Les syndiqués de la Confédération des travailleurs des secteurs privé et public (CTSP) ont organisé à midi aujourd’hui trois manifestations éclair surprises, à savoir devant l’Hôtel du gouvernement, au Jardin de la Compagnie et devant le ministère du Travail, et ce en dépit de la Public Gathering Act, qui interdit toute manifestation publique le jour d’une séance de l’Assemblée nationale. Ils protestaient contre les tactiques dilatoires du gouvernement qui retarde la publication des amendements à l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act, les deux lois du travail que la centrale syndicale juge « anti-travailleurs ». Les protestataires s’élèvent contre le projet du gouvernement de faire circuler un White Paper sur cette question.
« Pa kapav fer otreman ki manifester, mem si Public Gathering Act anpes nou. Gouverman pe amenn travayer an bato dan sa pei-la », s’indigne le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo. En effet, la section 3 de la Public Gathering Act stipule qu’il faut « avertir le Commissaire de police sept jours avant la tenue de toute manifestation » et la Section 8 interdit « toute manifestation le jour où siège l’Assemblée nationale ». Reeaz Chuttoo explique que le gouvernement avait demandé aux syndicats de lui soumettre des propositions d’amendements à l’Employment Rights Act et à l’Employment Relations Act. « C’est ce que nous avons fait avant la date limite, soit mars 2016 ».
Le syndicaliste ajoute qu’en décembre dernier, ils ont appris que le gouvernement a mis sur pied un comité de 12 ministres pour examiner les propositions soumises. « Mais jamais les employeurs n’ont jusqu’ici soumis leurs propositions. Voilà que maintenant, nous apprenons que le gouvernement se propose de faire circuler un White Paper sur toute la question », indique-t-il, avant d’ajouter : « Sa komite-la zame finn zwenn platform sindikal pou diskite. Azordi gouvernman pe zwe sove ar travayer ek pe vinn ek enn White Paper lor lalwa travay. Avec un White Paper les employeurs auront tout le loisir de faire pression pour enlever tout ce qui serait en faveur des employés du secteur privé. Tandis que cela sera beaucoup plus difficile de le faire après avoir été mis devant le fait accompli avec un Bill. »
« De zan e demi inn passe, travayer ankor pe atann kan lalwa travay pou sanze », déplore pour sa part la secrétaire de la CTSP, Jane Ragoo. « Lallians Lepep pe ranpli vant travayer ek promes depi de zan e demi ! Travayer pe kontinn soufer… Narnye gouvernman pa finn fer. » Selon elle, en juin 2013, l’ancien ministre du Travail, Shakeel Mohamed, avait amendé « la lwa travay pou permet patron met travayer deor atraver komite disipliner, san bizin pey enn sou travayer ». Aujourd’hui, poursuit-elle, des dizaines de travailleurs sont mis à pied quotidiennement, sans recevoir d’indemnisation. « Rezilta, par milie travayer, lao 57 an, inn deor ek patron pa finn bizin pey lump sum retret. De mem, travayer pe mor dan travay, me lalwa kontinn protez patron. Dan bokou sekter, travayer pe sibir zel saler ek zordi patron santi zot si pwisan ki zot refiz fer negosiasion saler bien souvan », s’offusque-t-elle.
« Nous exhortons les travailleurs à se mobiliser et ne pas attendre d’être licenciés pour se révolter », lance la syndicaliste.