Presque 75 jours après avoir vu son nom inclus dans la liste rouge des Notices on Departures du Passport and Immigration Office avec l’écroulement de l’empire Rawat, Adeela Rawat-Feistritzer, directrice de Seaton Investment, holding du groupe BA Investment, et aussi connue dans le groupe comme la Seven-Million Dollar Woman, connaîtra la fin du suspense. Sa convocation pour interrogatoire Under Warning par les limiers du Central CID sous la supervision de l’assistant commissaire de police Heman Jangi est annoncée pour lundi prochain.
Techniquement, Adeela Rawat-Fiestritzer devra subir le même parcours que celui de sa soeur, Laina Rawat, l’épouse de Brian Burns, l’ancien Chief Executive Officer d’Iframac, avec à la clé trois charges provisoires dans la BAI Mega-Financial Scam avec le détournement de plus de Rs 6 milliards entre 2010 et 2015 au préjudice des entités du groupe BAI. Entre-temps, la National Property Fund Ltd enclenchera lundi la seconde étape du remboursement des clients du Super Cash Back Gold de la BAI Co (Mtius) Ltd ayant souscrit des placements de plus de Rs 500 000 par police d’assurance. Cette opération nécessitera des déboursements d’un maximum de Rs 3,9 milliards sans compter les Zero-Coupon Debentures pour satisfaire les victimes de l’arnaque de Dawood Rawat.
À la fin de la semaine, des sources bien informées laissaient entendre que le rendez-vous d’Adeela Rawat-Fiestritzer pour son grand oral au Central CID était fixé pour le début de la semaine. À moins d’un contretemps majeur de dernière heure, elle devra se pointer dans la matinée de lundi à la petite porte des Casernes centrales en compagnie de ses conseils légaux. Très probablement avec la présence chaperonnante de Me Gavin Glover, Senior Counsel.
La teneur de l’interrogatoire que subira la directrice de Seaton Investment, l’un des plus importants maillons du conglomérat BAI, ne devrait nullement être une surprise pour Adeela Rawat. Sa soeur Laina Rawat est déjà passée par cet exercice en récoltant trois charges provisoires. En effet, la cinquantaine de questions qui lui seront posées par les enquêteurs du Central CID seront axées sur le détournement et blanchiment de plus de Rs 6 milliards au préjudice des « investors of Iframac Ltd and Bramer Asset Management Ltd and policy holders of BAI Co (Mtius) Ltd and other groups of companies by engaging in different transactions involving the said money, representing, in whole or in part, directly or indirectly, the proceeds of crime » au cours de ces cinq dernières années.
Pour le délit de Conspiracy sous l’article 109 de la Criminal Code Supplementary Act, Adeela Rawat, dont le Take Home Pay Packet, après déduction du Pay As You Earn (PAYE) était de Rs 878 313 en décembre dernier, devra répondre d’une entente délictueuse avec le Chief Executive Officer de la BAI Co (Mtius) Ltd, Oumeshsiongh (Rishi) Sookdawoor, Claudio Fiestritzer, son époux et d’autres responsables du groupe BAI assurant le contrôle d’Iframac Ltd, de Bramer Asset Management Ltd BAI Co (Mtius) Ltd, Seaton Invesment Limited « and other groups of companies to fraudulently take over Rs 6 billion in different transactions to the prejudice of investors and policy holdersof BAI Co (Mtius) Ltd ».
Un premier mandat d’arrêt
Sur la base des différentes transactions à partir de ses comptes bancaires répertoriées à ce jour, Adeela Rawat est accusée d’avoir « transferred and/or wired into the personal account of Dawood Rawat and his close relatives locally and abroad through Bramer Banking Corporation Ltd ». De ce fait, il n’est pas exclu que cette suspecte soit inculpée sous les mêmes trois charges que Laina Rawat au terme de son interrogatoire en début de semaine.
Après l’étape de lundi, le Central CID devra se pencher sur les moyens à être déployés en vue de consigner la version des faits du Chairman Emeritus de la BAI, Dawood Rawat, qui se cache actuellement en France. Un premier mandat d’arrêt a déjà été émis par le magistrat Alvin Joypaul, siégeant au tribunal de Port-Louis avec les autorités compétentes établissant des contacts avec la France en vue de trancher le noeud gordien du rapatriement forcé de l’homme d’affaires Wanted à Maurice pour le détournement et le blanchiment de plus de Rs 6 milliards, représentant la contribution des assurances des clients de BAI Co (Mtius) Ltd.
D’autre part, toujours à partir de lundi, la National Property Fund Ltd entamera la seconde partie de l’exercice de remboursement aux victimes du Super Cash Back Gold ayant investi plus de Rs 500 000, soit 7 846 clients potentiels avec 12 689 polices d’assurance pour un montant de Rs 3,9 milliards. Peu importe le montant investi, ces victimes de l’arnaque BAI ne seront remboursés que la somme de Rs 500 000 au maximum tout en bénéficiant des Zero-Coupon Debentures pour un montant de Rs 12,6 milliards, arrivant à terme le 30 juin de chaque année entre juin 2016 et juin 2020.
Pour pouvoir bénéficier de ces remboursements, les concernés devront se rendre par ordre alphabétique dans les différentes branches de BAI à travers l’île pour le processus de vérification, soit les lettres A et B lundi, C et D mardi et jusqu’au mercredi 17 juin pour les noms commençant par les lettres U à Z. La National Property Fund Ltd souligne que « tous codétenteurs d’une police doivent se présenter en personne » et que « les institutions financières détentrice d’un gage sur les polices susmentionnées seront priées de remplir un formulaire. Les obligations ne seront pas émises aux détenteurs éligibles de ces polices. Celles-ci seront émises aux institutions financières ».
Le paiement de ces Rs 3,9 milliards et la remise des cinq tranches d’un montant égal sous forme de Zero-Coupon Debentures devront se faire le 30 juin au terme d’une décision du conseil des ministres suite à l’éclatement du Ponzi Scheme de la BAI.