À l'étranger, le métier de technicien en environnement est en plein essor

Pas facile pour nos jeunes, à la sortie des études, de choisir “la” filière idéale. Si une bonne partie d’entre eux sont toujours friands de ces “métiers qui rapportent”, d’autres, en revanche, optent pour des jobs plus en accord avec la dure réalité de ces heures sombres pour l’environnement.

Et si, demain, je choisissais un “métier vert” ? La question mérite en tout cas d’être posée, alors que le monde s’est inexorablement engagé dans le réchauffement climatique. La protection de l’environnement étant désormais “l’affaire de tous”, la tentation de mettre ses compétences au service du climat se fait de plus en plus grande. Car si on exclut la question purement pécuniaire, qui, en effet, ne rêve pas de se lever le matin en pensant que son métier a un sens, un but, au-delà donc du simple salaire ?

Il faut dire que la pression s’ajoute à celle de l’école, du collège ou du lycée. Dès nos 10 ou 12 ans, on demande d’ailleurs déjà aux enfants ce qu’ils veulent faire comme métier plus tard, quelle filière ou quelle formation ils veulent suivre… En résumé, ce qu’est leur rêve ! Ce qui peut s’avérer difficile à cet âge, où on ne comprend pas toujours le métier que font nos parents. Alors, forcément, à ce moment-là, on rêve de devenir footballeur professionnel, danseuse étoile ou astronaute. Et on pense moins aux métiers liés à l’environnement. Pourquoi ? Parce qu’on ne connaît pas, parce qu’on ne sait pas ce que c’est, parce qu’on n’imagine pas qu’on peut à la fois faire un métier qu’on aime et sauver la planète (rien que ça !).

Découvrir sa vocation n’est pas une mince affaire, mais peu d’enfants, en tout cas, se font présenter toute l’étendue des métiers verts et des secteurs qui recrutent le plus en cette matière. Pourtant, ces métiers ne sont pas si nouveaux que ça. Ainsi, il y a environ 50 ans, nous avons pris conscience que notre mode de vie pouvait avoir des conséquences négatives sur l’environnement. Nous avons commencé à réfléchir sur tout ce qui pouvait poser problème pour les animaux, la nature, la santé humaine, etc. Si on était encore loin d’imaginer les conséquences – et même tout simplement l’existence – du réchauffement climatique, l’écologie, elle, était déjà bien ancrée dans nos réflexions.

Engagement progressif.

Avec le temps, de plus en plus de collectivités se sont alors engagées. Dans les entreprises, un nouveau domaine d’activité est né, la RSE (pour “Responsabilité sociale et environnementale”), avec comme objectif de diminuer les impacts environnementaux de leurs activités. Certains métiers ont alors évolué pour mieux observer les problèmes écologiques et trouver des solutions. Par exemple, des juristes ont suivi des formations pour se spécialiser dans le droit de l’environnement pendant que des agriculteurs de plus en plus nombreux se sont convertis dans l’agriculture biologique.

Quelques nouveaux métiers sont apparus depuis, mais ils ne sont pas si nombreux que ça. Les métiers liés à l’animation et au conseil sur le thème de l’environnement ont ainsi été créés ces 25 dernières années. Dans certaines administrations, on trouve ainsi des “conseillers en environnement”, dont le travail consiste à aider les techniciens à trouver des solutions écologiques pour les villes ou les entreprises. On trouve également de nouveaux métiers “techniques”, comme ceux liés à l’éco-conception (conception de produits plus écologiques) ou à l’économie circulaire. Au final, la plupart des métiers verts sont des métiers qui existent depuis longtemps et qui se sont adaptés pour mieux protéger l’environnement. Et ce ne sont donc pas seulement des métiers liés à la nature ou à la protection des animaux, comme on le croit souvent…

Au service de la nature.

Une question demeure : pourquoi ces métiers verts font-ils envie ? Eh bien parce qu’au collège, à l’université ou simplement à la maison, nous sommes tous sensibilisés à la protection de l’environnement. Nous recevons de nombreux messages qui nous alertent et nous invitent à agir concrètement. Aussi, en exerçant un métier vert, on se sent utile et on donne un sens à notre activité tous les jours, ce qui est très motivant. De plus, les métiers verts sont souvent des jobs en pleine progression et innovants. Et ça, ça fait rêver ! Toutefois, il faut bien faire attention à ce que la réalité de ces métiers corresponde bien à nos attentes. Si cette filière verte vous intéresse, prenez quand même le temps de vous renseigner !

Concrètement, quels sont les métiers verts qui sont en forte demande ? En fait, s’ils sont moins nombreux que dans les filières plus “traditionnelles”, ces professions sont quand même légion. Citons ainsi, en vrac, celles de paysagiste, de monteur d’éolienne, de commercial de panneaux solaires, d’animateur de parc ou de sites naturels, de technicien de mesure de la qualité de l’eau, de technicien en agriculture biologique, d’ingénieur en traitement des déchets industriels… Pour ne citer que ceux-là, bien sûr. Autant de métiers qui permettent également de choisir le type d’entreprise dans laquelle on souhaite évoluer, qu’il s’agisse d’une grande entreprise internationale, d’une petite entreprise innovante (PME), d’une start-up, d’une association ou d’une collectivité locale.

Pour cela, une formation est évidemment requise. Or, en matière de “métiers verts”, force est de constater que si les formations sont nombreuses à l’étranger, à Maurice, elles sont relativement rares, si ce n’est celles dispensées par certaines ONG. Ce qui est assez frustrant, évidemment. Reste que, comme tout autre métier, il demeure possible de se former dans des institutions internationales qui, elles, sont nombreuses à proposer des cours spécialisés. À titre d’exemple, rien qu’en France, il existe plus de 1,000 formations liées à l’environnement. Bien sûr, tout cela a un coût. Mais après tout, la survie de la planète vaut peut-être bien quelques sacrifices, non ?