Tous les enfants ont droit à l’éducation quels qu’ils soient. C’est la cause pour laquelle se battent actuellement nombreuses organisations non gouvernementales (ONG), faisant appel à la responsabilité du gouvernement et des autorités concernées, en l’occurrence le ministère de l’Éducation.
Les parents d’élèves des écoles de l’APEIM (Association de Parents d’Enfants Inadaptés de l’Ile Maurice) ont organisé une marche pacifique mercredi dernier à Port-Louis pour faire part de leur désapprobation quant à la fermeture de leurs écoles, qui serait dû à une insuffisance financière. L’APEIM demande une subvention plus élevée que celle qu’elle reçoit actuellement, notamment de l’harmoniser avec celle allouée aux enfants des écoles normales. Quelques ONG s’étaient également joints à leur action, notamment Amour Sans Frontière, Rêve et Espoir ou encore Friends in Hope, entre autres.
Par ailleurs, les 38 ONG engagées dans l’éducation des enfants handicapés ont été conviées, jeudi dernier, à rencontrer le ministre de l’Education, Vasant Bunwaree pour un forum-débat à l’auditorium du MITD pour discuter des problèmes rencontrés par les ONG afin d’amener des propositions et des solutions. Les représentants des ONG ont adressé plusieurs doléances au ministre de tutelle, qui s’est montré attentif et disposé à trouver des solutions.
Si les ONG se disent être «dans le même bateau que l’APEIM» et sont solidaires de la cause de cette association, elles sont peu nombreuses à s’être jointes à la marche pacifique des parents d’élèves de l’APEIM la semaine dernière. Quelques employés de la Mauritus Mental Health Association (MMHA) y ont participé. Mais pour eux, la demande d’aide financière est spécifique à chaque organisation. «On insiste sur le fait qu’on veut que le gouvernement couvre les frais des salaires des employés. S’il ne le fait pas, on sera probablement obligé de mettre la clé sous le paillasson d’ici à l’année prochaine», indique Paula Atchia, présidente de la MMHA. «Le montant de la subvention n’atteint même pas les 40% de la totalité des frais. On ne demande pas de hausser la subvention, mais de prendre en charge le salaire des employés, leur permettant d’avoir un revenu décent, et de leur fournir des formations», avance-t-elle.
Case to case basis
Les représentants de l’Association des Parents d’Enfants aux Besoins Spécifiques (APEBS) se disent chanceux de bénéficier du CSR et du NGO Trust Fund. Cependant, les fonds pour assurer les services sont pour l’APEBS limités. Leckraz Burton, président de l’association, soutient également qu’il faut considérer la question de subvention selon un «case to case basis car les exigences sont différentes.» Il se dit aussi patient. «Après cette rencontre de jeudi, j’ai de l’espoir que des solutions seront trouvées car les autorités sont maintenant au courant de la situation.» Il ajoute qu’»on ne veut pas utiliser les enfants handicapés pour demander de l’argent.»
Les griefs de Rita Venkatasamy, directrice du Centre d’Éducation et de Développement pour les Enfants Mauriciens (CEDEM), portent sur l’accessibilité pour les handicapés. «Le transport demeure un souci majeur, principalement pour les familles pauvres qui ne peuvent envoyer leurs enfants handicapés dans des écoles spécialisées à cause du coût trop élevé du transport.» Elle dit également soutenir l’APEIM, car le problème financier est commun à toutes les ONG, mais que «mettre tout le personnel dans une marche n’est pas notre priorité.» Le CEDEM, rappelle-t-elle, a accueilli les enfants de l’ex-Foyer Namasté et «une ONG a ses limites. Elle ne peut pas être partout, il y a des choix à faire.» Elle soutient qu’il y a eu une progression par rapport à l’éducation spécialisée. «Le combat avance certes à petits pas, mais il avance quand même. Mais parler constamment n’apporte pas forcément des résultats.»