Dans sa lutte pour des lois du travail en faveur des travailleurs mauriciens, la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), du tandem Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, bénéficie du soutien de l’IndustriAll Global Union, une confédération mondiale syndicale, représentant 50 millions de travailleurs des secteurs miniers, de l’énergie et de la manufacture dans 140 pays.
« Avec ce soutien que nous donne l’IndustriAll Global Union, notre campagne pour des lois du travail plus justes et équitables prend une dimension internationale. Les 600 000 travailleurs de Maurice doivent comprendre qu’ils ne sont pas seuls dans leur lutte pour de meilleurs salaires et autres conditions de service. Ils bénéficient du soutien de quelque 50 millions de leurs camarades répartis dans 140 pays, tous regroupés au sein de cette confédération syndicale mondiale », affirment Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo.
« Si nous pouvons nous féliciter que le gouvernement ait accepté 25 de nos 45 propositions, nous déplorons que les questions fondamentales pour combattre le travail précaire et promouvoir la sécurité d’emploi ainsi que celle touchant au droit de grève aient été complètement ignorées », ajoutent-ils.
Dans une lettre au ministre du Travail Shakeel Mohamed en date du 10 avril dernier, le Secrétaire général de l’IndustriAll Global Union, Jyrki Raina, déplore que le gouvernement mauricien « encourage precarious work, for example, employers need not provide justification for firing a worker and the fine for not contributing to the National Saving Fund is not punitive. »
Jyrki Raina dit avoir noté que le gouvernement a accepté 25 des 45 propositions de la Platform kont lalwa travay anti-travayer, lors de la récente adoption à l’Assemblée nationale des amendements à l’Employment Rights Act (ERiA) et l’Employment Relations Act (EReA). « Cependant, nous soutenons la demande de notre affiliée (la CTSP) auprès de vous de faire adopter ses 20 propositions restantes car plusieurs d’entre elles ont trait à des droits fondamentaux comme la protection contre les licenciements abusifs, le nombre illimité d’heures de travail par jour, la nécessité de payer une indemnité de licenciement (Severance Allowance), le droit des syndicats de réclamer un arbitrage et le droit de grève sans l’ingérence du gouvernement, entre autres », précise-t-il.
Le Secrétaire général de l’IndustriAll Global Union, par conséquent, « strongly call on your government to engage organised labour on the proposed amendments with respect for the democratic process ». Pour Jyrki Raina, cela implique que le ministère du Travail s’organise pour donner l’occasion aux syndicats de consulter leurs membres afin que ces derniers puissent comprendre et analyser les conséquences de ces amendements sur leurs conditions de travail, et donner le mandat nécessaire à leurs syndicats respectifs pour défendre leur cause.
L’IndustriAll Global Union encourage également le gouvernement mauricien à s’engager avec ses partenaires sociaux dans le dialogue social pour trouver des solutions comme celle de l’introduction du Portable Severance Allowance Fund, la détermination d’un salaire minimum social en ligne avec le Programme national de Travail Décent.