Des principes qui guident le comportement et motivent les actions de l’être humain vers le bien commun du pays. Des valeurs civiques. C’est l’essentiel de l’enseignement de l’École des Valeurs humaines qui célèbre cette année ses 15 ans d’existence.
« L’école doit renforcer et compléter l’éducation aux valeurs reçue des parents », écrit Marcel Chapeleau, un des membres fondateurs de l’École des Valeurs humaines (EVH) dans la préface des manuels des valeurs humaines. Implémenté dans les écoles confessionnelles et destiné à tous les élèves indépendamment de leurs confessions, l’enseignement de cette matière se veut un outil capital pour la vie. « C’est une matière qui ne compte pas pour les examens du HSC mais pour la vie ! », fait ressortir Marcel Chapeleau.
Motivés par le souci d’une éducation intégrale, Jean-Noël Adolphe, autre membre fondateur, ainsi que les enseignants qu’il rencontrait à l’époque – Audrey Lassémillante, Bertha Wan, Lindsay Thomas et Marcel Chapeleau – décident de concrétiser avec la fondation de l’EVH en 1998.
Les valeurs, pour l’EVH, sont des principes universels de la vie. Respect de soi, des autres, de l’autorité, de l’environnement ; respect de toute conviction ; intégrité ; coopération ; amour ; responsabilité, droits et devoirs ; paix ; liberté ; bonheur ; tolérance ; simplicité ; humilité et unité sont les valeurs enseignées. Ont été privilégiées, l’éducation au développement personnel du jeune et l’éducation citoyenne. « Apprendre à faire des choix responsables et agir d’une façon juste. » Et, les divers sujets à aborder avec les collégiens ont été répartis selon l’âge et le niveau psychologique des collégiens. « Les sujets ont été déployés selon un ordre cohérent au long de chaque année du secondaire : la connaissance de soi et celle des autres, puis la compréhension de l’éthique et des valeurs, l’éducation citoyenne et l’interprétation des faits et des influences en vue d’agir pour le bien et le bien commun. »
Si l’école est née au sein de l’éducation catholique, les manuels s’adressent aux jeunes de toutes confessions. Les enseignants eux mêmes sont représentatifs des diverses cultures présentes à Maurice. « Nous avons toujours été respectueux des religions et des cultures. On nous dit souvent : “Vous êtes universalistes non seulement parce que vous le dites mais parce que vous le vivez et le rendez visible”. Et, les programmes tiennent compte avec objectivité de notre interculturalité. »
Selon l’EVH, le programme apprend aux jeunes à observer, chercher, s’exprimer, intérioriser, interpréter et agir.
« J’ai connu quelqu’un qui, à l’école, voulait être performant. Il a réussi ses examens. Il a eu un poste de direction. Il misait beaucoup d’argent aux jeux. Il gagnait. Il perdait. Il a misé beaucoup. Il a misé trop. Il s’est endetté. Il ne savait plus où il allait. Il n’avait pas bâti sa vie sur le roc des valeurs », écrit encore Marcel Chapeleau dans sa préface. Selon lui, « l’école doit aider à réussir les examens et à réussir sa vie, en développant l’amour de la vie, dans l’humilité et l’intégrité, dans le respect de l’autre ».
À quel point cet enseignement s’est-il révélé efficace chez les jeunes qui ont bénéficié de ce cours depuis les quinze ans d’enseignement ? « Dans les collèges privés, cette matière est enseignée à raison de deux à trois périodes par semaine. Il y a un capital d’intérêt très fort chez les élèves et les enseignants. D’après les échos que j’ai eus, il y a une croissance dans la demande de la part des enseignants et des parents » selon M. Chapeleau.