont pu confirmer leur réputation sud-africaine ou encore Meadow Magic qui a connu des ennuis de santé à son arrivée chez nous. Donc, ce n’est pas une question d’investissements. Les propriétaires sont très enthousiastes pour l’achat de bons éléments et je les remercie pour cela. Tout comme moi, ils veulent à tout prix avoir de bons chevaux pour les grandes courses, mais jusqu’à présent, la chance n’a pas été de notre coté.
A sept journées régulières de la fin de la saison l’écurie Merven est-elle toujours dans la course au titre ?
Ce sera très difficile, mais on s’accroche. On va tout faire pour remporter de maximum de victoires et s’assurer d’un podium.